vendredi 13 août 2010
La plupart des journaux tchadiens sont présentement en vacances. Nous sommes obligés de ne traiter que les rares journaux qui sont encore dans les kiosques.
La commémoration de l’indépendance du cinquantenaire de l’indépendance du Tchad, la proclamation des résultats définitifs du baccalauréat 2010, la détention du préfet du Borkou à Koro-Toro, la délocalisation de la ville de Faya-Largeau, la défaite des Sao du Tchad face aux Tunisiens sont les principaux sujets d’actualité traités par la presse tchadienne cette semaine.
Idriss Déby Itno s’interroge sur la présence militaire française au Tchad
Le Progrès est revenu sur les temps forts de la conférence de presse du chef de l’Etat Idriss Déby Itno, lors de la commémoration du cinquantenaire de l’indépendance du Tchad le 11 août 2010. Idriss Déby a abordé les sujets d’actualités politiques, sociaux et économiques. A propos de la présence des Eléments Français au Tchad (EFT), relève le quotidien, Idriss Déby Itno répond qu’en dehors de l’appui logistique et quelques matériels qu’ils font entrer sous douanes avec des retombées insignifiantes, les soins médicaux qu’ils offrent aux Tchadiens, il n’y voit aucun intérêt. Il compte examiner avec les autorités françaises, la révision de l’Accord e siège, vieux de plus de 25 ans. Aussitôt, Paris annonce sa disponibilité à le faire, comme partout dans les pays africains où il a ses bases, rapporte le journal.
Cafouillage dans la commémoration du cinquantenaire de l’indépendance du Tchad
« Les travailleurs sont désorientés », titre Le Progrès qui relève qu’alors que tous les Tchadiens, particulièrement les travailleurs ont été informés par un communiqué radiodiffusé que la journée du mercredi 11 août 2010 est déclarée fériée, chômée et payée, un décret présidentiel contraire a été pris le 10 août pour déclarer la journée du 11 août ouvrable. Alors qu’entretemps, la quasi-totalité des fonctionnaires ont commencé à fêter. Le journal souligne que le système des Nations Unies au Tchad a fermé ses portes. A la surprise générale, note le quotidien, la cérémonie de prise d’armes, programmée et annoncée par la Radio nationale n’a pas eu lieu.
Faya Largeau : ville sinistrée
« L’indignation sélective », titre l’édito du bi-hebdo qui rappelle que la région du Borkou et principalement la ville de Faya-Largeau est sinistrée par les pluies ; on y aurait même enregistré deux morts. Quoi de plus normal que le chef de l’Etat, élu par son peuple pour lui assurer la sécurité et bien-être, court au chevet de ses concitoyens en détresse. Ce qui l’est moins, déplore N’Djaména bi-hebdo, c’est cette solidarité et cette indignation sélectives et à multiples vitesses du chef de l’Etat. Chaque année, des régions entières sont inondées, Mao, au Kanem est presque divisé en deux par un ravin. Mais sur ces différents sites, Déby n’y a point mis les pieds, déplore le journal. Pour certains citoyens, relève le confrère, cette situation apporte l’eau à son moulin dans son projet de délocaliser Faya à 30 Km du site actuel afin de contenter ses partisans des communautés Naorma et Kamaya qui croient ainsi s’affranchir du joug trop lourd des Anakaza.
Faya, les motifs inavouables d’une délocalisation
Sans donner de justifications rationnelles, la bande à Okoromi s’agite frénétiquement pour faire aboutir le projet de délocalisation, écrit N’Djaména bi-hebdo. Mais au-delà de la volonté de quelques ressortissants du Borkou, relève le journal qui s’étonne qu’aucune étude technique n’ait été convoquée à l’appui de l’entreprise. Rien n’indique que le nouveau site dispose de l’eau souterraine et en quelle quantité. « Aussi, transposés à 30 km de leurs lieux d’activités, comment les exploitants des palmeraies s’y rendront-ils chaque année ? », s’interroge le bi-hebdo. Et le canard de chuter que délocaliser Faya apparaît comme un complot Kamaya/Naorma contre les Anakaza. « Aujourd’hui, alliés objectifs du régime, les premiers voudraient s’affranchir d’une tutelle, semble-t-il trop lourd des derniers. Déby y a manifestement apporté sa caution. Mais ce faisant, n’ouvre-t-on pas une nouvelle boîte de pandores ? », prévient le bi-hebdo.
Bac 2010 : 16393 candidats définitivement admis
Selon le Progrès les résultats définitifs du baccalauréat, session de juin 2010, ont été officiellement donnés le 12 août 2010 par le président du jury, Ngaressem Goltob Mbaye. Sur un effectif de 52 928 candidats, 16393 sont définitivement admis, soit un taux de 30, 97%. Le jury constate que les résultats sont catastrophiques dans les séries D, A4, et E. Sur le s 12917 admissibles à la première série, 11152 ont pu franchir la barre, à l’issue des épreuves écrites de la seconde.
Le préfet du Borkou est arrêté et gardé à Korotoro
Le Progrès fait écho de la contestation de la Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH) d’une procédure d’arrestations à Faya. Dans un premier communiqué de presse daté du 11 août 2010 et signé de son secrétaire général, la LTDH évoque un « enlèvement du préfet de Borkou, M. Youssouf Mahamat Bahar et du fils du chef de canton Anakhaza, M. Tidjani Abderassoul ». La LTDH rappelle qu’après le passage du chef de l’Etat suite aux grosses pluies tombées dans la région du Borkou, le préfet a été suspendu de ses fonctions et arrêté le 29 juillet 2010. Au lendemain de cette suspension, il a été enlevé, menotté et déféré à Koro-Toro avec le fils du chef de canton Anakhaza. Pour la LTDH, repris par le quotidien, si le préfet est auteur d’une faute administrative, c’est une sanction disciplinaire qui doit être prise à son encontre et en cas de fautes nécessitant des sanctions pénales, c’est la cour d’appel qui est compétente en la matière. Le quotidien nous apprend que le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique Mahamat Ahmat Bachir dément formellement les allégations de la LTDH et soutient que le préfet du Borkou a été bel et bien arrêté pour « connivences avec les mercenaires » et mis à la disposition de la justice.
Les aigles de Carthage écrasent les Sao : 3 à 1
Le Progrès fait écho de la défaite de l’équipe nationale de football du Tchad le 11 août 2010 lors du match comptant pour les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations 2012. Ces trois buts viennent compliquer davantage la chance des Sao de se qualifier, analyse le quotidien. « Qu’on les envoie à tous à la prison de Koro-Toro », lance un jeune fan déçu, à la fin du match.
Mbaïdedji Ndjénodji Frédéric
