Notre mouvement est pollué. Les porteurs de titres ronflants s’agitent sur le choix de son site d’enterrement. Et dans cette optique, ils ronflent, éternuent et rêvent à des sacrifices atroces pour l’obtention du ralliement des chefs rebelles.
Arme dans la main gauche et un téléphone cellulaire à la droite, les voilà prêts à tenir des discours laudateurs, ou bien ternir l’image de leurs pairs en procédant à leur sport favori qu’est «Trahir un pour mieux s’accrocher à l’autre ». Des rancœurs, des violences verbales, morales ou physiques deviennent des outils précieux. Les mauvais sorts sont ainsi jetés à leurs concurrents politiques et la bagarre pour se placer dans le cercle du pouvoir commenceront avec des communiqués débutant généralement par « Ayant constaté que… ». Au fait, que n’ont-ils pas constaté au début ?
Si le Grand Camarade Hissein Habré qui a permis au Tchad d’exister comme un Etat en regroupant les lambeaux laissés par des tendances politico-ethniques en avait fait les frais de la trahison, qui de Nouri, Timan, Aboud, Nour et autres pourraient se glorifier d’avoir mieux connu les tchadiens et leur subtilité ?
L’UFR n’a pas abouti aux résultats souhaités par ses membres comme fut le cas du FUC de Mahmat Nour. La cause en est au refus des uns de reconnaître leur faute et de faire acte de contrition et des autres d’avoir voulu régler leurs propres comptes sur le champ de bataille, lieu par excellence d’union pour la victoire finale programmée.
Des membres du Bureau Exécutif aussi bien que ceux du Conseil Supérieur dont j'en suis un, se sont plus contentés de leur titre que du rôle qu’ils sont sensés jouer pour aider le mouvement à réussir son programme. Mais comme chaque malheur permet au "corbeau de dire qu’il n’était que de passage" pour nier son séjour, nous voilà face aux hommes auxquels nous avons remis notre capital de confiance.
Et pourtant, aucun sondage ne pronostiquait l'échec de l’UFR. C'est, au contraire, l'ampleur de la rivalité entre les leaders qui avait donné raison au pouvoir que cet mouvement est un autre bouillon Soudanais.
Des manœuvres pour prêter des intensions à certains leaders d’avoir un plan caché aussi bien que des doigts pointés sur d'autres qui ont consenti à leur corp defendant ce qu'ils pouvaient faire ont affaibli ce mouvement pourtant bien formé.
Pendant que le mouvement accède la capitale tchadienne, un petit cercle, non seulement content de se faire filmer devant les édifices nationaux qui les depaysent, pousse l'outrecuidance de scinder l'union en clans armés. Nous avons constaté sans pouvoir en mains des "Clanistes", des "regionaux" et des "Revenchards" oubliant ainsi le peuple pour lequel le grand sacrifice a été consenti.
Aujourd'hui,l’UFR a perdu des atouts réunis des différents horizons pour se retrouver comme la risée même des indecis.Est-ce là les raisons de son échec?
Il faut aussi voir ailleurs.Notons que durant ces dernières années, l’Est du Tchad a connu des bouleversements qui ont donné lieu à une recomposition du théâtre politique au Soudan. Pour des raisons liées à la sécurité du Président Soudanais et ceux relatifs aux gros intérêts pétroliers de la région du Darfour, le Président El-Béchir a choisi la continuité du pouvoir au Tchad au détriment d’une rébellion divisée et ramollie par ses propres leaders devenus à partir de l’extérieur de leur QG des spectateurs d'un jeu dont les tenants et les aboutissants leur échappent et dont les ficelles sont tirées ailleurs.
Bon nombre de ceux qui défendaient la lutte armée avec tripes à l’époque ont changé de camps alors que d’autres qui étaient avec le pouvoir de N’djaména ont regagné paradoxalement le camp adverse. Toujours est-il, quand la volonté manque, même les confrères peuvent se traiter en chien de faïence et oublier la solidarité animant tout corps de métier.
Des camps se sont formés au sein du mouvement. d'aucuns ont pour principale mission d’attiser une inimitié à l’endroit des hommes qu’on identifiait aux Lions hier. « Dougli » dirait quelqu’un au passage du Général Nouri alors qu’en face, on nous apprenait l’histoire sordide d’un Serpent dont la mort ferait la bravoure des Itno.
D'autres, par contre, ont choisi de restructer le mouvement en remaniant son Bureau Exécutif. A preuve, toujours par le même exemple du marathon, les partenaires se retrouvent pour les mêmes raisons et presque pour les mêmes faits, sinon pour des dossiers similaires, du moins pour des cas ressemblants au service de l’un ou de l’autre.
Mais si tel est le rituel, pourquoi nous engageons-nous à des joutes oratoires d’une intensité qui laisse à l’observateur non averti de constater notre manque de respect pour ceux qui ont choisi de risquer leur vie ?
En définitive, la rébellion tchadienne a besoin des hommes qui sauront raison garder, qui accepteront le dialogue, les critiques, les débats d’idées et qui feront triompher l’intérêt général au détriment des intérêts personnels.
Aussi, une rebellion n'est elle faite que d'un leader qu'il faut sacrifier sur l'autel d'Abraham quand l'espoir semble perdre de vue? Ou sontcachés les membres dont les titres gonflent les CV?
Dr. Felix R. Ngoussou
