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Les retraités au Tchad : la longue lutte pour la survie

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lundi 12 décembre 2011, par Dokalyo Alphonse

Depuis 2005, les retraités tchadiens perçoivent régulièrement leurs pensions. Ce qui est normal. Mais cette situation n’est pas sans rappeler une période où aller à la retraite au Tchad, était comparable à choisir d’aller en enfer.

Il est 9h 10 mn, ce lundi, d’octobre 2011. Nous sommes à la Caisse nationale de retraite du Tchad (CNRT), située derrière les bureaux du médiateur national, au quartier Djambal-bahr. Une foule prend d’assaut l’entrée des bureaux gardée soigneusement par des gendarmes en faction. Ils filtrent les usagers. "Ce n’est pas encore l’heure de visite", répond sèchement un gendarme à un homme qui cherche à se renseigner. "Je suis mon dossier de retraite", confie le retraité. "Je suis donc mal placé pour vous parler de la retraite", déclare l’interlocuteur. Il nous oriente vers l’autre porte d’entrée pour rencontrer les retraités. C’est l’endroit où sont implantés les guichets, éclaire-t-il.

A l’entrée du local, un groupe de personnes scrutent les listes affichées au mur. "Ce sont les retraités retardataires ; ils vérifient leurs noms, avant d’aller toucher leur coupon au guichet", souffle un sexagénaire au visage radieux ; il fait partie des retardataires et vient de toucher sa pension. "J’ai perçu le troisième trimestre plus trois coupons d’arriérés", révèle-t-il. Toutefois, le vieil homme rechigne à communiquer le montant touché. Il nous quitte tout en ajustant sa chéchia sur sa calvitie.

Une organisation très disciplinée

A quelques pas de là, d’autres retardataires attendent devant les guichets. Il n’y a pas de bousculades ; chaque guichet porte un numéro. Le retraité, après avoir identifié son nom, prend place sur les bancs installés devant le guichet vers lequel on l’oriente. Ceux qui sont omis, se font enregistrer dans le calme auprès des représentants de leur syndicat, installés juste à côté pour d’éventuelles réclamations.

Il y a les représentants de la fédération syndicale des fonctionnaires civils, militaires, veuves et orphelins retraités du Tchad et ceux de l’Union des syndicats du Tchad (UST). "Nous recensons les omis et notifions leurs noms au service de gestion des livrets qui les rétablit dans leurs droits", souligne un membre de la fédération. Son collègue de l’UST indique que son syndicat renseigne aussi les retraités sur leur situation. Par exemple, certains ne maitrisent pas le nombre de coupons qu’ils ont touchés, explique-t-il. En cas, d’erreur de calcul, on intervient également auprès de la comptabilité pour régler la situation, poursuit l’interlocuteur. Un autre représentant de la fédération note, par ailleurs, que son organisation profite de la paie pour collecter les cotisations mensuelles de 300 francs des membres. "Nous n’obligeons pas les gens à payer cette somme. La contribution est volontaire", s’empresse-t-il d’indiquer. La cotisation se fait après le paiement.

Sur les bancs, règne une ambiance bonne enfant. Certains retraités se donnent des tapes amicales sur les épaules en riant à gorge déployée. D’autres conversent sur leurs conditions de vie ; d’autres encore échangent sur l’actualité. Les conversations sont parfois très animées. Par exemple, un homme svelte, assis au milieu, informe les autres d’un accident de circulation sur l’axe Djarmaya-N’Djaména ayant coûté la vie à 8 personnes, dont le chauffeur. L’auditoire attentif, a posé autant de questions sur l’origine de cet accident. “Est-ce l’excès de vitesse qui a causé cet accident ?” s’interroge un retraité "Non, c’est la consommation par le chauffeur de la drogue (tramol) qui a occasionné ce désastre", tranche nette une femme. Bref, les discussions se poursuivent dans une ambiance plutôt gaie.

Une ambiance de gaieté générale

Tous ont le sourire aux lèvres. "Nous sommes contents de toucher le troisième coupon", se réjouit un retraité. "C’est depuis 2005, qu’on perçoit régulièrement les pensions", précise son compagnon. "Si on est arrivé aujourd’hui à cette situation, c’est au prix d’une lutte des syndicats qui a duré six ans", se souvient Alphonse Lappel de la Fédération syndicale des fonctionnaires civils, militaires, veuves et orphelins des retraités du Tchad. Le gouvernement s’est engagé non seulement à verser à termes échus la pension, mais à éponger également les arriérés, informe le syndicaliste. D’ailleurs, relate-t-il, le gouvernement vient de débloquer une partie qui permet actuellement à la caisse de payer les retraités.

"Nous ne connaissons pas de problème de liquidité. Le trésor verse régulièrement à la caisse la part des recettes qui lui revient, confirme un agent de la CNRT, membre d’une commission de paie. La caisse attend incessamment le décaissement de la deuxième tranche des arriérés pour déclencher la paie. Les états de paiement du quatrième coupon des pensions sont en préparation", rassure l’agent. Il se félicite, par ailleurs, de l’appui des syndicats qui facilite à son institution de respecter ses engagements.

La paie des arriérés nous donne l’espoir de vivre. Certains d’entre nous, touchent jusqu’à 500 000 francs Cfa ; cela nous réconforte, soupire un retraité qui mentionne toutefois que sa pension, compte tenu de la cherté de vie, ne couvre pas les besoins de sa famille.

Un taux relativement bas

Changement de décor. A la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), l’atmosphère est plutôt calme. Une dizaine de personnes seulement attendent devant la caisse.

L’on y entend le même son de cloche. “Depuis 25 ans, la CNPS me verse 100 000 francs de pension. Cette somme ne suffit même pas à inscrire mes trois enfants à l’école. Leurs frais de scolarité s’élèvent à 215000 Fcfa par an, sans compter leurs besoins”, se plaint Mahamat Moussa Djimet, ex-employé de la coopérative des transporteurs tchadiens (CTT). Il attend d’être fixé par le caissier sur sa pension. Chaque année, la CNPS promet la revalorisation des pensions, mais dans la réalité rien n’est fait, s’enflamme-t-il.

Son collègue assis à ses côtés, acquiesce ses propos de la tête. L’homme dit qu’il mène une vie de chameau. Il étaye sa pensée par les propos d’un vieux qui racontait : si tu as une natte, il ne faut pas fréquenter un ami qui possède un tapis. Sinon l’envie va te créer de problème, rapporte-t-il. Il faut donc se contenter de ce qu’on a, conclut Mahamat Ibrahim, ancien cuisinier.

Alphonse Dokalyo

http://www.cefod.org/spip.php?article2921

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