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LA « FORCE EPERVIER » AU TCHAD ET LA FAUSSE GUEULANTE D’IDRISS DEBY

"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

San Finna N°578 du 16 au 22 Août 2010

Au Tchad, Idriss Déby a laissé échapper une mauvaise humeur à l’endroit de la Force Epervier, et voilà que de partout, on lui tresse des couronnes de lauriers sur la tête. On ne parle plus que d’Idriss le courageux, Idriss le patriote, qui ose dire ses vertes vérités à la France de Sarkozy. Et cette France, au lieu d’envoyer paître le « bédouin », n’hésite pas à courir au-devant de lui pour le calmer afin de contenir sa colère.

Premièrement, à en croire Beremadji Félix de N’Djamena, « Deby, soit il ignore (ce qui est très probable), soit feint d’ignorer que l’opération ‘Epervier’ n’existe plus, avait pris fin officiellement en 1997. C’est Deby lui-même qui a signé le nouvel accord qui donne à la France le droit de maintenir une base militaire au Tchad sous l’appellation de ‘les Eléments Français au Tchad (EFT)’ ».

Force Epervier au Tchad Ensuite, l’objet de l’énervement d’Idriss Déby, ce sont les « feuilles » (NDLR : l’argent). Ce n’est pas tellement l’intégrité du territoire, ce n’est pas la souveraineté du pays ni la dignité de son peuple, qui sont ici en jeu ; c’est parce que, comme un simple « banabana » (NDLR : marchand ambulant), il veut des espèces sonnantes et trébuchantes en contrepartie de la présence de la Force Epervier sur son territoire. Ca ne va pas plus loin. Ici encore, Beremadji Félix est clair : l’argent, « il le veut pour lui-même et sa famille, pour entretenir et corrompre sa soldatesque ».

Par ailleurs, ce que Déby demande, est-ce réellement à la hauteur de la présence de cette force militaire française sur le sol tchadien ? A un moment où partout, les crispations se font de plus en plus sentir sur cette présence à relent politique, il eût mieux gagné en montant plus haut la barre.

Et puis, finalement qui dit que ce n’est pas une petite trouvaille pour muscler un peu l’Audimat du dictateur tchadien et son image à la veille d’élections à venir ?

Et sur ce plan, ce ne serait pas faire montre de mesquinerie que d’imaginer que le scénario ait été écrit à l’avance, l’un, le Tchad, l’autre la France, sachant qu’il n’y aurait pas conséquence à cette sortie sinon qu’à montrer de part et d’autre la bonne volonté.

Bref, personne n’a été dupe, et l’Observateur Paalga du 13 août dernier (http://www.lobservateur.bf/spip.php?article14657), qui sur le sujet a titré « Grosse colère du petit berger de Berdoba », relève pertinemment ceci : «Mais fallait-il vraiment attendre 50 ans après son accession à la souveraineté internationale pour que le Tchad demande le départ des troupes de la puissance colonisatrice du pays ?

Assurément, non ! Il aurait pu le faire depuis, puisque l’histoire de notre pays nous apprend que c’est seulement aux premières heures de l’indépendance que le Président Maurice Yaméogo a demandé et obtenu le départ des troupes françaises de l’ex-Haute-Volta ».

Alors, vous ne « nous la ferez pas », Mr Idriss Déby !

VT

http://www.sanfinna.com/avuemonde1.htm