Le ton a été donné dès l’entame de la conférence publique qui avait pour thème « La Rose-croix, une voie de connaissance des temps modernes ». Un thème évocateur, au vu de la situation que traverse le monde en ce moment, marqué par des guerres, la crise de conscience, les catastrophes naturelles, la crise économique traduisant la faiblesse des systèmes qui régissent le monde. Le conférencier de la soirée, Jacques Sadreux, représentant du grand maître de la Rose-croix, S. Toussaint, et par ailleurs conférencier officiel de l’Université Rose-croix internationale, a d’abord dressé un tableau peu reluisant de la situation qui prévaut dans le monde et qui met l’Homme dans une situation où il « survit » au lieu de vivre. « C’est une technique généralement utilisée par les écoles ésotériques de partir du concret pour créer une certaine émotion auprès du public et attirer par là sa sympathie. Par la suite, vous vous laissez emporter par leurs discours et elles vous distillent à dose infinitésimale leurs doctrines », explique un cadre d’entreprise ayant anciennement flirté avec les mouvements ésotériques.
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« Le dérèglement de la société est à la base des différents maux que nous notons. Il faut insuffler plus de spiritualité aux Hommes, et placer l’Homme au centre de toutes les préoccupations pour insuffler beaucoup plus d’humanisme », expose Jacques Sadreux. Et de poursuivre que « Il ne suffit pas de croire en Dieu pour rendre l’Homme meilleur. L’appartenance des Hommes aux religions a souvent amené ces derniers à devenir des hâtés et d’aller chercher ailleurs ». Une position qui tranche net avec les enseignements des religions qui démontrent que l’Homme n’a de perfection qu’en Dieu. Pour ceux qui sont attachés au christianisme, ils savent qu’ils ne peuvent rien faire sans Jésus-Christ. C’est la pierre angulaire de tout bâtisseur, la principale de l’angle. Le clou est enfoncé lorsque le conférencier déclare que « la Rose-croix n’amène pas ses adeptes au salut ». Où les amène-t-elle ? « Comme la majorité des mouvements ésotériques, ils apprennent à leurs adeptes comment il faut maîtriser la matière. Ils les amènent à développer certaines capacités en eux qu’ils appellent des pouvoirs latents, car disent-ils, l’Homme est un Dieu », souligne un ancien membre d’une secte ésotérique.
Antéchrist
Pour les Hommes d’église, ces positions sont très graves et donnent une parfaite illustration de l’antéchrist. « Si un mouvement initiatique ne peut conduire ses adeptes au salut, à quoi leur sert-il donc ? L’impression qui se dégage est donc qu’il y aurait quelque chose d’autre qui se trame en dessous. Ces mouvements qui ne peuvent conduire les âmes au salut les conduisent certainement quelque part, à la damnation. Ou on sert le Dieu vivant, ou alors on sert le dieu de ce siècle qui véhicule les philosophies, les traditions antiques et autres. C’est de l’illusion pure et simple », explique un pasteur de la God service’s ministry. Pour lui, le simple fait que ce mouvement de la Rose-croix amène ses adeptes à développer leurs capacités naturelles pour affronter la vie est contre la Bible, la parole de Dieu révélée aux Hommes. « Jésus-Christ dit dans les évangiles que la chair ne sert à rien, et à quoi sert-il à un Homme s’il venait à perdre son âme ? Donc, ce qui compte pour l’Homme, c’est le salut de son âme et rien d’autre. Le reste n’est que superflu et perte de temps ».
Mais à la vérité, le conférencier Jacques Sadreux, en déclarant que la Rose-croix n’est ni une secte, ni une religion, a laissé planer le doute, surtout sur le caractère trouble que ce mouvement ésotérique peut jouer dans la stabilité d’une nation. Et ce surtout lorsqu’on sait que l’un des trois manifestes qui sous-tendent l’existence de la Rose-croix, la « Fama fraternitatis », s’adressait aux hommes politiques de l’époque. Que peut bien cacher sa présence au Cameroun à la veille d’importantes échéances électorales ? Même si ce dernier s’est refusé toute intrusion dans le champ politique, il reste à noter que certains de ses membres, environ 250 000 dans le monde et presque 2 000 au Cameroun, sont des acteurs politiques qui peuvent être amenés, à un moment donné, à prendre des orientations précises pour la survie du mouvement.
Par robert.ngono.ebode | Mardi 9 février 2010 | Le Messager
