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Echanges entre Samir Adam Anour, ministre SGG et le Député Saleh Kebzabo

Juridiquement, nous pouvons affirmer sans aucun risque de nous tromper que le député Kebzabo n’est qu’un vulgaire évadé d’une prison d’un pays voisin », dixit Samir Adam Anour, ministre SGG

mardi 8 novembre 2011,

par Mbaïdedji Ndjénodji Frédéric

Le feuilleton Samir Adam Anour-Saleh Kebzabo se poursuit. Dans un point de presse plus caustique que le premier, le ministre secrétaire général du gouvernement, chargé des relations avec l’Assemblée nationale, rabroue le chef de file de l’opposition démocratique. Nous vous publions in extenso les termes de ce point de presse fait le 04 novembre 2011.

« Depuis quelques semaines, comme vous l’avez constaté, la première institution de notre pays et le Ministre SGG font l’objet d’attaques injurieuses, des insultes et des insinuations venimeuses de la part du député Saleh Kebzabo dans les journaux de la place. Nous n’avons pas voulu donner écho à toutes ces déclarations irresponsables. Mais, nous constatons que le député Saleh Kebzabo semble considérer notre silence comme un signe de faiblesse et promet d’en rajouter.

Il y a tout de même des limites. Car trop, c’est trop.

Ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale devrait être un exercice normal dans le cadre du débat démocratique. Ce qui l’est moins, c’est l’instrumentalisation politicienne qui en est faite. Cette affaire a pris une tournure et des proportions que nous n’avons pas souhaitées. Dès le départ, le député Saleh Kebzabo lui a donné un caractère spécial et l’a placée sur le, terrain de la confrontation personnelle avec le Chef de l’Etat. Il avait accusé le Chef de l’Etat d’être derrière la décision de la Cour Suprême. En son temps, nous avons fait un point de presse pour rappeler qu’une décision judiciaire n’est pas critiquable quel que soit son contenu. Il faut seulement en prendre acte et chercher les voies et moyens pour sortir de l’impasse.

Que le député Kebzabo le veuille ou pas, la proposition de sortie de crise émane de Son Excellence Monsieur le Président de la, République. Cette heureuse initiative a recueilli l’adhésion de toute la classe politique. Mais si le député Kebzabo a poussé l’inconséquence d’être absent du pays au moment de ce débat, il ne peut que s’en prendre à lui-même.

Nous n’avons jamais attaqué le député Kebzabo sur le plan personnel. Nous n’avons fait que des constats. A chacun d’en juger.

Depuis l’Afrique du Sud, le député Kebzabo a dicté un communiqué à son parti pour nous traiter de tous les noms. Par la suite, il a tenu une conférence de presse entouré de ses amis pour nous vilipender. Il a donné plusieurs interviews où nous avons eu droit au même traitement. Nous aurions pu y apporter des réponses appropriées. Mais, nous nous sommes retenus parce que notre éducation ne nous permet pas d’insulter qui que ce soit et moins encore un homme de son âge.

Par cette réaction violente, le député Kebzabo a bien démontré qu’il n’a ni l’étoffe ni la carrure pour être un véritable chef de l’opposition tchadienne. Un chef est par définition un rassembleur. Un chef doit faire des propositions constructives et non se contenter de critiques stériles qui ne le grandissent pas. Le député Kebzabo est plutôt le plus grand diviseur commun de l’opposition. Il vous souviendra qu’il a débauché un député de Yorongar pour l’affilier au groupe parlementaire UNDR. Le député Yorongar a saisi le Conseil Constitutionnel mais cette haute juridiction a donné raison au député Kebzabo. A-t-il fait un communiqué pour féliciter le Conseil Constitutionnel de sa victoire ? -la réponse est « Non ».

S’il avait perdu ce procès, il aurait crié encore à la manipulation par le Chef de l’Etat. C’est, ma foi, une vraie obsession. Dans une interview accordée au journal Notre Temps, il ne cite pas moins de six fois le Président de la République dans le sens négatif.

Le député Kebzabo fait grand cas de notre parcours qui serait sinueux. Nous croyions qu’il était assez intelligent pour ne pas placer le débat sur ce terrain. Qu’il laisse ce loisir à d’autres. S’il veut faire allusion à notre passage en prison, nous assumons ce pan de notre vie. Nous avons été accusés à tort puis, nous avons été innocentés. Nous sommes sortis blanchis par une ordonnance de non-lieu du juge d’instruction confirmée, par la suite, par un arrêt de la Cour d’appel.

C’est le destin de chaque homme. D’ailleurs, beaucoup de responsables de ce pays ont connu cette malheureuse expérience. Ils ont eu l’extraordinaire et rare courage d’affronter leurs juges et leur destin et ils sont sortis la tête haute.

Nous ne pensons pas que le député Kebzabo puisse en dire autant, lui qui a eu maille à partir avec la justice d’un pays voisin et qui a été extirpé de la prison dans des conditions plus que douteuses. Le témoin capital qui avait mené cette opération d’exfiltration est encore bel et bien vivant. Alors, de grâce, que le député Kebzabo ne nous donne pas des leçons de respectabilité. En tant que magistrat, nous savons qu’on ne peut sortir de prison que si l’on a purgé sa peine, bénéficié d’un non-lieu, d’une remise de peine, d’une libération conditionnelle, d’une mesure de grâce ou d’amnistie. Tel n’a pas été le cas du député Kebzabo. Alors, juridiquement, nous pouvons affirmer sans aucun risque de nous tromper que le député Kebzabo n’est qu’un vulgaire évadé d’une prison d’un pays voisin, dixit Samir Adam Anour, ministre SGG.

S’il faut encore parler de parcours sinueux au sens politique, ce n’est pas le député Kebzabo qui a fait plusieurs allers-retours entre l’opposition et la majorité qui pourra nous jeter la pierre. Lui qui en matière de griottisme et de veulerie est une référence avec son célèbre « OYE » à qui vous savez ; lui, dont le discours se résume à « tout va bien » quand il occupe un strapontin ministériel et « tout va mal » quand il sort du Gouvernement.

Le député Kebzabo affirme haut et fort qu’il ne souhaite plus aller aux réunions à la Présidence de la République qu’il qualifie de foire. Cela est très grave. Car on ne peut pas insulter à ce point la première institution de notre pays.

Enfin, le député Kebzabo affirme à qui veut l’entendre et nous menace que cette affaire ne peut pas s’arrêter là. Cette déclaration n’engage que lui. Mais, qu’il se rassure, ces menaces ne nous impressionnent nullement. Dans tous les cas, ce n’est pas un évadé qui aura le dernier mot dans cette affaire ».

http://www.cefod.org/spip.php?article2903

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Le député Saleh Kebzabo réplique au ministre Secrétaire général du gouvernement

mardi 8 novembre 2011,

par Mbaïdedji Ndjénodji Frédéric

Réponse du berger à la bergère. Le député Saleh Kebzabo, président de l’Union Nationale pour le Développement et le renouveau, chef de file de l’opposition tchadienne, adresse un droit de réponse, à la mesure du ton du point de presse du ministre Secrétaire Général du Gouvernement, Samir Adam Anour. Nous vous en publions quelques extraits.

« (…) A travers ma personne, c’est toute l’opposition qui est visée. Il s’agit de nous discréditer à la veille des élections communales que l’opposition va remporter.

En effet, cette affaire dépasse largement la personne de ce ministre que je ne connais absolument pas et qui se protège derrière les attributs de la République pour me manquer de respect, guidés pour la circonstance par une bande de copains et de coquins tapis dans l’ombre, tels de mauvais garnements qui abusent du pouvoir.

Cette affaire n’honore vraiment pas notre gouvernement. Notre pays est en effet confronté à des difficultés en tous genres et a besoin de paix et de cohésion et non de divisions et d’invectives. Le gouvernement doit y trouver des solutions.

En ce qui me concerne, vous savez que je n’ai jamais volé et encore moins, tué. Je n’en avais jamais été soupçonné et qu’Allah m’en préserve. Je comprends que cela dérange. Ma position actuelle de chef de l’opposition politique qui irrite, dérange encore plus et ôte le sommeil au pouvoir. Je l’occupe par la volonté de Dieu et du peuple tchadien souverain. Et n’en déplaise aux griots et aux thuriféraires du régime. C’est une étape vers les plus hautes marches d’une ascension programmée et inévitable.

C’est aussi Dieu qui a décidé de mon absence du Tchad le soir du 03 février 2008, de sinistre mémoire. Le gouvernement regrette cette absence et confirme ainsi le complot d’Etat qui devait aboutir à la décapitation de toute l’opposition. En rappelant cela maintenant, le gouvernement nous informe que ce projet macabre subsiste toujours (…) »

http://www.cefod.org/spip.php?article2904