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A Tchad: Revue de presse du 15 au 21 janvier 2012

Par Djiddo Bourma - 20/01/2012

L’actualité reste dominée par la politique, la campagne pour les élections communales qui auront lieu ce dimanche 22 janvier 2012, dans 42 communes du Tchad

Cependant, il y a eu la tenue du sommet des chefs d’Etats et de gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), le limogeage du ministre de la Jeunesse et des Sports, la grève du personnel des services de la solde et l’opposition des étudiants face à la délocalisation dans les provinces. La campagne électorale pour les élections locales lancée officiellement le samedi 7 janvier 2012, s’achève le samedi 21 janvier 2012, a minuit. Chaque candidat cherche à convaincre les électeurs. Malgré la censure du Haut Conseil de Communication (HCC), pour la couverture médiatique des meetings pendant la campagne, pour respecter l’équité, certains organes de presse s’arrangent à donner des informations à leurs lecteurs, téléspectateurs ou auditeurs. Elections Communales: Quels conseillers pour quelles communes? s’interroge l’hebdomadaire La Voix dans sa parution n* 0137 du 17 au 24 janvier 2012. Avec une grande photo du président de la CENI, ce journal légende que M. Yaya Mahamat Liguita, président de la CENI saura répondre à cette interrogation. Dans son papier d’ensemble sur la campagne, le quotidien Le Progrès informe que les candidats touchent la sensibilité des populations. Selon le confrère, dans les arrondissements de la capitale, la campagne pour les élections communales se déroule dans une ambiance festive. Le soir, les carrefours, les grandes artères et l’intérieur des quartiers sont animés par des sonorités musicales traditionnelles et des parades. Certains bureaux de campagne des partis en compétition sont situés côte-à-côte ou occupent un même carrefour.

Pourtant, on observe un manque d’engouement, même à l’intérieur du pays. Le taux de retrait de cartes est extrêmement faible, obligeant les chefs de carré, de villages, ou de quartiers à donner un coup de main aux sections locales de la CENI par une distribution à domicile de ces nouvelles cartes d’électeurs. Les meetings sont rares, comme si les législatives et les présidentielles, pour certains, ont laissé au tapis beaucoup de leaders politiques. Mais chose encore bizarre, certains partis politiques n’ont tout simplement pas aligné une liste, arguant, sans sourciller que les communales sont sans enjeux. De tels comportements relèvent d’un analphabétisme politique si ce n’est d’une ignorance inqualifiable, analyse l’hebdomadaire Le Temps dans son éditorial du 18 au 24 janvier 2012. L’Observateur quant a lui s’intéresse à la campagne des élections communales, qui se passe dans la ville de Moundou, deuxième ville économique du Tchad. Cet hebdomadaire relève que les Moundoulais sont mouvementés. Le confrère écrit que si dans la capitale, N’Djamena, l’engouement n’est pas très visible à certains endroits, à Moundou, c’est tout à fait le contraire. Il y a une réelle émulation, les gens prennent d’assaut les différents lieux de meeting qu’organisent les différents partis politiques à travers la ville. L’éditorialiste du journal Notre-Temps titre: l’heure de vérité. Pour le confrère, Ca y est ! C’est parti pour les premières élections locales. 42 communes à travers le pays et 10 arrondissements de N’Djamena se sont lancés dans la course pour élire au suffrage universel direct leurs représentants aux conseils municipaux. Des élections aux enjeux énormes. Les communales: des grands enjeux, titre pour sa part, le journal bimensuel, Le Miroir. Ce journal satirique d’informations et des bandes dessinées, souligne qu’en attendant de voir les choses au clair, une attention particulière mérite d’être accordée à ces élections, vue la multitude des communes du Tchad parfois à faible densité, ne répondant presque pas aux normes de la décentralisation dans le pays.

Toujours en politique, le 15ème sommet des chefs d’Etats et de gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) s’est déroulé à N’Djamena, au Tchad du 15 au 17 janvier dernier. IDI: ‘ J’y suis, j’y reste’, titre a sa Une N’Djamena Bi hebdo qui estime que la CEEAC, est une coquille vide. Enfin, Idriss Deby Itno (IDI) a organisé chez lui la conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEEAC derrière laquelle il court depuis trois années. Le volcan d’Islande et, une année plus tard, l’indisponibilité de la part de ses pairs l’ont contraint à reporter sine die par deux fois de suite ce sommet, informe le journal. La Voix, indique qu’après 25 mois de léthargie pour des raisons de crises internes, la 15ème conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEEAC prévue initialement en 2010 à N’Djamena, s’est enfin ouverte au Palais présidentiel. Cependant, les divergences de points de vue des uns et des autres n’ont pas permis d’asseoir des solutions idoines. L’Observateur relève qu’au cours de cette rencontre qui a permis le passage au scanner des problèmes de la CEEAC, le président en exercice de ce regroupement sous-régional, M. Idriss Deby Itno a fait sa déclaration en rappelant ses pairs à l’ordre. A bien décrypter ce discours, l’on se rend compte que la communauté baigne dans des problèmes. Le Temps titre à sa Une: CEEAC, Ouaidou monte sur le tatami. Selon le confrère, c’est une importante rencontre qui a abouti à la désignation de l’ancien président de l’Assemblée nationale au poste de Secrétaire général de l’institution sous-régionale. Un nouveau combat pour ce judoka émérite. Le reporter du quotidien Le Progrès déclare que le communiqué final de cette session, fait ressortir une série de nominations et de décisions ainsi que l’adoption du budget pour l’exercice 2012. Les dix pays membres de la communauté décident de reconduire le chef de l’Etat tchadien, M. Idriss Deby Itno, à la tête de la CEEAC. Il revient ainsi au Tchad d’organiser, la 16ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC, en 2013, à N’Djamena.

Des journaux s’interrogent sur des limogeages des ministres ces derniers temps. Après le départ du ministre de la Sante Madame Toupta Boguena, c’était le tour du limogeage du ministre de la Jeunesse et des Sports, Monsieur Mbaidoum Siméon. A qui le prochain tour? Deux ministres limogés: Sérieux malaise au sommet, titre L’Observateur, en illustrant avec la photo du premier ministre entouré des photos des deux ministres limogés. Deux ministres du gouvernement de Nadingar II sont éjectés de leurs fauteuils en pleine campagne pour les élections locales. Il s’agit de Dr Toupta Boguena de la Santé Publique et Siméon Mbaidoum de la Jeunesse et des Sports. Leurs départs brusques sont révélateurs d’une profonde crise au sein de l’exécutif. Certains caciques du pouvoir indiquent même que la mission de ce gouvernement prendra fin après les résultats des élections communales, informe L’Observateur. Notre-Temps s’interroge: Pourquoi a-t-on vire Mbaidoum? Et… Selon le journal, des sources proches du département des sports indiquent qu’il est reproche à M. Siméon, la gestion peu orthodoxe des finances et des affaires contraire à la politique du gouvernement dans sa lutte contre la corruption, la concussion et le détournement des deniers publics. Toujours selon le confrère, il s’agit aussi du marché de construction du Stade de Diguel, en chantier. Le Progrès informe qu’une semaine après avoir été demis de ses fonctions, le mercredi 18 janvier 2012, l’ex-ministre de la Jeunesse et des Sports a présenté un point de presse à la Maison des Médias du Tchad (MMT), pour tenter de s’innocenter du mobile présumé de son débarquement du gouvernement. Il estime avoir été demi pour son refus de signer une main levée à hauteur de 65%, sous la caution d’avance de démarrage du stade de Diguel dans le 8ème arrondissement, d’un montant de 1 312 660 992 FCFA.

L’on apprend dans les colonnes d’un journal de la place, que le personnel de la Solde est en grève et les états des salaires ne sont pas encore tirés. Ce personnel dépendant du ministère des Finances et du Budget est entré en grève de trois jours, renouvelables, depuis mardi 17 janvier 2012, pour revendiquer de meilleures conditions de travail et de sécurité. Nous avons plaidé pour que les autorités revoient les conditions de travail, parce que nous sommes dans les locaux inadaptés, avec des termites, des rats, etc. Les autorités nous ont compris, confie le directeur de la Solde, M. Salomon Betrang.
Dans le domaine éducatif, les enseignants refusent d’être déportés. Les étudiants et leurs enseignants des certaines Facultés de l’Université de N’Djamena doivent plier bagages pour Ati, Sarh, et Abéché conformément aux décrets transférant les Facultés dans ces localités. Mais les enseignants ne veulent pas bouger d’un pouce, nous rapporte N’Djamena Bi-Hebdo. Le confrère ajoute que du coup, 4 261 étudiants et 185 enseignants doivent quitter la capitale le 20 février prochain, date d’entrée en vigueur du décret. Délocalisation des Facultés de l’Université de N’Djamena: des étudiants crient au scandale, titre le nouveau journal ABBA GARDE. Ce journal a rencontré des étudiants qui ont exprime leurs mécontentements: Je crois que c’est une déportation, C’est une mesure de représailles, Ce décret est un acte irréfléchi. Dans ses enquêtes, le journal [La Voix] estime que la baisse de niveau dans l’éducation est toujours en vogue. Le confrère justifie qu’après les résultats catastrophiques au baccalauréat 2011, le gouvernement devrait prendre le taureau par les cornes. Or, d’ores et déjà, on s’achemine vers la fin de l’année scolaire en cours. L’histoire risque de se répéter. En sport, c’est l’organisation par la Fédération Tchadienne de Judo, de la Coupe du Monde Test, à N’Djamena. Cette coupe du monde aura lieu du 20 au 22 janvier 2012. En prélude à cette organisation, des formations des arbitres, des journalistes sportifs et des entraîneurs ont été organisées et animées par des experts de la Fédération Internationale de Judo.

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