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Revue de presse de la semaine du 26 avril au 02 mai 2010

Le séjour parisien du président Idriss Déby Itno pour un check-up, les combats au sud-est du Tchad, la réouverture de la frontière entre Adré et El-Généïna, ainsi que le jugement des contrebandières, ont retenu l’attention de la presse tchadienne cette semaine.

Les canons tonnent à nouveau au Sud-Est du Tchad

N’Djaména bi-hebdo révèle que depuis le 24 avril dernier, de violents combats opposent l’armée gouvernementale au Front Populaire pour la Renaissance Nationale du Tchad (FPRN) d’Adoum Yacoub à l’est du pays. Le journal rapporte que l’aviation militaire a bombardé les positions rebelles. « Les combats ont été longs et pénibles. Il y a eu d’énormes pertes en matériels et en vie humaine », reconnaît le chef rebelle sur RFI et repris par le bi-hebdo. « L’Armée Nationale est allée chatouiller les rebelles. L’ANT cherche à s’implanter à Tissi », insiste le ministre de la Défense Nationale Wadal Abdelkader Kamougué, qui soutient que la situation est sous contrôle et les forces gouvernementales procèdent au ratissage des derniers éléments du FPRN « mis en déroute ».

A propos, Le quotidien Le Progrès de son côté, fait écho des « récits d’atrocités du FPRN », notamment le cas des rebelles qui violaient et pillaient les populations. Notre confrère cite le cas du village de Khor-Djahanam, situé à une cinquantaine de kilomètres de Tissi (région du Sila) et à 8 kilomètres du Soudan où les rebelles ont installé leur quartier général. Les imprudents qui s’aventuraient dans les domaines des rebelles sont abattus sinon on leur crevait les yeux, se plaint un paysan dans les colonnes du journal. A la dernière page notre confrère montre une vue de rebelles faits prisonniers ainsi les matériels de guerre saisis par les forces loyalistes.

Le quotidien revient dans sa parution du vendredi 30 avril et révèle que les rebelles se retranchent au Soudan. Le reporter, faisant partie de la délégation du ministre de la Défense descendu sur le théâtre des opérations, nous apprend qu’environ 150 rebelles sont tués et une soixantaine d’autres sont faits prisonniers. Au sein de l’armée nationale tchadienne, des militaires font état de trois morts et quelques blessés.

Idriss Déby Itno à Paris pour une opération chirurgicale

« Nos hôpitaux boycottés », titre l’éditorialiste de N’Djaména bi-hebdo qui rappelle qu’il y a fort longtemps, les Tchadiens n’ont pas eu droit à l’information sur l’état de santé du chef de l’Etat. Le week-end dernier, poursuit-il, un communiqué émanant du service de presse de communication de la présidence de la République vient combler ce déficit d’information. Ainsi les Tchadiens apprennent qu’en visite privée à Paris, ‘‘le chef de l’Etat fera un bilan médical et pourrait subir une opération du nerf radial, séquelle d’une ancienne blessure’’. Il est souhaitable que cette pratique de transparence sur la santé du président de la République qui vient d’être inaugurée soit encouragée jusqu’à la publication de son bulletin de santé, suggère éditoriale. Mais au-delà d’une belle opération de communication, relativise le bi-hebdo, ce communiqué de presse révèle à l’opinion que le chef de l’Etat tchadien ne se soigne pas dans les structures sanitaires de notre pays. « Aussi, est-il normal qu’après un demi-siècle d’indépendance, les Tchadiens aillent à l’extérieur pour des maladies qui ne nécessitent pas l’intervention des spécialistes ? », s’interroge-t-il.

Pour Le Temps, la direction générale de la communication de la présidence a réussi, à travers ce communiqué, à court-circuiter les rumeurs les plus alarmistes diffusées par des sites d’informations hostiles sur l’état de santé d’Idriss Déby Itno. Selon les spécialistes contactés par l’hebdo, une opération du nerf radial est banale et ne fait courir aucun risque au patient.

La réouverture de la frontière entre Adré et El-Généïna

Le reporter du Progrès relève que la réouverture de la frontière Tchad-Soudan a permis à la ville d’Adré de relancer ses activités commerciales, suspendues depuis le déclenchement de la crise du Darfour, en avril 2003. Notre confrère constate que ce dimanche 25 avril est marqué par l’entrée de plusieurs marchandises acheminées à Adré à dos d’ânes, de dromadaires et sur des charrettes. A la grande joie des populations.

12 femmes jugées pour délit de contrebande

« Des fraudeuses risquent un mois de prison », titre Le Progrès, montrant la photo des fraudeuses, toutes voilées, assises sur leurs marchandises saisies par la douane. Notre confrère rapporte quelques extraits croustillants de l’audience du 26 avril au tribunal de première instance de N’Djaména. « Mme, quelle est votre profession maintenant ? », demande la juge à l’une d’elles. « Je suis commerçante fraudeuse », répond-elle en Arabe local, provoquant l’hilarité générale dans la salle. Selon Le quotidien, les douze femmes déclarent, dans leurs dépositions, avoir perdu leurs maris dans la lutte pour la démocratie avec le Mouvement Patriotique du Salut. Et que l’activité de la fraude entre la ville camerounaise de Kousséri et la capitale tchadienne, est « légitime » pour elles de se prendre en charge et d’assurer la prise en charge de leurs enfants. Pour le ministère public, cité par le journal, ces contrebandières défient l’autorité de l’Etat, avec des parades à travers la ville, qui se soldent le plus souvent par des accidents mortels. « Nul n’est au-dessus de la loi », martelé le procureur de la République requérant contre chacune d’elles, un mois de prison ferme et 200 000 FCFA d’amende, conformément à l’article 403 du code douanier. Une première.

« La fin des intouchables ? », se demande Le Temps, saluant la sortie du ministre de l’Intérieur Ahmat Bachir contre les contrebandières. L’hebdo fait remarquer que ces fraudeuses, se croyant au-dessus de la loi, ont longtemps défié l’autorité de l’Etat et tiré vers le bas l’économie de ce pays. « Se couvrant ingénieusement du mensonge d’être qui, protégée de Hinda Déby, qui, l’envoyée de Haïga Déby, ces voleuses masquées qui agissent souvent au nom des dignitaires de la République, ont semé pendant longtemps la terreur en humiliant même des officiers des forces de l’ordre et tenu au respect certains cadre hauts placés », relève l’éditorialiste. Et de poursuivre que la fraude, pratiquée à grande échelle chez nous, est une véritable gangrène qui ruine notre pays. « Il est plus que nécessaire et urgent, que ceux qui dirigent ce pays, se débarrassent de certaines pratiques éhontées que sont la gabegie, la corruption, le favoritisme.. », chute-t-il.

Mbaïdedji Ndjénodji Frédéric

Revue de presse de la semaine du 26 avril au 02 mai 2010
jeudi 6 mai 2010, par Mbaïdedji Ndjénodji Frédéric

http://www.cefod.org/spip.php?article2417