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Et le président convola en justes noces... au Soudan!

Dans son le discours d’investiture du 8 août 2011, le président Déby déclarait : « Je rêve de faire de la femme, le trésor de la renaissance de la nation tchadienne. Je rêve de construire un Tchad débarrassé de certains stéréotypes et de la division, une nation où les populations se comprendraient mieux et se considéraient en quoi elles se ressemblent ».

A l’occasion du 21ème anniversaire de la Journée de la Liberté et de la Démocratie, le Président de la République IDRISS DEBY ITNO a prononcé un important discours il les « exhorte à aller de l’avant. C’est leur siècle, par conséquent, je les invite à se lever afin de se l’approprier. Mais cela passe nécessairement par la scolarisation. J’insiste sur la scolarisation des filles, car pour moi, c’est la seule voie de l’émancipation. Enfin, j’exprime ma solidarité aux épouses, aux mères, aux sœurs qui parcourent quotidiennement vingt à trente kilomètres à pied en quête du bien-être de la famille.

En ce moment précis, mes pensées vont aux femmes rurales en particulier à celles de Koutou, Kana, Déli qui tous les matins rejoignent les marchés de Moundou surchargées des produits agricoles ». Pensait-il vraiment à Madeleine, Falmata, Denelom, Farsanikadé ?

Qu’a donc pu se passer pour que le président ait décidé de laisser ses compatriotes et aller convoler en justes noces au Soudan voisin ?

Bien sûr un tchadien peut se marier où il veut, avec qui il veut. Sauf, bemol, si c’est le premier des tchadiens. Et quand la loi est silencieuse sur ces situations, cela pose problème. Pas grave, car les juristes rappeleront le cas de l’Empereur Papa Bokassa. Foudroyé sans doute par le regard ou le physique d’une belle Gabonaise, il fait atterir son avion immédiatemment après le décollage pour donner suite immédiate à son coup de foudre ! Feu Président Bongo lui avait dit de ne pas « faire ça » car il était en visite officielle.

Comparaison n’est pas raison, bien entendu, surtout que le Tchad et le Soudan sont des pays frères et voisins, et que le Président aurait sans doute connu la même situation ! Qu’en pensent les femmes tchadiennes, et surtout l’une des premières dames nationales la plus connue, en l’occurrence la première secrétaire de la République ?

Les femmes devraient protester devant ce que M. Déby justifierait par « la raison d’Etat » ! Les Zaghawas (ceux qui ne mangent pas comme les autres tapis à Ndjamena et leurs cousins Darfouri) devraient monter au créneau pour demander des explications au Président relativement à cette alliance avec le chef des milices soudanaises, qui les aurait impitoyablement massacré, il y a quelques années. En effet, selon un rapport de Human Rights Watch publié le 21 février 2006, « les milices janjaweed sont en train de faire au Tchad ce qu'ils font au Darfour depuis 2003 : tuer des civils, incendier des villages et voler le bétail, et ce au cours d'attaques aux relents ethniques ». Plus loin, on peut noter que « les réfugiés, chassés de chez eux par le gouvernement soudanais et le « nettoyage ethnique » pratiqué par les milices janjaweed depuis 2003, subissent encore des violences même après avoir fui vers les camps de réfugiés ».

Bien entendu, on ne peut pas lier ce qu’à fait le père à sa fille. Mais c’est un problème d’Etat, et pour un homme qui a réaffirmé lors du 21ème anniversaire de son arrivr au pouvoir que « notre pays est devenu fréquentable, respecté sur la scène internationale ; sa voix est entendue dans toutes les grandes régionales et mondiales », on devrait se poser des questions.

Qu’allons nous faire des futurs enfants Idriss Déby - Amani Moussa Hilal, si un jour l’un aspirait à la magistrature suprême ? C’est encore loin et hypothéthique, mais gardons la Constitution à l’esprit! Evidemment et dans le plus court terme, combien seront-ils, les enfants Déby, à bénéficier des avantages de la République, contre le commun des petits autres citoyens ?

Et la gifle pour les femmes tchadiennes... du Sud.

Notre président ne s’est pas lassé de chanter leurs louanges. N’a-t-il pas trouvé une seule, originaire du méridion tchadien, qui pourrait avoir les faveurs présidentielles, fussent-elles temporaires ? Si c’est pour une question de pratique religieuse, cela se passe en une seconde et voilà Marie-Joséphine Laou devenue Mariam Hassan ! Car rien ne resiste aux désirs du Président ! Y-a-t-il une allergie de ces femmes dont les parents chassent les rats ? Le Président affirme être celui de tous les Tchadiens ! Alors ?

Chef d’un Etat laic, le President Déby justifiera (s’il le veut) son énième mariage par sa foi musulmane. Un renvoi d’ascenceur à l’Union des Cadres Musulmans, qui a soumis un projet de code de la famille conformément au saint Coran et à la volonté de nos éminents Oulémas ! On s’appuyera sur le Saint Coran selon lequel « Si vous craignez d’être injustes pour les orphelins, épousez des femmes qui vous plaisent. Ayez-en deux, trois ou quatre, mais si vous craignez d’être injustes, une seule ou bien des esclaves de peur d’être injustes. » (Sourate 4- verset 3). Evidemment, on mentionne très peu le verset numéro 129 de la même sourate qui dit clairement « Vous ne pouvez jamais être juste envers vos femmes, même si vous le désirez ardemment ».

D’ailleurs, est-ce que notre Président peut nous prouver son équité, après avoir fait de Mme Hinda, la seule face visible ? Que se passera-il avec ce nouveau mariage, surtout que la soudanaise remplit les critères des canons de beauté ! On ne sait pas si elle a un diplome universitaire et si elle parle français ! Mais, bon! Le Tchad est un pays bilingue, après tout!

La Rédaction