13834555 views


Adoum Maurice Hel-Bongo : Le « baobab » est tombé ; c'est aux oiseaux de trouver son équivalent

L’écrivain et ethnologue malien Amadou Hampâté Bâ a vu juste lorsqu’il disait: « chaque vieillard qui meurt en Afrique est une bibliothèque qui brûle ». On ne le dira jamais assez. Ceci est valable, peut-être davantage, dans le cas du doyen Adoum Maurice Hel-Bongo.

L’annonce de son décès nous est tombée comme une massue sur la tête. Au Tchadforum, nous le savons souffrant mais nous ne nous attendons pas à ce que sa mort vienne aussi tôt. C’est dans la douleur que nous avons appris ce décès et nous n’avions pas de mot pour qualifier ce départ.
Adoum Maurice Hel-Bongo était un père, le grand-père, le frère et l'oncle que nous aimions tant qui est mort tôt un mardi matin chez lui à Onex.

Le « Vieux » comme nous aimons bien l’appeler, sera regretté à Onex (Suisse), au Tchad et partout en Afrique sans oublier ses nombreux amis du BIT.

A Tchadforum, nous avons perdu le centre irremplaçable de notre famille et aussi une lumière joyeuse de notre vie mais, sa foi, son optimisme et sa persévérance resteront à jamais dans nos cœurs.

« Papou» s'était fait le champion de la justice sociale, s'était attiré l'admiration de tous dans le combat sans trêve qu'il a mené contre l’injustice sociale et la mauvaise gouvernance du Tchad.

Souffrant et sur son lit, il nous lisait toujours et ne manquait jamais l’occasion de nous apporter ses conseils avec sa voix suave et douce.

Il aimait son pays et avait voué toute sa vie à le servir. La famille de l’opposition tchadienne a perdu un patriarche, le MDJT,une grande figure, la Société Civile Tchadienne un grand leader,le Tchad un patriote et la ville d’Onex un ami.

Adoum Maurice Hel-Bongo est devenu politicien depuis fort longtemps. De passage à Génève en 2006, je rendis visite à l'hopital d'ONEX à celui que j'appelais avec affection "Papou". Il m'accueillit de sa voix douce au débit lent, avec des mots toujours pesés et lourds. Je notai sa santé un peu défaillante lorsqu'il m'avait engagé dans une discussion politique. Je lui avais demandé d’abandonner la politique pour s’occuper de sa santé. Il m’avait répondu que je ne connaissais rien de la politique encore. Il m’avait dit que lorsqu’on y entre, on ne peut en ressortir aussi facilement.

Le doyen Adoum Maurice Hel-Bongo s’est battu pour la justice sociale au Tchad durant toute sa vie et notre devoir c’est de poursuivre son œuvre même si nous ne pouvons pas entrer dans ses chaussures.

En Afrique, ne dit-on pas que "les grands hommes, on ne les reconnaît généralement qu’après leur mort". Notre Doyen Adoum Maurice Hel-Bongo est un grand homme. C’était un éclaireur et il est temps de cesser de le pleurer et de reprendre son flambeau.

Chaque tchadien de sa carrure politique, de son expérience et de sa sagesse qui disparaît, est un pan important de notre combat pour la justice sociale qui disparaît avec.

En attendant de revenir plus en détail sur le parcours de cet illustre fils du Tchad, Tchadforum souhaite au défunt le repos éternel.

Tchadforum