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Les pratiques religieuses et l'éducation des enfants chez les Sara-Kaba de Ngaguet

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Ngamadjou est une pratique ou une croyance religieuse basée sur le culte de la nature et croyance des esprits. Chez les Sara – Kaba, Ngamadjou est une personne invisible, une personne très importante qui a beaucoup d’influence sur le destin.

C'est un pont par excellence entre le monde des vivants et celui des esprits. Il est le seul messager entre l’homme et son Créateur chez les Sara-kaba. Il donne des pouvoirs spéciaux tels ceux de guérir, de prévoir l’avenir, d’établir des contacts avec les esprits et des morts.

« Ngamadjou peut par des songes dire à son peuple quand il faut semer, quand il faut aller à la pêche, à la chasse, espérer la pluie, la tornade, le vent, le feu de brousse ou quel nom donner à un nouveau né etc.…Il choisit ses prophètes parmi les hommes qu’il juge sages » . Ces sages sont choisis dans des familles des initiés et, le pouvoir qu’ils reçoivent est transmis le plus souvent du père au fils.

Si le dauphin n’a pas la maturité requise ou, s’il n’est pas initié, après la mort de son père, le pouvoir qui devait lui revenir, revient au cadet du pere - défunt. Ce pouvoir revient aux fils du premier défunt si son frère décède à son tour.

Le pouvoir chez les Sara-Kaba est paternel. Cependant, par exception, celui-ci peut être confie’ de manière temporaire a un cousin ou un neveu du cote’ maternel du défunt si les fils de celui-ci n’ont pas encore atteint leur émancipation. Ce pouvoir peut aussi etre confie' aux cousins du defunt s'il n'a pas de freres.

L’héritier choisit par le conseil de sages ne peut devenir détenteur du pouvoir que s’il se retire pendant un temps dans une maison à seul pour jeûner, méditer et observer certains rites exigés par le Ngamadjou.

Pendant la période du jeûne et méditation, il s’abstient de toutes les exigences du monde pour n'obeir qu'aux pratiques requises.

Pour entrer totalement en relation avec Ngamadjou, l’héritier danse, jeûne, donne des offrandes, s’inflige de sacrifices corporels et prend conseils aupres des sages du village.

Durant cette période, la chasteté est très observée comme pendant la préparation de la chasse, pêche ou la lutte traditionnelle organisée pendant la récolte.

Hommes et leurs femmes cessent de cohabiter avant toute expédition de chasse, pêche ou lutte traditionnelle. La personne de la femme dans cette phase de vie est considérée comme sacrée comme pendant sa période menstruelle, grossesse et l’allaitement.

« Une femme qui est dans sa période menstruelle à droit à un repos total. Les sœurs du mari, ses nièces ou celles de la femme qui ne sont dans la meme situation assistent la dernière durant toute la période. Les assistantes de la dernière prennent toutes dispositions pour que le mari ou un homme initié ne partage rien comme nourriture ou literie avec sa femme. Toute cohabitation pendant cette période est consideree comme un sacrilège chez les Sara-kaba» .

Les Sara – Kaba font de la chasteté, un élément très important de leur croyance. Pendant la passation du pouvoir traditionnel, la menstruation d’une femme, la grossesse, l’allaitement, à la chasse, la pêche, la lutte ou guerre, la chasteté est de rigueur.

Toute copulation pendant les periodes ci-dessus est considérée comme une désobéissance à la tradition et aux esprits. Pour les Sara – Kaba, la majorité des malheurs qui frappent l’homme ou la société découlent de cette désobéissance. Le lait maternel servit aux nouveaux – nés en souffrirait si les hommes et les femmes n’observent pas l’abstinence pendant l’allaitement.

A la naissance d'un enfant, celui-ci/celle-ci est regardé comme une réincarnation. On le considère très sérieusement parce qu’il remplace un membre de la famille mort. Une cordelette entoure son poignet après trois jours pour un garçon et quatre jours pour une fille jusqu’à ce que un nom lui soit donné durant un rituel ou on écoute des voix des membres de la famille déjà mort faire la concurrence avec respect au droit d’ainesse pour céder leur nom au nouveau - né. Le nom donne' n’a pas de signification. Il est transmis d’un parent mort au bébé. Quelques exceptions sont observees si l’enfant est un garçon ou une fille ne' après plusieurs aînés tous de même sexe différent du sien.

Dans ce cas d’espèce, le garçon prend le nom de "Danaye" et la fille , celui de "Kidana". Ces deux noms ne signifient rien d’autre que le milieu. Mais si l’enfant est né après des décès successifs de ses frères et sœurs ainés, il prend immédiatement le nom de "Djabou" pour un garçon et "Kotoko" pour une fille. Ces noms peuvent être aussi affectés à un nouveau-né si un de ses parents défunts l’avait porte’ mais changeront pendant l'iniation pour des noms authentiques pour les garcons.

Quand à la cordelette, elle restera au poignet de l’enfant aussi longtemps que les parents s’abstiendront des actes sexuels et les morts accepteront sans conflits internes le nom donné au bébé. Si les morts ne sont pas d’accord, le nouveau – né sera soit souvent malade, ou dans les meilleurs des cas montrera par des signes extérieurs les comportements visibles et apparents de celui des membres de la famille mort qui tient à ce que son nom soit choisit au détriment du consensus.

Un enfant ne' apres des jumeaux prend le nom de "Koutou" qu'il soit fille ou garcon. Celui ou celle qui suit "Koutou" prend automatiquement le nom de "Nibissi" pour le gacon et "Kibissi" pour la fille.

Les grand – parents du nouveau – né veilleront soigneusement sur cette cordelette ou bracelet qu’on imagine devoir préserver le bébé de tous les mauvais esprits.

Chez les Sara-Kaba, les grands parents jouent un rôle très important comme dans d’autres sociétés africaines. Ils sont adorés et respectés pour leur sagesse et leurs expériences.

Les grands parents défendent les vertus des valeurs traditionnelles sur lesquelles sont fondés les liens de fraternité, liens d'amitié et de mariage.

Pour la communauté, la sagesse est relative à l'âge. Plus une personne est vieille, plus elle est respectée et entourée de soins. Elle est consultée et sollicitée dans chaque problème social pour que la lumière de sa sagesse illumine les ténèbres des conflits et reconstitue le tissus social si mal déchiré soit-il.

Comme garants de la société traditionnelle, les personnes âgées ne permettent pas la délinquance juvénile en occupant les jeunes toute l'année. Dès le plus jeune âge, le jeune garçon Sara-kaba a déjà un emploi de temps chargé allant de la surveillance du champ en passant par la récolte jusqu’ à l'initiation ou le mariage alors que la fille s'adonne a la cuisine et a l'apprentissage de la gestion de son future foyer.

Au village l'enfant appartient plus à la communauté qu'à ses parents. De son baptême à son mariage, il est le bien commun géré par la communauté.

L’éducation des enfants est une affaire collective chez les Sara-Kaba. Tous les anciens de la communauté peuvent discipliner et punir un enfant désobéissant. Les petits apprennent à respecter les aînés et apprennent très vite le mode de vie familial.

Après quelques années d’insouciance, les jeunes filles apprendront à effectuer les travaux domestiques, les garçons à soigner et à protéger le bétail et le champ. Les parents leur transmettront leur connaissance des remèdes traditionnels et leur inculqueront les rites et les traditions qui ponctuent tous les aspects de la vie.

En grandissant, les jeunes découvriront les coutumes et les cérémonies qui marqueront leur passage à l’âge adulte. On leur enseignera notamment des rites qui ont trait à la maladie, aux mauvais sorts, au mariage et à la mort.

Les Sara-Kaba croient que s’ils n’observent pas ces cérémonies, ils seront maudits. Les parents peuvent arranger le mariage d’une fille alors qu’elle n’est encore qu’une enfant. La fillette est promise à un jeune dont les parents n’ont aucun conflit par le passé avec sa famille. La famille du garçon et celle de fille s’observent durant la période séparant cette date de proposition a celle du mariage.

En grandissant, les garçons créent des liens solides avec les autres jeunes du même groupe d’âge. Les relations qu’ils tissent peuvent les unir à jamais. Des garçons inexpérimentés qu’ils étaient, deviendront ensemble des cultivateurs, lutteurs, chasseurs et sages du village.

Après l’initiation ou le mariage, les jeunes entrent dans l’étape finale de leur passage à la maturité. Avec beaucoup de joie et de solennité, ils seront intronisés dans la classe des anciens ; ils auront dès lors le droit de loger endehors de la famille. Forts de ce statut respecté, ils s’attacheront à trouver une épouse et à montrer leur courage et bravoure partout ou besoins se feront sentir dans le village.

Ngoussou Felix & P. Celestin Ngoré Gali

Sources: Nabia Ganda Kabo, Enseignant et Chef de Canton de Kyabe
Mandei Ngossi, Chef de Race Sara-Kaba
Issa-Kana Ouya Gnele, Ingénieur
Les travaux de Ngothe Gali Koutou, ENAM
Une re-lecture du P.Ngoré Celestin.

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