Les débats autour des problèmes démocratiques en Afrique ont atteint leur vitesse de croisière hier mercredi 25 juillet à la Fondation Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix de Yamoussoukro avec le traitement du sous-thème 6 intitulé «Démocratie, culture démocratique : le cas de la Côte d’Ivoire». Très attendu par les nombreux participants issus de toutes les couches socio-profesionnelles, le débat a tenu toutes ses promesses. Autour de Agnès Kraidy, présidente de séance, ce sont les professeurs Zadi Zaourou, Voho Sahi, Ouraga Obou, Dédy Séry, Tiacoh Carnot de la Côte d’Ivoire et le professeur Samuel Mawété du Congo Brazzaville qui ont eu la lourde tâche de parler de la démocratie et la culture démocratique en Côte d’Ivoire.
Sous les regards et l’attention des invités parmi lesquels des étudiants de l’Ecole supérieure d’agronomie (ESA) de l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INPHB), les différents intervenants ont abordé le sujet sous plusieurs angles.
Prenant la parole en ouverture, le professeur Samuel Mawété a insisté sur le rôle que l’on doit accorder à l’homme, cet être ambivalent et violeur des règles établies en démocratie. Le Professeur Zadi Zaourou a emboîté le pas au premier intervenant pour son exposé. Pour se faire comprendre, il a remonté le temps depuis l’antiquité avec Périclès et ses prédécesseurs. Pour lui, seule une parfaite connaissance de notre passé démocratique et la reconnaissance de nos pionniers avec leur concept permettront d’asseoir une véritable culture démocratique chez les Ivoiriens. Dans ses recommandations, il a préconisé de décorer publiquement ou à titre posthume, les pionniers de la démocratie en Côte d’Ivoire, donner la parole à ceux qui sont encore vivants pour qu’ils témoignent de leur expérience, créer une école de formation politique, encourager l’émergence d’un véritable régime parlementariste et même des monarchies constitutionnelles africaines, développer l’alphabétisation en langue traditionnelle, repenser le système éducatif ivoirien et fiancer les partis politiques de façon conséquente avec pour obligation de former les militants. Le professeur Voho Sahi a clos la première partie des interventions en évoquant «Les enjeux démocratiques de la paix en Côte d’Ivoire».
Il les a présentés comme étant de nos jours l’élément essentiel d’une cohésion sociale en Côte d’Ivoire. Prenant la parole pour la deuxième partie du débat, le Professeur Ouraga Obou va, dans un exposé très apprécié par l’assistance, souhaiter que les élections aient lieu pour que l’on retrouve la légitimité démocratique en Côte d’Ivoire.
Il a insisté sur le fait qu’une véritable démocratie ne peut prospérer sans l’autorité de l’Etat, en rappelant le récent désordre survenu à la Poste de Côte d’Ivoire et l’intrusion constante de l’armée dans les médias. Le professeur Tiacoh Carnot du PDCI s’est, quant à lui, penché sur l’historique de la démocratie en Côte d’Ivoire depuis 62 années. Il a tiré de l’ère du parti unique un bilan positif sur le plan intellectuel et infrastructurel avant de peindre négativement les 15 dernières années vécues dans le multipartisme. Pour le professeur Dédy Séry, «la démocratie se pratique mieux avec le patriotisme et le nationalisme», avant de préciser que le conseil de sécurité des Nations unies n’est pas démocratique de par sa façon de gérer les conflits. Il a terminé en mentionnant – ce qui a désorienté certains – que la table ronde est pertinente mais pas opportune parce que la guerre n’est pas encore totalement finie. En fin d’après-midi, ce sont les Professeurs Yacouba Konaté, Lou Mathieu Bamba et Niamkey Koffi qui ont donné leurs visions de la culture démocratique en Côte d’Ivoire.
Armand Brice Tchikamen
