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Revue de presse de la semaine du 21 au 27 juin 2010

Les interrogations de la France sur l‘affaire Ibni Oumar, l’état d’avancement du recensement électoral, la simulation d’incinération des produits alimentaires dans une concession, l’arrestation de vendeurs clandestins de « Lédas », le sommet de la Grande muraille verte, l’histoire des Peugeot 406 du Palais rose, les non dits du rapt et de la libération de l’otage britannique d’Oxfam, et bien d’autres nouvelles ont fait les choux gras de la presse tchadienne cette semaine.

La France veut la vérité sur Ibni

N’Djaména Bi-hebdo annonce que l’ambassadeur en charge des droits de l’homme au ministère français des affaires étrangères, François Zimeray, en séjour à N’Djaména, exige que vérité soit faite sur les cas des disparus des événements des 2 et 3 février 2008, principalement, Ibni Oumar Mahamat Saleh. Notre confrère se demande « si ce n’est pas pour éviter cette délégation – pour le moins inhabituelle, composée des ambassadeurs des pays membres de l’Union européenne, de la Suisse et de l’Union africaine – que le chef e l’Etat a refilé le bébé au Premier ministre ? ». En visite au Caire, Déby n’aurait pas aimé entendre des Blancs lui exiger la vérité sur ce qu’est devenu Ibni, mathématicien de renom et membre de l’internationale socialiste, longtemps considéré comme le dauphin naturel avant de devenir l’ennemi juré à partir de mai 2001, ajoute-t-il. Selon le diplomate, malgré ‘‘la bonne volonté’’ que le Tchad a manifestée par l’établissement d’une commission d’enquête qui a fait un ‘‘travail courageux’’, l’enquête piétine.

« Nous sommes obligés de casser », ministre Djimrangar Dadnadji

Tels sont les propos du ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et de l’habitat, Djimrangar Dadnadji, tirés de l’interview qu’il a accordée au quotidien Le Progrès. Le nouveau plan d’aménagement et d’urbanisation de la ville de N’Djaména, relève le ministre, s’inscrit dans la stratégie « N’Djaména vision 2020 » qui consiste à tirer toutes les conséquences du développement anarchique, à travers les quartiers périphériques qui se sont ajoutés à la capitale, pour la redessiner et aménager l’ancienne ville fondée depuis l’indépendance.

2ème tentative de réconciliation Déby/Khalil ?

N’Djaména Bi-hebdo pense que c’est la raison plausible du voyage du président de la République en Egypte. En effet, poursuit-il, le chef du MJE, le Dr Khalil Ibrahim, aurait quitté Tripoli pour Le Caire où il a installé ses quartiers depuis qu’il a été prié de quitter le Tchad au début de l’année. Le bi-hebdo rappelle qu’il y a deux semaines, Idriss Déby s’était rendu à Tripoli pour rencontrer le patron du MJE qui y ruminait sa colère, après son humiliante expulsion de N’Djaména, pour une réconciliation. La réunion à laquelle prenaient part, entre autres, le frère aîné du chef de l’Etat, son cadet le sultan Timan Déby (tous deux proches du chef rebelle soudanais) s’est achevée en queue de poisson. « Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ? », chute le bi-hebdo.

Evacuation sanitaire : arrêter d’escroquer l’Etat

Notre Temps déplore que l’évacuation sanitaire est devenue un moyen de spéculation pour nombre de cadres. « Des personnes profitent des moyens de l’Etat destinés aux soins et à des fins personnelles prétextant être malades. L’évacuation est devenue une activité lucrative pour certaines personnes. D’aucuns se font évacuer deux à trois fois dans l’année alors qu’ils ne sont même pas malades », relève un fonctionnaire du ministère de la Santé publique.

L’état d’avancement du recensement électoral

« Le recensement électoral tire à sa fin. Le bilan établi à ce jour n’a pas atteint les objectifs escomptés », a déclaré le ministre Hamid Mahamat Dahalob, faisant le point au 45ème jour dudit recensement, le 16 juin dernier. « Le recensement électoral n’est pas un acte partisan. Il n’est pas non plus l’affaire d’un parti ; c’est un acte citoyen qui permettra plus tard de poser l’acte politique… », Propose-t-il dans les colonnes de Le temps, afin d’encourager les indécis.

A l’opposé de son confrère, Le Progrès publie les chiffres du trésorier de la CENI, Jérémie Ngarndiguinan, qui soutient qu’à N’Djaména, les statistiques des résultats provisoires des inscriptions sur les listes électorales ont atteint 95,33%. A la date du 19 juin 2010, montre-t-il, 478342 personnes sont enregistrées dans la capitale. Ce chiffre, ajoute-t-il, n’est pas très loin des prévisions de l’Institut National des Statistiques et des Etudes Economiques et Démographiques qui tablent à 501 751 personnes à recenser dans la capitale. Par contre, le nombre des femmes, qui constituent la majorité de la population tchadienne, reste inférieur à celui des hommes.

Simulation d’incinération des produits alimentaires dans une concession

Le Progrès rapporte l’histoire invraisemblable des 10 tonnes de produits alimentaires composés de céréales, d’huiles, de boîtes de conserve, de la farine (leur péremption est pour 2013) etc., enterrés dans une concession privée, dans le premier arrondissement de N’Djaména, par Global Service, principal fournisseur de la MINURCAT. Global Service, en complicité avec le propriétaire de la concession, a simulé une incinération, en mettant quelques cartons de vivres sur les produits enterrés et les a brûlés, publiquement, présence des autorités de la police municipale. D’après les responsables de la mairie, Global Witness voulait juste tromper la vigilance de sa cliente, la MINURCAT, pour revenir les déterrer et les vendre sur le marché.

Sommet de la Grande Muraille Verte : Me Wade jette le pavé dans la mare

Le reporter de N’Djaména Bi-hebdo nous apprend que lors du sommet de la Grande muraille verte à N’Djaména, le président sénégalais Me Wade était sur tous les fronts, tenant un discours d’ouverture d’une heure. Il a jeté un pavé dans la mare boueuse de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) en affirmant : « il faut dissoudre la CBLT et la remplacer par une structure plus dynamique, une structure d’action ». Selon lui, la CBLT est un machin qui engloutit d’énormes ressources financières depuis près de 40 ans sans résultat probant.

Les fonctionnaires boudent la salubrité du week-end

Le Progrès écrit que la note circulaire du Premier ministre Emmanuel Nadingar obligeant les fonctionnaires à se rendre à leurs bureaux le samedi, journée non ouvrable dans l’administration tchadienne, irrite beaucoup de travailleurs. « Si les fonctionnaires doivent aller balayer leurs bureaux, quel est alors le rôle des plantons et sentinelles qu’on embauche dans les services étatiques ? », s’interroge un cadre de l’Etat cité par le journal.

Doutes sur le rapt de l’otage britannique à Abéché

« Et si la prise d’otage d’Hubert Blama n’était qu’un bluff ? », s’interroge l’éditorialiste de N’Djaména Bi-hebdo. La libération de l’otage est intervenue de manière aussi rocambolesque que le rapt, s’étonne le journal qui ajoute que ces deux évènements se sont déroulés dans des conditions assez troubles pour convaincre les citoyens. Leur scepticisme, poursuit-il, est renforcé par le mutisme qu’observe volontairement l’otage après sa libération pour des raisons très évidentes de sécurité. En attendant, relève le bi-hebdo, les sceptiques ne sont pas loin de penser que ce rapt n’était qu’une opération de communication destinée à rassurer les humanitaires, assez nombreux à s’inquiéter pour leur sécurité après la décision du Conseil de sécurité de l’ONU de retirer la MINURCAT d’ici la fin de l’année 2010. « Même en l’absence d’éléments convaincants, nous nous refusons de croire à une mise en scène de nos autorités car elle comporte un grand risque pour notre pays, notamment l’effet boomerang. Le gouvernement claironne qu’il a tout pour sécuriser les humanitaires qui travaillent à l’est de notre pays. D’où provient la faille qui a permis qu’un kidnapping soit opéré à Abéché », chute-t-il.

La mairie arrête 5 vendeurs de « Léda »

Le quotidien Le Progrès nous révèle que la Section mobile d’intervention rapide de la police municipale de la ville de N’Djaména a appréhendé des vendeurs clandestins de sachets en plastique, appelés communément « Léda », au marché de Farcha, le 21 juin 2010. Deux femmes dont une allaitante, et trois hommes ont été présentés à la presse par le maire e N’Djaména, Mme Mbaïlemdana Marie Thérèse. « Ils iront en prison et ils paieront une amende. Nous porterons également plainte contre eux », a martelé Mme le maire dans les colonnes du journal.

Les Peugeot 406 du Palais rose

« Combien de Peugeot 406 neuves - parmi la trentaine livrée çà la présidence de la république et utilisées pour la première fois à l’occasion du sommet de la Grande Muraille verte- n’ont pas démarré au matin du 17 juin dernier ? », demande N’Djaména Bi-hebdo, mettant la question à 1 000 Fcfa. Et le confrère de répondre que les services avaient pensé à un sabotage, avant de réaliser que les voitures ont été livrées avec des radiateurs vides.

Eliminatoires de la coupe d’Afrique des Nations 2012

« Je suis rentré au pays pour affronter le Togo », affirme l’international tchadien évoluant au club Espagnol de Barça, Mahamat Azarak dans une interview accordée au quotidien Le Progrès. Le journal rappelle que le 1er juillet 2010, les Sao du Tchad affronteront les Eperviers du Togo.

Des déguerpis jusqu’au-boutistes

N’Djaména bi-hebdo nous apprend que depuis le 7 juin dernier, les riverains de l’Avenue des 20 mètres en construction sont sans abris suite à leur expropriation liée aux travaux de bitumage et d’extension de ladite avenue. Les habitants expriment leur mécontentement parce que la mairie devait prolonger la nouvelle avenue par une emprise de 4m de part et d’autre en accord avec les riverains. Mais curieusement, les 8m ne concernent plus qu’un seul côté de la route. Les victimes d’Ardep-Djoumal et de Kabalaye ne comprennent pas s’il s’agit d’un déguerpissement ou d’une expropriation et entendent tout faire pour entrer dans leurs droits, souligne le reporter du bi-hebdo.

Il propose en dot son amende pour viol

Dans les coulisses du palais de justice, Le Progrès nous apporte une affaire pour le moins insolite. A l’audience correctionnelle et de simple police du tribunal de N’Djaména, le substitut du procureur de la République retient contre le prévenu J.P. dix huit mois de prison avec sursis et 50 000 FCFA d’amende ferme, pour détournement de fillette. En attendant le délibéré de l’affaire prévu pour la semaine prochaine, le prévenu a demandé que l’amende soit convertie en dot pour lui permettre de prendre la fillette comme épouse, souligne le quotidien.

Mbaïdedji Ndjénodji Frédéric
CEFOD