Chers lecteurs et lectrices, vous êtes nombreux à me demander pourquoi la rédaction de Librafrique.com a publié l’article de Mr Enoch Djondang intitulé ''Offensives de la diaspora, mieux vaut tard que jamais! '' ? Pourquoi n’ai-je pas réagi jusque-là puisque je fais partie de la diaspora?
Ma réponse à la première question est simple : bien que je ne comprenne pas bien le message de Mr Djondang, je ne vois pas une seule raison sur laquelle la rédaction de Librafrique.com pourrait se baser pour censurer cet écrit. À moins que vous nous en fournissiez.
En ce qui me concerne, j’ai vu certaines personnes réagir à chaud et de manière émotive sans fauter nécessairement. D’autres attendent, avec calme et intérêts, de voir quelle lumière Mr Djondang voudrait nous faire voir dans son offensive contre les Tchadiens vivant à l’étranger. Je fais partie de cette seconde catégorie.
A propos de ce qui a été écrit, il n’ya pas tant que ça de profondeur pour s’en faire ou s’arracher les cheveux. Mr Djondang a dit autant de vérités que d’affirmations [contre la diaspora Tchadienne] objectivement indéfendables et invérifiables. Je vais donc poser des questions afin d’être éclairé.
Première remarque :
Mr Énoch Djondang écrit : ''L’expérience politique des ‘premiers ministres’ venus de la diaspora semble être des plus médiocres, selon l’homme de la rue, car ces personnalités, au départ présentées sous de bonnes augures, se seraient très vite montrés déconnectés des réalités tchadiennes et incapables d’y apporter des changements profonds ;''
Sur quelle étude menée par quel homme de la rue Mr Djondang se base-t-il pour affirmer que les premiers ministres issus de la diaspora, comparés aux autres, sont médiocres? Où sont les données de cette étude ? Sont-elles consultables ? Quels sont les critères d’appréciation ? Qu’est-ce qui différencie un premier ministre médiocre d’un autre meilleur ?
Puisque Mr Djondang désigne les médiocres, connaissant nommément tous les premiers ministres du président Idriss Deby Itno, leurs œuvres et vertu, peut-il nous désigner un seul, non issu de la diaspora, qui soit aujourd’hui un modèle au Tchad afin que nous apprenions les recettes de ce digne Tchadien ? On ne cache pas les meilleurs et il n’ya pas de raison d’être gêné de les citer. Dire '' voici des noms et des œuvres, finalement des faits '' me semble pertinent pour convaincre les sceptiques que nous sommes. Car, du point de vue de la pertinence, tout ce qui a été dit, sur la médiocrité des premiers ministres Tchadiens issus de la diaspora, est de basse amplitude.
Deuxième remarque :
''Les Tchadiens de l’Étranger n’ont rien fait pour avoir une bonne réputation vis-à-vis de leurs compatriotes de l’intérieur ; ils sont souvent assimilés aux faiseurs de guerre et de malheurs, et leurs phraséologies ‘pseudo-révolutionnaires’ sur le Net le prouve. Quand ils parlent de ‘martyrs’, la population entend plutôt par ‘autres bourreaux’, tellement ils ont pris en otage ce peuple et l’ont figé dans une logique interminable de querelles pour le pouvoir personnel et clanique à main armée ;''
Si vraiment, si franchement les Tchadiens de l’intérieur assimilent tous leurs compatriotes vivant à l’étranger à des faiseurs de guerres alors nous n’avons pas besoin d’aimables euphémismes pour dire que c’est une généralisation idiote et choquante! L’homme Tchadien de la rue, qui tente de faire entendre sa voix à travers certains canaux, m’inquiète parce que sa situation se détériore et des idées sottes submergent son esprit.
Que dire de cet autre point qui attire mon attention : ''[…] tellement ils ont pris en otage ce peuple et l’ont figé dans une logique interminable de querelles pour le pouvoir personnel et clanique à main armée […]'' Le ''ils'' ici est mis pour lesquels? Encore pour les Tchadiens de l’Étranger?
Tous ceux qui auraient injustement calomnié les teneurs du pouvoir d’avoir pris en otage le Tchad, d’après cette accusation, devrait se repentir puisque les vrais coupables des malheurs des Tchadiens viennent d’être démasqués : ce sont les Tchadiens de l’Étranger ?
C’est incroyable qu’on aille jusqu’à désigner les Tchadiens de la diaspora comme étant des preneurs d’otages et auteurs des malheurs du peuple Tchadien ! Je demande une confirmation de ce jugement. Je ne crois pas à ce qui est écrit.
Nous attendons des réponses aux nombreuses questions afin de nous assurer de la bonne compréhension de ce qui a été dit. Ensuite, nous répondrons si nécessaire.
Joe Al Kongarena, librafrique.com
