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Rapport des violations des droits de l’Homme au Tchad, situation 2009-2010

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Introduction

Il y’ a plusieurs années que Droits de l’Homme Sans Frontières (DHSF) publie régulièrement le rapport sur la situation des droits de l’homme au Tchad et à l’étranger. Cela a été pour nous une tradition pendant plusieurs années. En 2008 il nous a été impossible de publier ce rapport à cause de la guerre qui a eu lieu au Tchad. Notre président qui venait de sortir de la prison il ya à peine deux semaines n’était pas en bonne position pour pouvoir continuer à travailler. D’ailleurs, durant cette période trouble, il a reçu de nombreuses menaces qui l’ont obligé à sortir du pays pour y revenir après sept mois. Entre temps, nos locaux sont restés fermés.

Nous avons repris timidement nos activités vers la fin de 2008 et il était impossible pour nous de publier le rapport qui est constitué de l’ensemble de monitoring des cas des violations des droits de l’homme pendant les douze mois.

Nous avons cru publier le rapport en 2009 mais hélas ! car, travaillant avec notre generator en l’absence d’électricité, celui-ci a pris feu et a grillé toutes nos machines alors que le rapport était prêt à être publié…

Il nous a finalement été quelque peu difficile de publier le rapport en 2009. Nous avons alors décidé de faire ensemble avec celui de 2010 en lieu et place de celui de l’étranger.

Nous travaillons bien entendu avec les moyens limités mais de manière efficace et efficiente. Notre travail n’est pas le résultat des moyens mis à notre disposition mais plutôt le résultat de nos engagements et de notre disponibilité.

Nous entrons dans la nouvelle année et croyons avoir repris à jamais notre élan.

Nous comptons toujours sur le gouvernement tchadien non seulement en qualité du garant du respect des droits de l’homme au Tchad mais aussi en qualité de premier destinataire et consommateur de notre rapport.

Nous comptons aussi sur les partenaires du gouvernement tchadien qui, nous l’espérons pourrons lui rappeler ses engagements internationaux en matière des droits de l’homme afin que ceux-ci soient respectés.

• Arrestation, détentions arbitraires et torture

Bongor (Département Mayo –kebbi Est)

Le 21 avril 2009 M. WANGNAMOU Djibersou et VATVANA Razina détenus de la maison d’arrêt de Bongor (département) ont tenté de s’évader et ont été rattrapés par leurs geôliers. Ces deux détenus ont été torturés et ont succombé à la suite de leurs blessures.
Aucune enquête n’a été ouverte à cet effet.

N’DJAMENA

Le 22 décembre 2009, M. Alladoum THE a été torturé à Farcha-Madagascar dans le 1er Arrondissement pour la ville de N’Djamena.

De source proche de la victime, M. Alladoum a été engagé en qualité de manœuvre par Kado, un chef maçon au service d’un particulier qui a ouvert un chantier de construction d’une maison d’habitation dans un quartier périphérique de Farcha.

Ainsi, toujours selon les mêmes sources, la moto d’un autre habitant du quartier qui serait membre de l’ethnie du Président de la République aurait été volée dans la nuit du 21 au 22 décembre. Se rendant compte du vol de sa moto, le propriétaire dont l’identité n’a pas été révélée s’est saisi de Alladoum venu sur le chantier et l’a accusé de vol de son engin. La victime a été ligotée torturée à volonté.

Pendant que les présumés tortionnaires prenaient la pause avant de revenir à la tâche, la victime a réussi à détacher les liens et a pris fuite. Très vite, le propriétaire de la moto aidé de certains de ses proches s’est lancé à sa poursuite à bord d’une Toyota.

Très épuisé, Alladoum a réussi néanmoins à entrer au domicile d’un autre habitant où il s’est caché sous un lit dans la 2e chambre d’où il a été pris par le propriétaire qui a fait encercler la maison avant de procéder à la fouille.

Rattrapé, Alladoum a été d’abord ligoté pieds et mains dans le dos sous le regard impuissant des habitants du quartier avant d’être transporté par la suite très loin dans la brousse. Là, ils ont mis sa tête dans un sac en plastique qui contenait du piment tout en le fouettant. Alladoum a été donné pour mort et a été abandonné en pleine brousse. Il a été ramené en ville par les passants. Il a été admis à l’hôpital du district de Farcha. Tout son corps porte des plaies et des traces de torture et son œil droit irrité par les effets du piment risque de se compliquer si des soins adéquats ne lui sont pas administrés dans un meilleur délai nous a affirmé un médecin.

Le 23 décembre 2008 selon les informations reçues, M. Youssouf Koudi Bira de nationalité Camerounaise et étudiant en 3eme année d’Arabe à l’Université Roi Fayçal de N’Djamena a été enlevé le 23 décembre 2008 par des hommes en tenue civile à bord d’un véhicule de l’administration publique alors qu’il circulait dans la ville.

Depuis cette date, les parents de la victime n’ont aucune nouvelle de leur enfant et ne savent pas s’il est en vie ou mort. Cela, malgré des nombreuses démarches auprès des autorités tchadiennes. L’Ambassade du Cameroun que nous avons contactée a affirmé d’être informée de l’arrestation et demande par conséquent à tous ses ressortissants de respecter les lois du pays d’accueil.

Cette méthode qui ressemble fort bien à celle de l’Agence Nationale de la Sécurité (ANS) qui enlève et détient pour une longue durée de nombreux citoyens constitue pour nous une violation grave des droits de l’homme que nous avons dénoncée dans un communiqué de presse rendu public le 21 novembre 2009. Notre organisation a été informée vers le début de l’année 2010 que la victime a été libérée après avoir été détenue dans des conditions inhumaines et dégradantes au moins pendant un an.

Le 09 0ctobre 2009 : Ngon-Ngar Josué agent au ministère des sports a été agressé par les gendarmes à la Section Nationale de la Recherche Judiciaire (SNRJ) accompagné de son cadet. De nombreux gendarmes se sont rués sur eux sans aucune explication. Un certificat médical qui a été délivré révèle une contusion de l’œil droit avec rougeur et troubles de vision. Aucune sanction n’a été prise à l’égard des auteurs de cette violence illégitime.

Décembre 2009 de source digne de foi, quatre (4) personnes dont 1 camerounais sont détenues depuis plusieurs mois par les éléments de la garde présidentielle dans les locaux de l’ex DDS dans des conditions inhumaines sans contact avec leurs familles pour des motifs variés et souvent sur simples dénonciations verbales.

Ces personnes à savoir : Khassim aboubakar, Moussa Borkou Mahamat, Ali Lawane et Djibrine Algogrema (camerounais) sont enchainés et détenus au secret. Ils ont été selon les mêmes sources transférés dans le bureau d’un haut cadre de la garde Présidentielle aménagé pour la circonstance. Notre organisation a fait des actions supplémentaires qui ont obligé les autorités à transférer ces victimes pour la 2nde fois dans les locaux des renseignements généraux, un autre lieu de détention dangereux qui jouxte la présidence de la République. C’est ainsi que nous avons fait part une fois encore de notre préoccupation aux mêmes autorités qui ont transféré ces détenus à la maison d’arrêt de N’Djamena qui ont été libérés après un non lieu prononcé par le tribunal de première instance de N’Djamena vers le début de l’année 2010.

Par un communiqué public daté du 31 décembre 2009, notre organisation a attiré l’attention du gouvernement tchadien sur de nombreux cas de détention des citoyens sur de fallacieux motifs d’intelligence avec l’ennemi.

Le 17 juin 2009 : M. Ndiladengar Nedongarti, délégué du personnel à la commission du Bassin du lac Tchad (CBLT) a été arrêté par les éléments de la brigade nationale de protection de l’environnement alors qu’il était au bureau. Il a été séquestré dans un lieu secret ensemble avec de nombreux autres citoyens pendant 31 jours dans un local non loin des bureaux du Premier Ministre du Tchad.

La victime arrêtée en violation de toutes les lois en vigueur a été sommée de payer une importante somme au motif qu’elle a ordonné à la sentinelle de leur service d’élaguer les arbres plantés dans la cours de la CBLT. DHSF a été informé et a publiquement dénoncé l’attitude la brigade et y compris sa dissolution. La victime a été libérée sans procès.

10 juillet 2009 Yannick Boulboul 16 ans, élève en classe de 5ème au Lycée privé Amoule (Farcha) a été enlevé au rond point de Farcha en compagnie de deux de ses amis. Tous auraient été détenus au camp militaire d’amsinéné où tous sont utilisés comme des mains d’œuvre dans le champ d’un chef militaire. Quelques semaines plus tard, nous avons été informés par le père de la victime que son enfant a été libéré mais a refusé le contact entre nous et son enfant malgré notre demande. Nous ne savons pas si ce refus de nous présenter l’enfant à été dicté par les militaires, auteurs de l’enlèvement de Boulboul.

Le 28 août 2009 : le capitaine de la gendarmerie Mbaitoloum Basile de l’armée Nationale a été arrêté sur ordre de son supérieur hiérarchique pour soupçon de malversation. La victime a été gardée malgré l’intervention du procureur de la République à la Section Nationale de Recherche Judiciaire (SNRJ) avant d’être transféré le 10 octobre à la célèbre prison dénommée galaxie. Cette prison réputée dangereuse est située dans l’enceinte de la Direction Générale de la gendarmerie où il a été détenu en compagnie de nombreux autres militaires qui ont passé eux aussi de nombreux mois sans être présentés au juge.

Le 27 decembre 2009 : M. Bianpambé Ignahzianki a été ligoté par de nombreuses personnes proches de BAKHIT son ancien employeur alors que celui-ci est venu leur rendre visite. Plusieurs personnes se sont mises à interroger la victime sur la substitution d’un ordinateur neuf par un ancien qui a eu lieu à leur domicile. Ce que la victime n’a pas reconnu. Très vite, ils l’ont jeté dans une voiture aux vitres fumées et l’ont conduite à son domicile où une fouille musclée a eu lieu. Rien a été trouvé. Toutefois, M. bianpambé est toujours resté ligoté et lui ont plusieurs fois demandé simplement de montrer au hasard une boutique et il sera relâché et ils arrêteront le boutiquier à sa place. Offre que la victime a toujours rejetée. La victime a été ramenée chez Bakhit, membre de l’ethnie du Président de la République où il a été à nouveau soumis aux traitements cruels, inhumains et dégradants. Ils ont mis sa tête dans un sac en plastique contenant du piment. Agonisant, la victime a été abandonnée dans la cour et la police a été informée grâce aux éléments de la sécurité privée. M Bianpambé a été libéré et a eu les premiers soins dans une clinique ophtalmologique avant de regagner sa famille. Cette affaire a été prise en main par le parquet et jusqu’à ce jour, n’a produit aucun effet pourtant, les auteurs de cet acte sont bien connus et sont entre autres : Bechéré, Youssouf, Hamit, Atta etc.

Dans la même période, un autre jeune, la trentaine à peine dépassée dont l’identité n’a pas été révélée a été torturé et jeté au bord de la route dans le même quartier situé au Nord de la ville de N’Djamena. La victime a été déposée à l’hôpital de la Liberté où elle a succombé le même jour suite à ses blessures.

Le 27/3/2009 Il ya eu une bagarre qui a opposé Sébastien Bekissel et l’un de ses clients nommé ADOUM pour dissimulation d’une chambre à air d’une moto, pourtant retrouvée dans la poche de Adoum. Sur intervention de la police du commissariat du 7ème arrondissement pour la ville de N’Djamena, Sébastien Bekissel a été arrêté et gardé dans ledit commissariat pendant 8 jours avant d’être libéré. Le 03/4/2009 ainsi après sa libération soit le 04/4/2009 Mr Sébastien Bekissel a déposé une plainte devant le même commissaire pour dénoncer son arrestation et sa détention y compris le paiement de son bien perdu au moment de la bagarre. Curieusement, M.Nadjioudou Ferdinand et Sébastien qui se sont battus contre Adoum et Django ont été à nouveau arrêtés et détenus encore pendant 8 jours. Au cours de leur détention, Nadjioudou Ferdinand, battue par la police, vomissait du sang et n’avait reçu aucun soin. C’est le dernier jour que la police du CA7 l’a transféré à l’hôpital de l’union où il a succombé.
Aucune enquête n’a été diligentée en vue de clarifier cette situation.

N’Djamena

Le 20 juillet 2010, M. Haroun Mahamat Abdoulaye, sultan de Guereda (Est du Tchad) a été enlevé et détenu dans les locaux des renseignements généraux à N’Djamena.
En effet, la victime avait été arrêtée pour la première fois le 30 novembre 2007 et libérée le 03 mai 2008 et avait été détenue dans des conditions très difficiles à la Direction des renseignements généraux et à Korotoro un lieu de détention sans statut juridique réel situé en plein désert.

Au moment de sa détention, il avait été révoqué par le Ministre de l'intérieur et de la sécurité publique, M. Ahmat Bachir et il avait été remplacé par Yaya GARFA SARAF. Aucun motif n’a été avancé pour justifier cela.

C’est ainsi que la victime a introduit 2 requêtes auprès de la cour suprême qui, en date du 16 juillet 2009 lui a donné raison en annulant les arrêtés n° 3218 du 30 novembre 2007 portant sa révocation et 3374 du 10 décembre 2007 portant nomination de YAYA Garfa SARAF à sa place.

Ainsi, le 20 juillet à 14h 30mn, le Sultan Haroun a été enlevé par la police qui l’a une fois encore conduit à la Direction des renseignements généraux où il a été privé de tout contact avec ses avocats et sa famille
En plus, le 21 juillet, le Président de la République sur proposition du même ministre de l'intérieur a signé (deux) 2 décrets n°s 738 et 739 /PR/PM/MISP/2009 portant respectivement révocation de Haroun et nomination de YAYA Garfa Saraf une nouvelle fois Sultan de Dar Tama (Guereda)

Nous avons été informés par la suite de sa libération mais serait jusqu’à la fin de l’année en résidence surveillée à N’Djamena. Cela, en vue d’éviter qu’il se rende à Guereda où il a été longtemps sultan.

Moissala (Departement BHAR Sara)

Novembre 2010, M. Djimingué Sou habitant du village Mouskou Takoua sous préfecture de Moissala a été transféré à la maison d’arrêt de Moissala pour un motif inconnu de notre part. Dés son arrivée, il aurait été enchainé et battu par Klamadji surnommé « Commando » cette scène s’est toujours répétée malgré que la victime portait des chaines aux pieds.

Ainsi, selon notre section locale, la victime aurait été extraite de la maison d’arrêt le 11 décembre 2010 pour être torturée à l’aide d’une chaîne. Dépassée, M. Djimingué a failli mourir et a été admis à l’hôpital de la localité où il y a séjourné pendant plus de 10 jours. Notre section locale a informé le Gouverneur de cette situation mais aucune suite n’aurait été donnée. C’est ainsi que sur suggestion de notre organisation, la victime a déposé une plainte au parquet de Koumra. L’affaire suivrait son cours.

Le 11 mai 2009, le Préfet Adjoint de Moissala dont l’identité n’a pas été révélée a été fouetté et humilié en pleine journée à environ cent mètres de son bureau par 5 militaires armés. Nous ne connaissons pas le motif de cet acte ni les sanctions infligées aux auteurs de cette humiliation.

Février 2009, 5 enfants ressortissants des villages Tawolo par Dobo et Toulala du canton Ngangara ont été exécutés par les éleveurs. Il y aurait eu 2 rechapés dont : Ngomnabaye Madjitangar et Ngueramadji Ngarndigmabaye. Nous ne connaissons pas les motifs de ces assassinats ni la suite réservée.

Assassinats et Exécutions extrajudiciaires

N’Djamena : le 16 juin 2009, Mme Faouzia Hissein a été poussée du son immeuble du 4e niveau par son chauffeur. Nos sources indiquent qu’elle venait de retirer en présence de son chauffeur une somme de 25 millions de la Banque. Son chauffeur voulait arracher cette somme. Poussée, la victime est morte le même jour et le présumé auteur a réussi à s’enfuir. Nous ne savons pas s’il a été retrouvé.

Le 26 septembre 09 Djerobé Faustin, clando man ou chauffeur d’une moto taxi a été assassiné par ses clients au quartier Walia dans le 9e arrondissement. Bien avant cela, le ministre de l’administration du territoire a sorti une note pour interdire l’usage de ces motos taxis à N’djamena et sur toute l’étendue du territoire. Notre organisation a dénoncé cette mesure qui viole la liberté du commerce. Ce qui a amené ce ministre a changé d’avis et la mesure est toujours restée en vigueur à N’djamena. Les activités de ces motos taxis demeurent toujours interdites mais tolérée. Les syndicats et associations créés en vue de la promotion et de l’encadrement des motos taxis dans la ville de N’Djamena n’ont pas jusqu’à la fin de l’année obtenu leur autorisation de fonctionner.

Pala (Dep. Mayo-Dalla)

Le 26 juillet 2009 entre Pala et Gagal, une source médicale locale indique que 5 corps des adultes supposés malfrats exécutés par balles ont été découverts par les habitants. Ceux-ci ont trouvé sur les lieux du massacre des traces des véhicules, des boites de cigarettes vides et des sachets de whisky.

Zavouri ( Departement de Mayo Dallah)

Le 07 mai 2009, M. Pahimi Wavon a été assassiné dans son lit alors qu’il dormait profondément par des inconnus armés d’armes blanches. Aucune enquête sérieuse n’a été ouverte en vue de retrouver les vrais auteurs.
La victime est époux de 2 femmes et père de 24 enfants.

Canton Komé (Logone oriental)

Le 18 juillet 2009 M. Mbaikonbé Adjoudjé, militaire retraité a été grièvement blessé par balles par les bandits entre Bandoh et Bebala II, dans le canton Komé Ndolebé au Sud du Tchad. La victime a succombé le 06 octobre 2009 à la suite de ses blessures.

Mboinbé Paul, commerçant habitant le village Donia a été assassiné par balles par les bandits le 20 aout 2009 alors qu’il revenait du marché hebdomadaire de Békia. Aucune enquête n’a été diligentée en vue de retrouver ces bandits.

Toutefois, la population locale très marquée par ces actions répétées des bandits ont procédé à des recherches et des poursuites lancées contre ces coupeurs de routes dans leurs fuites.

C’est ainsi qu’elle a pu retrouver une pièce d’identité sur le lieu du crime qui pourrait être celle de ces bandits. Cette pièce a été remise selon nos sources au sous préfet de Komé M. Mahamat Z. qui l’a bloquée malgré la réclamation de la population et celle des enfants du défunt.

En plus, les goumiers du chef de canton de Komé ont, durant cette même période récupéré plusieurs cartes d’identité et une arme de type AKM N° 85058 y compris des chargeurs vides chez les bandits et les a remises au sous préfet. Aucune recherche n’a été engagée.

Cette attitude du Sous-préfet a été qualifiée de complice par les chefs traditionnels de la localité surtout que le sous préfet bloque toutes les initiatives tendant à rechercher ou à retrouver les vrais auteurs de ces violations des droits de l’homme. La population a, par une correspondance datée du 30 décembre 2009 adressée au gouverneur exigé le départ de ce sous-préfet qui, selon la population animerait un réseau de malfaiteurs. Nous ne connaissons pas la suite réservée à cette correspondance.

Pala ( Dep. De Mayo-dallah)

Juillet 2009, M. Alhadji Ibrahim, commerçant résidant à Pala se rendant de Pala à Gagal a été tué par balles par les bandits alors qu’il était ensemble avec de nombreux autres commerçants. Aucune suite n’a été réservée à ce meurtre. Cela, malgré de nombreuses dénonciations. La principale déclaration est celle qui avait été faite lors d’une cérémonie de présentation publique des malfrats dans la cour du gouvernorat le 1er septembre 2009. Cérémonie présidée par le gouverneur Bakhit Amadaye. Les malfrats avaient clairement déclaré qu’ils agissent au bénéfice du Commandant de la brigade Territoriale de Pala, M. Mahamat For.

Bien avant cela, une autre importante réunion convoquée par le précédent gouverneur M. Ahmat Hassan Djimet a été l’occasion au cours de laquelle les participants ont nommément cité ceux qui soutiennent le banditisme dans la localité y compris la prise des enfants contre rançon. Il pourrait s’agir selon les participants de Issa Ardo, de Hamadou et Saleh. Aucune action n’a été entreprise contre les personnes suspectées publiquement.

Une telle réunion publique a eu lieu courant décembre 2006 dans la même localité au cours de laquelle de nombreuses personnes avaient été publiquement mises en cause par rapport à cette industrie de prise en otage des enfants contre rançon dans la région de Pala. Le Ministre de la Sécurité publique, M. Routouang Yoma qui prenait par à cette réunion a ordonné l’arrestation du préfet de Mayo-dallah sur la base de ces dénonciations. Ce phénomène avait cessé un temps avant de reprendre.

Intolérance religieuse :
N’Djamena :
Le 21 juin 2009 : M. MAhamat Mbodou, ancien stagiaire à la sotel Tchad a décidé d’abjurer l’islam au profit du christianisme. Tout a commencé par un rêve que la victime a eu. Il s’est alors confié au pasteur Akonso T. pour une interprétation. Après les explications du pasteur, la victime a décidé de changer de religion. Ce qui n’a pas été du gout de ses proches. En plus, M. Mahamat a été surpris entrain de lire la Bible. A partir de ce jour, selon son église d’appartenance, la persécution a commencé. Personne de ses proches ne devait parler avec lui ni manger ensemble avec lui. Vers la fin de l’année, la victime était obligée de quitter ses parents pour vivre chez son pasteur en vue d’éviter certaines menaces.

La traite des personnes
Département de la Tandjilé (Ouest)

15 décembre 2009 : Selon les informations reçues, sept personnes dont 3 garçons et 4 femmes parmi lesquelles Baidi Bassé veuve et mère de 5 enfants et Millamem Josephine environ 16 ans ont été transportés de Kelo pour N’djamena sur la base d’une promesse d’emploi à destination. Cette démarche aurait été menée par Tatou Mariam commerçante et Fatimé habitant le quartier Tcheblé à Kelo.

Le présumé auteur a été appréhendé par le commissariat du 7e arrondissement de la ville de N’Djamena mais y a bénéficié de l’appui d’un officier qui l’a libérée le même jour.

Arrivés à Abeché, le ton a changé et les patrons ont commencé à leur demander de changer de religion cela, après un court séjour à N’Djamena.

Séquestrés dans une maison à Abeché, les 2 victimes ci-dessus nommées ont réussi à s’enfuir à pieds et ont rencontré de bonnes volontés en pleine brousse qui les ont acheminées sur N’djamena. Les 5 autres sont toujours restés en captivé.

En plus de cela, un autre enfant nommé Guinabeye Jean âgé d’environ 10 ans élève au CP2 à l’école de la Coton Tchad de kelo a été enlevé le 14 décembre 2009 de Kelo pour N’djamena en compagnie d’un autre enfant plus jeune que lui et dont l’identité n’a pas été révélée.

De source proche des parents de la victime, le jeune Guinabeye a été sauvé grâce à la vigilance d’un voyageur qui a alerté un agent de police à N’djamena. Seul G. Jean a été récupéré à l’arrivée et son compagnon est toujours resté entre les mains de son kidnappeur qui pourrait être une proche de Mme Bakité Mahamat l’auteur présumé de l’enlèvement de Guinabeye.

Le 3 octobre 2009 de nombreux enfants enlevés de Pala dont Derkinet 15 ans ont été utilisés dans les champs des responsables de la brigade Anti-gangs de la localité pendant prés de trois mois. Huit d’entre eux ont pu regagner leur famille et les deux (2) sont toujours restés en captivité à Angatoué au Nord du Tchad. Le militaire mis en cause n’a jamais été inquiété jusqu’à la fin 2009.

Harcèlement de la presse.
N’Djamena

20 décembre 2010 : M Innocent, directeur de publication du journal la voix a été kidnappé par des individus à bord d’une voiture banalisée. C’est pour la 2eme fois en un an que le Directeur de publication de la « VOIX » a été victime d’un tel kidnapping. M. innocent a été libéré quelques jours plus tard.

En plus, après le Directeur de publication ce fût le tour de M. Amadou Gondaba, rédacteur au même journal qui a été enlevé par des gens qui pourraient être des éléments de renseignement secret. Amadou a été moralement torturé et a été abandonné en pleine brousse à plus de 100 km au Nord de N’Djamena. Il a effectué une longue marche avant de rencontrer de bonne volonté qui l’ont transporté en direction de N’Djamena.

Prise des enfants contre rançon.

Binder (Departement de Lac Léré)

Dans la nuit du 07 au 08 janvier 2009 : les malfaiteurs transfrontaliers avec la complicité des autorités militaires, administratives et traditionnelles locales ont pris en otage plusieurs enfants des villages environnants notamment ceux de Matta, Moré,Bitezouaré, Kadar et Zahzeuré. souvent, la prise d’otage s’est soldée par la mort d’homme surtout en cas de résistance. Par exemple à Bitezouaré où les enfants de Samari avaient été pris en otage, M. Debalbé Talaba 38 ans et père de 3 enfants a été assassiné.

Les enfants pris par ces ravisseurs sont transportés vers le Cameroun voisin où vivent certains complices et où une forte rançon est versée. Auquel cas, les enfants sont tués.
Tous les chefs des villages sont obligés de coopérer contre leur vie. Ceux qui refusent sont effectivement mis à mort. C’est le cas de Toumbarou Bourou, chef de village de Kadar assassiné le 22 mai 2009.

Sur appel de la population, les éléments de la brigade anti-gang sont descendus sur le terrain et se sont rabattus sur les paisibles citoyens qui ont payé une importante somme. Par exemple Aouzansa Toumbarou a payé une somme de 2.400.000 frs suivis de Madi et Joel qui ont payé respectivement : 2.500.000Frs et 80.000frs. Ces montants collectés par cette brigade seraient remises au Préfet de Léré M. Hamza Abdel kerim qui est reparti à Léré avec les militaires alors que les enfants étaient toujours entre les mains des ravisseurs.

Au total 11 personnes sont restées entre les mains des ravisseurs reparties comme suit :
- Matta deux (2) otages ;
-Moré-Kadar (4) otages ;
- Bitezouaré (3) otages ;
- Zazeuré (2) otages ;

Nous avons appris par la suite que de nouveaux montants ont été collectés par les parents des enfants pris en otage pour libérer leurs enfants à Movong (Guider) Cameroun. Sensiblement, c’est le même montant versé aux autorités qui ont été exigés comme rançon par les ravisseurs.

Techéné (Department Lac Léré)

Le 15 juillet 2009 : Maguilvaysa, habitant de Techéné a victime des preneurs d’enfants contre rançon. Après lui, ce fut le tour de Georges d’être victime. Les bandits transfrontaliers ont pris en otage son enfant et sa plus jeune femme. Montant exigé, 5 millions de cfa.

M. Georges qui a tenté de résister a été blessé à la jambe et a été admis à l’hôpital de Léré. Couché, il a été obligé de payer la rançon exigée afin de libérer les siens. Ce qui n’a pas empêché le préfet de Léré, M. Hamza Abdel Kerim de lui demander de payer sa part de rançon. Ce que la victime a refusé et a été appuyée par l’ensemble de la population. Selon nos informations au moins 6 fois, les preneurs d’otages ont sévi dans ce village dont 4 fois chez LALLY qui s’en est sorti complètement ruiné. Plusieurs fois, DHSF a sonné l’alerte.

Ainsi, le 9 Août 2009, sur la base de nos dénonciations, une mission dirigée par Ngoundoul Vikama, Inspecteur général de l’Administration du territoire a été envoyée dans le Département du Lac Léré en vue de vérifier nos allégations sur le terrain. Cette mission a confirmé toutes nos allégations et c’est ainsi que M. Hamza Abdelkerim, préfet de la localité a été suspendu de ses fonctions. Il n’a jamais été inquiété jusqu’à ce jour.

Bissoo Sous préfecture de Lagon (Dep. Lac Léré)

le 23 septembre 2009. 5 ressortissants de Bissoo avaient été arrêtés par la brigade antigang de Pala sur dénonciation d’un jeune du même village nommé waziang. Ce jeune qui a avait été arrêté sur un marché hebdomadaire pour vol aurait cité ces 5 personnes parmi lesquelles Bianzoumbé Defaing comme détentrices d’armes à feu. Interrogés, tous ont nié les faits. Néanmoins, la brigade leur a demandé de payer de « l’amende ». Sur conseil du délégué des du ministère des droits de l’homme, ceux-ci ont refusé. Au cours de la nuit, l’un des ressortissants de Bissoo, M. Bianzoumbé Defaing a été exécuté et son corps retiré de la morgue de l’hôpital de Pala par les antigangs est porté disparu jusqu’à ce jour. La victime est père de 16 enfants et époux de 2 femmes. Aucune sanction n’a été prise à l’encontre du chef de cette brigade.

(Bissi mafou)

Le jeudi 5fevrier 2009, M.GUIWA et toute sa famille en tout cinq(5) personnes ont été pris en otage par des brigands.
Le lendemain de ce jour, quatre(4) Personnes ont été libérées et un enfant de moins de 15ans a été gardé en otage par les ravisseurs.
Puis, dans la nuit du 7 au 8 février dans la même localité probablement les mêmes bandits ont pris encore en otage 3 autres enfants dont ceux de Manna Hamann.

Au total, quatre enfants, tous âgés de moins de 15ans ont été gardés pendant longtemps en captivité avant d’être libérés sauf un seul enfant qui est resté un peu plus d’un an en captivité. Durant cette même période, lors de la remise de la rançon une bagarre aurait éclaté entre les ravisseurs et l’un des parents des otages, un ravisseur dont l’identité n’a pas révélée aurait été tué.

Pibou (Lagon) Dep. Lac Léré

Le 24 décembre 2009, Amadou Darou, éleveur sédentarisé, après un différend en cours de règlement, a abandonné ce règlement à l’amiable pour aller solliciter l’intervention de la brigade antigand basée à Elhou non loin de Pibou. C’est ainsi que le 24 décembre 2009, cette brigade a débarqué chez Ouangah Dangueubé où elle a pu enlever de force et a convoyé sur ses positions au moins 12 bœufs et une somme de 800.000 frs payée par Ouangah et Patalet chef de quartier au motif qu’il a refusé de chercher Ouangah le mis en cause.

Notre organisation a saisi le bureau du Premier Ministre qui a ordonné la restitution du bétail alors que les éléments de la brigade antigangs s’étaient empressés de les partager entre eux et Amadou Darou et les avaient déjà vendus. Sur instructions de la Primature, le préfet du Lac Léré a obligé Amdou Darou a remplacer les bœufs de Ouangah. Ce dernier a acheté d’autres bœufs en remplacement de ceux qu’ils avaient partagés avec les antigangs. Quelques mois plus tard, nous avons appris que Amadou Darou est passé dans l’étable de Ouangah et le même jour, un nombre important de bétail de Ouangah aurait péri. L’affaire serait pendante au tribunal de première instance de Pala au Sud Ouest du Tchad.

Fianga (Département mont Illi)

le 08 décembre 2009 selon les informations reçues, M. Bagamla , éleveur sédentaire habitant le village Bissi du canton Kera dans la Région du Mayo-Kebbi Est au Sud du Tchad a été obligé par les antigangs de payer une somme de 120.000 F CFA. Après cette extorsion de fonds, l’intéressé a déposé plainte à la justice de paix de Fianga mais sans succès.

Aussitôt après sa plainte, il a été accusé d’être receleur et son cadet a été arrêté. Ce qui l’a obligé à se livrer le 08 décembre 2009. Très vite, les antigangs tantôt basés à Pala tantôt à Fianga l’ont sauvagement torturé et ont en même temps enlevé son troupeau de 48 têtes de bœufs. Depuis ce jour, les parents n’ont ni nouvelle de lui ni de ses troupeaux de bœufs. Notre organisation est entrée en contact avec le commandant de cette unité qui a reconnu l’avoir arrêté et a refusé de nous dire où sont ses bœufs. Jusqu’à ce jour, nous ne savons pas si Bagamla a été tué ou il est en vie. Cela, malgré nos nombreuses actions publiques.
Fada (Dep. Wadi Fira
10 mars 2009 : Hissein Ouardougou Tideye Ardeya 25 ans habitant de Fada a été enlevé alors qu’il était à Goz beida par des inconnus et transporté vers une destination inconnue. Nous ne savons pas s’il a été libéré ou non.

Farchana (Est du Tchad)

Le 22 mars 2009, M. Abdelkerim Cherif s’est rendu au domicile de Hassan Alio, muni d’une arme à feu et l’a abattu à bout touchant. Selon les informations reçues, cet assassinat est lié à une dispute entre les deux hommes. Cette dispute a eu lieu au bar « la maintenance ». La victime, Hassan Alio a refusé de se faire filmer par M. Robert. Ce qui n’a pas plu à Abdelk érim Cherif qui est en même temps lieutenant et chef des opérations du détachement intégré de sécurité (DIS) Mission des Nations en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat).

Ainsi, aussitôt après son forfait, Abdelkérim C. a pris fuite et a été rattrapé le lendemain dans une autre localité de l’Est appelé Abou goulem située à 18 Km de Farchana. Le présumé auteur a été remis au parquet d’Abéché où il a été inculpé pour meurtre.

Curieusement, le présumé auteur du meurtre a bénéficié a-t-on dit d’une liberté provisoire. Durant ce moment, il a été nommé coup sur coup commandant adjoint de brigade de la gendarmerie du 2e arrondissement pour la ville de N’Djamena et commandant de brigade de Tourga, localité située à Environ 74 km d’Amtiman.

Harcèlement des défenseurs des droits de l’homme :

Le 24 décembre 2009 vers 16 heures locales, M. Deuzoumbe Daniel Passalet, président de DHSF a failli être kidnappé par des inconnus venus à son domicile pour le besoin de la cause. Informé par les voisins et les membres de sa famille sur ces mouvements inhabituels des inconnus autour de sa maison, Deuzoumbé a pu se déguiser et est sorti de son domicile pour aller se cacher ailleurs.

D’autres militants des droits des l’homme comme Enock Djondang, fondateur de la LTDH et Me Jacqueline Moudeina, présidente de l’ATPDH, une organisation sœur ont informé les medias et le gouvernement sur cette menace. Très vite, la police et la gendarmerie ont été déployées autour du domicile de Deuzoumbé jusqu’à tard dans la nuit mais n’ont pas pu retrouver ceux qui voulaient kidnapper Deuzoumbé. M. Deuzoumbé a passé la fête de Noel dans la clandestinité.

VIOLATIONS 2010

Violations du droit à la vie, torture et autres traitements cruels inhumains et dégradants.

N’Djamena
Le 12 avril 2010, Ngarsessem Ngarmoundeye arrêté par les éléments de la brigade de la gendarmerie du 7e arrondissement de N’djamena a été sauvagement torturé et son corps a été déposé le lendemain de ce jour à la morgue. Aucune enquête n’a été ouverte en vue de situer la responsabilité. Cela, malgré notre denonciation.

Le 11 novembre 2010, Dr Kladoumngar Constant plus connu sous le nom de Toto, a été assassiné par les bandits au Quartier Abena alors qu’il circulait à bord de sa moto. Très vite, les présumés auteurs de ce guet -apens se sont enfuis à bord de la moto du Docteur kladoum qu’il venait de tuer. Dr Kladoum est médecin en service à Aboudeya (Nord du Tchad) dans un Organisme dénommé « Support Santé » il est venu à N’djamena pour visiter sa famille. Courant 2010, de très nombreux cas d’agressions de ce type auraient eu lieu et au cours desquelles il ya eu mort d’hommes. Ces cas ont souvent fait l’objet de témoignage à la radio ou dans les journaux locaux. Au moment où nous élaborons ce rapport, il a été créé une brigade mixte chargée de faire des patrouilles dans les quartiers reculés afin de traquer ces bandits. L’efficacité de cette brigade est toujours attendue.

Le 12 Septembre 2010 Djasra Toguyamta 28 ans, agent de la sécurité privée sur le site pétrolier à Doba en visite à N’Djamena a été assassiné par des bandits.

En effet, selon les informations recueillies sur les lieux du crime, la victime a quitté son domicile pour se rendre à une agence de voyage de la place en vue d’un voyage à Sarh (Sud du Tchad) très tôt le matin.

Djasra a été rattrapé par les agresseurs à l’avenue Taiwan et a été grièvement blessé par armes blanches au cou et au thorax. Dans sa course, il a toujours selon les informations reçues été poursuivi par les mêmes malfaiteurs qui l’ont achevé complètement avant de s’enfuir. Djasra est tombé non loin du rond point du 10 octobre où son corps est resté exposé jusqu’au delà de 7h entouré par ses parents et les curieux.

Le 13 avril 2010, M. Laoumaye Augustin vendeur des médicaments de la rue a été arrêté par les éléments de la brigade de gendarmerie du 7e arrondissement pour la ville de N’Djamena. Ayant été victime de torture et de traitements cruels inhumains et dégradants par les forces de l’ordre, il a été transféré à la maison d’arrêt de N’djamena, où il a été en plus privé des soins malgré la demande incessante de sa famille.
Ainsi, le 17 avril 2010, les parents de la victime ont été informés de la mort de leur enfant et son corps a été déposé à la morgue. Un (1) jour plus tard, le corps d’un autre détenu dont l’identité n’a pas été révélée a aussi déposé à la même morgue par les prisonniers.

D’autres rumeurs persistantes font état de d’au moins 4 prisonniers qui ont perdu la vie le 25 avril 2010. Toutes ces informations ont été curieusement confirmées par le Directeur de l’Administration pénitentiaire qui a promis faire d’efforts en vue d’améliorer la situation des détenus.

Département Tandjilé Ouest

Sous-préfecture de Dafra

Le 28 juillet 2010, Fatimé Tabi une veuve âgée de 25 ans environ a été assassinée dans le ferick de Berem Deower par des hommes à bord d’une moto. Les présumés assassins ont été retrouvés et appréhendés mais relâchés pour des raisons inconnues. De source proche de la brigade de la gendarmerie locale qui a conduit l’enquête, la victime aurait refusé une offre de remariage proposée par l’un des présumés assassins. C’est pourquoi elle a été assassinée.

Commune de Kelo

Le 16 septembre 2010, une femme dont l’identité n’a pas été révélée a été assassinée à la grande mosquée de Kélo par son époux. La victime a reçu au moins 7 coups de couteau alors qu’elle s’est rendue à la mosquée sur recommandation de la brigade de la localité en vue de se réconcilier avec son époux. Nous ne savons pas si l’époux présumé criminel a été jugé et pas non plus pourquoi la brigade a demandé aux parties de repartir à la mosquée au lieu de les envoyer à la justice.
N’Djamena

Le 04 Février 2010 M. ACHEICK YOUSSOUF ABOUNA la vingtaine à peine dépassée avait été invité par sa concubine Fatimé Adoum à se rendre à Mani (localité située à une centaine de kilomètre au Nord de N’Djamena) alors qu’il était à N’djamena. Dés son arrivée au domicile de celle-ci, il avait été saisi par un colonel et ex-chef d’antenne de la fiscalité pétrolière de la localité qui l’a menotté et l’a amené vers une destination inconnue.

Cette même source indique qu’ACHEICK YOUSSOUF ABOUNA a été soumis à la torture et autres traitements cruels et dégradants par ce même colonel qui pourrait être DILO Bachar qui l’a castré et l’a par la suite abandonné en pleine brousse. Le colonel Dilo a promis la mort à sa victime au cas où celle-ci informe le public de ce qu’elle a subi.

La victime a été soignée à l’hôpital Général de Référence (N’Djamena) pour castration et inflammation de la vessie.

Nos sources soutiennent qu’aucun motif autre que la jalousie ne peut justifier un tel acte sur la personne de ACHEICK. Malgré nos actions, le colonel Dilo, proche du Président de la République avait déclaré après son forfait que rien ne lui arriverait. Jusqu’à ce jour, le colonel est libre de ses mouvements et continue à narguer sa victime. Photo ci-dessous.

Victime de la castration
« Toute personne coupable du crime de castration subira la peine des travaux forcés à temps. Si la mort en est résultée, le coupable subira la peine des travaux forcés à perpétuité » article 257 du code pénal tchadien.

Conflits éleveurs agriculteurs.

Moissala (Bahr Sara)

Le 5 octobre 2010, une bagarre a opposé un berger dont l’identité n’a pas été révélée dans la localité de Dakou, canton Dilingala à Dangoh Ndilyo dont le corps a été retrouvé baignant dans le sang. Selon les informations reçues, les habitants du village ayant constaté la mort de Dangoh se sont mis à la poursuite des autres bergers qu’ils ont rattrapés, les ont ramenés sur le lieu du crime avant de les exécuter par arme blanche.

Informées, les autorités civiles et militaires de la localité se sont rangées du coté des éleveurs et ont exigé le paiement de 70 bœufs et une somme de six cents milles francs CFA (600.000 F) représentant le prix du sang (Dia). Cela, sans se référer au juge. Le préfet du Département, issu de la même région que ces éleveurs a exigé le paiement immédiat de cette somme. Pour eux, c’est l’agriculteur qui a assassiné l’éleveur en premier lieu.

Toujours selon nos sources, le chef de canton de la localité a réuni la moitié de la somme exigée qu’il a avancée. Nous ne savons plus si à ce jour, la totalité du montant demandé a été payé.

Bekongo canton Mbéri (Dep. Logone Oriental)

Le 16 septembre 2010 Selon les informations reçues, une bagarre rangée a eu lieu entre éleveurs venus de Ngamongo dans le Département de la Tandjilé et les agriculteurs de Sama Mberi (Logone oriental).

Bilan : 2 morts et 8 blessés du coté des agriculteurs
1 mort et 7 blessés du coté des éleveurs.

Aucune enquête n’a été ouverte en vue de situer les responsabilités.

Maltraitance des enfants

N’Djamena

Courant Avril 2010, notre organisation a été informée d’un cas de maltraitance de deux fillettes habitant le quartier Amriguébé notamment : Isabelle (6ans) et Houlriakné (8ans) élèves en classe de cp2 à l’école de paris Congo. Selon les informations recueillies sur place par les soins de nos activistes et auprès des concernées elles mêmes, elles sont obligées de transporter de grandes quantité d’eau chaque jour dés leur retour des classes jusqu’au soir. Cette situation a toujours continué malgré notre protestation auprès de ceux qui les logent. En plus, elles doivent aller un plus loin de leur quartier chercher les brisures de fagot pour la cuisine. Elles en reviennent parfois tard dans la soirée. La moindre impression de sensation de fatigue les expose aux fouets. Par exemple Isabelle qui a finalement rejoint ses pères et mères et portait au moment de son départ de nombreuses traces de chicottes partout sur le corps et une blessure à l’œil droit.

LERE (Département du Lac LERE)

Courant Mai 2010, un gendarme qui pourrait être Hissein Barkay, après une altercation avec un vieillard, (wakilou) l’équivalent du Premier Ministre dans l’organisation de la chefferie traditionnelle du village de Biparé dont l’identité n’a pas été révélée a tiré plusieurs coups de feu en direction de son interlocuteur. Le vieillard a été blessé et Barkay a continué à le frapper. Ce qui n’a pas été du goût de ses deux enfants présents sur les lieux et qui sont intervenus pour défendre leur père.

Blessé et admis à l’hôpital du District de Léré avec un visage tuméfié, Hissein Barkay a, par personne interposée dont l’identité n’a pas été révélée tenter d’enlever sa victime en vue de l’assommer. Le malade a échappé grâce à l’intervention des autorités locales qui l’ont obligé à quitter l’hôpital à défaut de pouvoir stopper l’acharnement de ce gendarme au statut douteux.

Quelques jours après avoir échoué dans sa deuxième tentative et avec l’appui présumé du commandant de la compagnie de la gendarmerie, les deux enfants de wakilou ont été arrêtés et détenus pendant une semaine à Léré pour avoir semble t-il tapé sur un gendarme auteur d’une violence illégitime.

Notre organisation a dénoncé une telle détention auprès du juge de paix de la localité et avait plutôt exigé que Hissein Barkay, auteur de la violence illégitime soit arrêté et jugé pour son comportement. Le juge qui a était informé grâce à notre intervention a libéré provisoirement les jeunes à charge pour eux de revenir à l’audience correctionnelle du mardi 25 mai 2010.

Ce qui n’a pas été du goût du commandant de la compagnie de la gendarmerie de Léré. Du coup, il a refusé ce jour d’envoyer les gendarmes pour la sécurité de l’audience et en même temps refusé d’envoyer tout procès verbal à la justice de paix. Cela malgré l’intervention du préfet et du juge lui-même.

L’attitude du commandant qui ne se soumet à aucune autorité locale semble être une insubordination caractérisée et le refus d’un service légalement dû et en même temps une violation de la loi 30 qui oblige les officiers de police judiciaire à se soumettre au Parquet.

Département de Mayo Dallah

Le 13 septembre 2010, deux jeunes agriculteurs habitants du village de Goubkari dans le canton de Doué (au Sud Ouest du Tchad) dont les identités n’ont pas été révélées ont été attaqués alors qu’ils revenaient de Pala où ils sont allés acheter des matériels pour l’entretient du coton. Ces jeunes agriculteurs ont été passés à tabac et leurs matériels arrachés par deux bandits qui pourraient être Ahmet Abdoulaye et Ali Accyl.

Ainsi, un étudiant qui suivait la scène de loin et qui a réussi à identifier les auteurs de cette agression les a dénoncés aux autorités. Ce qui a valu leur arrestation. Les deux présumés malfaiteurs ont reconnu les faits à eux reprochés.

Malgré l’aveu, les deux présumés auteurs ont été libérés par le gouverneur sans être présentés au juge. Des rumeurs persistantes dans la localité font été de paiement d’une somme relativement importante par les parents de ces derniers aux autorités locales afin de libérer les deux présumés auteurs qui, d’ailleurs continuent à menacer l’étudiant auteur de la dénonciation. Ce gouverneur a été muté et est devenu au gouverneur du Mayo-kebbi Est au Sud du Tchad

Conflit foncier
Etena ( Chari Baguirmi)

Le 05 juillet 2010 un conflit foncier à Etena, localité située à une vingtaine de kilomètres au Sud de N’Djamena a failli dégénérer. De source digne de foi, de nombreuses personnes bien préparées sont venues sur ordre de Saleh Mbarma en vue d’attaquer les habitants de Etena qui s’opposent à la vente de leur champ. Or, la veille, notre organisation avait été informée de cette attaque et avait déjà déconseillé aux habitants d’Etena de sortir mais plutôt informer la brigade la plus proche. Ce qui a été fait et la brigade de la gendarmerie de koundoul s’est interposée afin de faire échouer l’attaque.

En effet, à la base, M. Saleh Mbarma, ex sous préfet vend aux cadres de l’armée tchadienne proches du pouvoir en place les champs des particuliers. Cela a duré plusieurs années. Ceux-ci, exaspéré ont souhaité le conseil et l’appui de DHSF. Nous les avons accompagnés devant le juge. C’est tout cela qui a énervé Saleh Mabarma.

En plus, notre organisation a saisi le Ministre de l’administration par courrier daté du 20 juillet 2010. Sur la base de cette correspondance, M. Saleh Mbarma a déposé une plainte contre DHSF pour dénonciation calomnieuse. C’est ainsi que notre président a été déféré devant le parquet le 18 octobre 2010. L’affaire est toujours pendante devant la justice tchadienne.

Kolemara Chari Baguirmi
Au Début du mois décembre 2010, DHSF a été informé d’un conflit foncier qui oppose les habitants de Kole Mara et Tchendjou aux autres habitants des mêmes villages notamment : Andres Malantin, Zomina et Paul.

Selon les informations reçues, les 2 villages ont créé ensemble une association de développement qui a été financée par un organisme italien. En même temps cette association a obtenu un grand domaine pour le jardinage qui est une activité principale de l’organisation. Curieusement, les autres membres à savoir : Andrés Malantin, Zomina et Paul ont vendu une grande partie de ce domaine aux cadres de l’armée proche du pouvoir.
.Fianga (Mont Illi)

le 25 août 2010, A Mota dans la sous-préfecture de Fianga, certains habitants seraient menacés par d’autres sur la base d’un conflit foncier qui a été pourtant porté devant le juge. Ce dernier, a par une ordonnance N° 017/JPF/10 tenté de régler le litige. Par cette ordonnance, le juge a demandé à chacune des parties d’exploiter sa parcelle jusqu’à nouvel ordre.

Malgré cela, il y aurait eu bagarre rangée sans faire des victimes graves entre les parties en conflit. Notre organisation a saisi la primature et le ministère de l’administration du territoire par lettre afin de les exhorter à trouver une solution acceptable pour tous. Nous ne connaissons pas la situation sur le terrain en cette période qui correspond à une saison sèche.

Karal (Hadjerlamis ) Nord du Tchad

Courant 2010, les champs des particuliers ont été occupés par la société d’entretien routier (SNER), une société proche du Président de la République. Cela, sans aucune forme d’indemnisation ni de compensation. Cette société utilise ces champs tantôt comme base arrière tantôt comme lieu servant pour diverses exploitations.

Notre organisation a saisi par courrier daté du 18 octobre 2010 la primature afin qu’une solution soit trouvée. L’affaire suit son cours.

Arrestations, détentions illégales et mauvaises conditions de détention

Courant juin 2010, nous avons été informés des mauvaises conditions de détention à a maison d’arrêt de N’Djamena. Selon les infirmations reçues, les 1500 détenus repartis dans 37 cellules vivent dans des conditions très déplorables. De sources dignes de foi, les détenus mangent une seule fois par jour et un repas de mauvaise qualité. Plusieurs détenus ont passé de très moment sans avoir rencontré un juge ni un avocat. Cette situation a occasionné au moins une dizaine de mort durant cette même période à cause de la malnutrition et de la chaleur.

Le 18 décembre 2009, selon les informations dignes de foi, des militaires tchadiens 10 au total, chargés de la protection de l’ex ministre Centrafricain Charles Massi entré en rébellion contre le régime de la RCA, ont été arrêtés à Bitoye (Tchad).

Toujours selon nos sources, les militaires dont entre autres : le colonel Djibrine Dagachène, Hisseine Moumine Saleh, Haroune Oumar, Samuel Simari etc. ont été arrêtés et détenus pendant quatre jours à Baibokoum au Sud du Tchad avant d’être transférés à la maison d’arrêt de N’Djamena où ils sont été enchainés pendant plusieurs mois. Une importante somme d’argent aurait été prise sur ces militaires par ceux qui les ont arrêtés. Nous ne savons pas où serait passée cet argent.

Notre organisation est intervenue auprès de la primature et auprès des organisations internationales afin d’aider à faire pression sur le gouvernement tchadien. C’est ainsi que tous ont été déchainés mais transférés dans un quartier de la maison d’arrêt de N’Djamena dénommé maison de la haute sécurité avec des conditions de détentions encore graves.

Tous n’ont jamais été présentés au juge ni à un avocat depuis leur arrestation. Cela, malgré nos actions auprès du gouvernement et auprès du parquet. Au moment de la rédaction de ce rapport, nous avons appris que ces militaires ont été libérés. Après la libération de ces militaires intervenue le lendemain de notre réaction publique sur ces détentions, le procureur de la République (N’Djamena) nous a convoqués pour contester notre déclaration en disant qu’il y’avait une procédure régulière contre ces militaires.

Fianga (Mont Illi)

Courant avril 2010, Djoubaidandi Gaspard a plusieurs fois été arrêté et détenu sur ordre du juge de paix de la localité. Pour la première fois, la victime a été détenue pendant 13 jours avant d’être libérée. Nous ne savons pas à quoi cette détention correspond au regard de la loi tchadienne. Celle-ci n’est une garde à vue et non plus une détention préventive. Pourtant, nos sources indiquent bien que la victime en qualité de membre d’un groupement a déposé plainte contre Marc Temwa, un autre membre du groupement pour détournement et abus de confiance.

C’est finalement le plaignant qui a été plusieurs fois arrêté et détenu et est souvent obligé de payer une certaine somme avant d’être libéré. Nos sources indiquent aussi que les brouettes du groupement auraient été vendues par le juge et Marc Temwa. Nous avons tenté d’entrer en contact avec le juge de paix de la localité afin de mieux comprendre la situation mais ce dernier a refusé de nous éclairer sur cette question.

Prise d’otages contre rançon.
Département Lac Léré

Tard dans la nuit du 23 septembre 2010, au moins 5 enfants du village de Mboursou ont été kidnappés et gardés dans un lieu secret sur le territoire Camerounais. Leur libération a été conditionnée par le versement d’une rançon de plus de cinq millions de cfa.

Les parents ayant informé les force de l’ordre qui se sont déployées mais sans succès alors que la date fixée pour le versement de la rançon s’approchait. Entre le risque de la mort encouru par leurs enfants et l’intervention infructueuse des forces de l’ordre, les parents ont préféré collecté au moins une somme d’un million pour avancer aux ravisseurs. Ce qui aurait été contre l’avis des forces de l’ordre qui ont mis aux arrêts certains parents dont entre : Hassan Angang, Djondéné, Ignahsoubé Thindebné etc . Ces parents arrêtés auraient subis des actes de torture.

Plus grave, les autorités locales ont pris chez ces derniers une somme de plus d’un million de nos francs alors que les otages ont été libérés sans rançon. Cet argent selon nos renseignements aurait été partagé entre les autorités et les forces de l’ordre.

Ces rapts successifs qui se font à la barbe des autorités locales laissent présumer leur faiblesse ou simplement leur complicité comme cela est répandu dans la région.

Dans la nuit du 28 octobre 2010 à Bodoro (Département du Lac Léré) à l’extrême Sud Ouest du Tchad.

il y’a eu une nouvelle prise d’otage des enfants contre rançon, Selon les informations reçues, 11 personnes munies d’armes à feu ont fait irruption chez une veuve dont l’identité n’a pas été révélée en vue de prendre en otage ses enfants. C’est ainsi que l’un des plus grands enfants appelé Denis 25 ans qui constitue d’ailleurs le principal appui de la famille, a crié en vue d’alerter la population. Il a alors été tué sur place par balle par les ravisseurs. Lesquels ravisseurs ont pu enlever en plus du petit frère de Denis deux (2) autres enfants qu’ils ont gardés au moins trois jours avant d’être libérés.

Toujours selon nos sources, les ravisseurs ont promis de revenir dans le village au moment voulu. Ce qui justifie la présence des éléments des formes de défense et de sécurité qui eux aussi ne manquent jamais de racketter et/ou de malmener la population locale. Il est arrivé plusieurs fois où ces éléments ont favorisé ces types d’opérations de prise d’otage qui sont généralement menées en faveur et en complicité avec certaines autorités locales.

La population de la Région du Mayo-Kebbi est prise en tenaille entre les preneurs d’otages contre rançon, les rackets de certaines autorités et les exactions des éléments de la brigade antigang.

Département Mayo-Dallah

Dans la nuit du 05 au 06 septembre 2010 les preneurs d’otages contre rançon ont enlevé deux individus notamment : Al hadji Garba Biri 80 ans et Sebou un enfant âgé d’environ 13 ans tous deux du village de DEITOU, du canton Yerdé dans la Sous-préfecture rurale de Pala (Région du Mayo-kebbi Ouest)

Selon les informations recueillies, les ravisseurs auraient exigé comme rançon une somme totale de 11 millions de nos francs.

Après quelques mois de captivité, les otages ont réussi à s’enfuir et ont pu regagner leur famille. Aucune enquête n’a été diligentée en vue de retrouver ces ravisseurs.
Licenciement abusif

Le 17 aout 2010, M. Yanon Daniel qui devait se faire soigner à Yaoundé au Cameroun n’a jamais pu le faire. Car, à sa descente du train, il s’est écroulé et a rendu l’âme suite à un arrêt cardiaque.

En effet, Ingénieur agronome et cadre de World vision à Bam bey au Sénégal pendant une quinzaine d’année est rentré au Tchad suite à la sollicitation de world vision Tchad. Il servait à Lay au sud du Tchad en qualité de chef de base. Juste après deux ans, il a été licencié le 28 juin 2008 pour perte de confiance. Ce licenciement a fait l’objet d’une marche pacifique dans la localité. Mais les responsables nationaux de World vision qui, de source proche de la famille de la victime ont posé cet acte sur la base d’une simple discrimination. Les responsables de World vision de cette époque étaient hostiles au recrutement des employés autres que ceux de leur région d’origine.

Ceux-ci auraient même déclaré que deux communautés étaient en guerre et l’une a vaincu l’autre. Ils ont démenti ces propos lors d’une réunion. Peu avant cela, les mêmes cadres ont exigé et obtenu le licenciement de M. Leuvourné Passiri, directeur national qui est de la même communauté que Yanon pour les mêmes motifs.

Ce dernier, père d’une grande famille est resté pendant 15 ans sans emploi. Il déposé une requête au tribunal de travail de N’djamena qui a condamné son ancien employeur à lui verser une somme de plus de quatre vingt millions cfa. L’employeur a fait appel de cette décision. Cet appel aurait été à la base de sa mort ?
Selon nos sources, World vision après avoir cautionné ce licenciement aurait mené ses propres investigations qui ont conduit à l’éviction des cadres nationaux à la base des manœuvres discriminatoires dans l’organisme et auraient à la place de ceux-ci responsabilisé les expatriés.

Les évictions forcées
N’Djamena

Depuis 2008, les habitants de la ville de N’Djamena sont soumis à un vaste programme d’éviction forée. Plusieurs milliers d’habitants ont été expulsés souvent sans information préalable. C’est ainsi que de nombreux ménages se sont retrouvés dans la rue et certains ont fini par quitter la ville pour regagner les villages. Certains habitants qui n’ont pas pu tenir sont morts après une crise cardiaque. C’est par exemple le cas de Houri, époux de 2 femmes et de plusieurs enfants mineurs. Ce programme d’éviction forcée a toujours continué sous prétexte soit de reprendre le domaine de l’Etat ou exproprier les habitants pour cause d’utilité publique. Cela, contrairement à l’article 41 de la Constitution qui dispose « la propriété privée est sacrée et inviolable. Nul ne peut être dépossédé que pour cause d’utilité publique dument constatée et moyennant une juste et préalable indemnisation »

D’ailleurs, l’utilité publique dont se targuent certains gouvernants doit suivre une procédure fixée par la loi N° 25 du 25 juillet 1967 sur la limitation du droit foncier et le décret N° 187/PR du 1er Aout 1967 sur la limitation des droits fonciers dont l’article 1 dispose « lorsqu’une opération d’utilité publique nécessite une expropriation, cette dernière est précédée d’une enquête … » rien de telle n’a été fait. Ce qui rend l’opération illégale et surtout que des points stratégiques ont été attribuées ou « vendus » aux riches en vue de bâtir des stations services et autres maisons de commerce.

Le président de notre organisation a été victime de cette éviction forcée illégale. L’intéressé a déposé un recours devant le tribunal de N’Djamena et l’affaire qui dure un an déjà semble marquer les pas. Comme lui, de nombreux citoyens ont soit collectivement ou individuellement déposé des requêtes. Certains attendent que justice leur soit rendue et d’autres attendent l’exécution de la décision de justice rendue à leur faveur. L’Etat résiste et refuse de se soumettre à ces décisions.

Presque tous les habitants expulsés de leurs habitations que la commune de N’Djamena a démoli entre 2008 et 2010 n’ont pas été indemnisés ni relogés. Le dernier cas de l’année est celui de Toukra à la sortie Sud de N’Djamena qui a eu lieu le 26 Décembre 2010. Les familles qui ne savaient où aller ont été obligées à la date de notre passage à dormir à la belle étoile ensemble avec les enfants.

Courant 2010, une menace d’expulsion pesait sur les habitants de nombreux quartiers de N’Djamena dont entre autres : Ambatta, Gassi etc pour dit-on la construction des dix milles logements sociaux.

Durant cette période, la commune de N’Djamena a publié en novembre 2009 un arrêté demandant à tous ceux qui habitent aux abords des rues bitumées de démolir eux-mêmes leurs maisons et les reconstruire en matériaux durables et suivant une certaine hauteur. Les récalcitrants verront leurs maisons démolies. En même temps tous les habitants visés par cet article doivent paver leur domicile sous peine de sanction. Notre organisation a dénoncé cet arrêté par un communiqué de presse qui n’a produit aucun effet. C’est ainsi que nous étions obligés de saisir la cour suprême à travers un collectif d’avocats. L’affaire suit son cours.

Pendant ce temps, les hommes proches du pouvoir continuent eux à construire des stations services sur les sites où les populations démunies venaient d’être expulsées. Pourquoi finalement a-t-on chassés les habitants de leurs maisons ?

Conclusion

La situation durant les deux années n’a pas varié. Les efforts du gouvernement sont annihilés par la militarisation de l’administration du territoire, l’impunité, la corruption, le favoritisme, la discrimination et/ou l’exclusion etc.

Une fois encore, notre organisation attire l’attention du gouvernement et de tous les partenaires du Tchad sur ces maux qui handicapent la jouissance effective des droits de l’homme au Tchad et conditionnent son développement.

Nous sommes certains que nos partenaires et ceux du Tchad nous aiderons davantage à faire respecter les droits de l’homme non seulement au Tchad mais partout où ceux-ci sont violés.

Les droits de l’homme sont notre idéal commun qu’il faut nécessairement atteindre par tous les moyens.

N’Djamena, Janvier 2011

Deuzoumbé Daniel Passalet
Email : dhsf64@hotmail.com
BP : 4510 N’Djamena Tchad

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