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Bilinguisme au Tchad/Discours du Président

« Le paradoxe de Déby » titre en Une l’Observateur du 27 janvier. « Opération séduction » y va de son côté N’Djaména Bi-Hebdo du 31 janvier. Venus nombreux assistés à une marche de soutien pour la promotion de la langue arabe au Tchad, des élèves, étudiants et cadres arabophones ont remercié le président Idriss Déby Itno. Le président de la République en a profité pour « définir le fond de sa pensé » rapporte N’Djaména Bi-Hebdo. « Malheureusement, au contact de nos réalités quotidiennes, les adversaires de la promotion de la langue arabe, excusez-moi mes frères, ce sont les arabophones eux-mêmes. Les enseignants par exemple, refusent de rejoindre leurs postes d’affectation. Celles ou ceux qui sont dans la capitale refusent de dispenser les cours et se livrent plutôt à des activités lucratives » a déploré le chef de l’Etat.

Discours du Président

Mes Chers compatriotes,

Je vous salue. Votre mobilisation d’aujourd’hui, comme celles d’Abéché, Biltine, Massaguet, etc, est l’expression de votre foi en l’avenir de notre pays. Elle est surtout une réponse à mes vœux du nouvel an 2010. Je vous en remercie.

Dans mon message du nouvel an, j’avais déclaré : Le Français et l’Arabe sont les deux langues officielles consacrées par notre constitution. A ce titre, pour les intégrations à la fonction publique, les cadres arabophones doivent être traités comme leurs collègues francophones. Les cadres arabophones doivent accéder à toutes les fonctions administratives, politiques, scientifiques et universitaires, en un mot, parvenir à une intégration parfaite. Le Gouvernement doit y veiller.

Notre pays le Tchad a trop souffert des incompréhensions entre ses enfants. Je vous invite à la tolérance, à la paix et à l’amour du prochain.

L’arabe est une langue millénaire, une langue de culture, de science, une langue technique. Elle était utilisée par les savants. Je rappelle ici, les œuvres du savant arabe Abou Al Hassan Al Marrakusi du 7ème siècle sur l’astronomie et les sciences astronomiques. C’est dire que la langue Arabe a contribué énormément à l’essor et à la promotion de la civilisation et de la science.

Mes chers compatriotes,

La langue arabe est un patrimoine de notre société. Le Tchad a l’obligation de la promouvoir. Rappelez-vous des poèmes et des chansons des érudits arabophones comme Issa Moussa. Je tiens à préciser que la langue arabe n’a jamais été rejetée par vos compatriotes. Tout au contraire, elle est acceptée et est la langue de commerce et de transactions sur l’ensemble du territoire.

Le jeune tchadien de demain doit être parfaitement bilingue. D’où, l’obligation d’introduire dès cette année l’enseignement du français et de l’arabe dans tous les établissements publics et privés.

Mes chers compatriotes

Nous devons éviter de faire l’amalgame entre les genres. Il faut faire un distinguo entre la religion et la la langue. Bien que l’arabe soit la langue du saint Coran, vous ne devez pas confondre la religion et la langue arabe. Le Saint Coran est traduit dans de nombreuses langues, il en est de même de la Bible. Alors, à la religion ce qui est à la religion, au savoir ce qui est au savoir.

Mes chers compatriotes.

Malheureusement, au contact des réalités quotidiennes, les adversaires de la promotion de la langue arabe sont les arabophones eux-mêmes. Les enseignants, par exemple, refusent de rejoindre leurs postes d’affectation, ceux ou celles qui sont dans la capitale, refusent de dispenser les cours se livrant plutôt à des activités lucratives. Les écoles arabes sont fermées aux autres communautés tchadiennes non musulmanes.

Le contenu pédagogique de l’enseignement arabe n’est pas connu par les autorités qui ont en charge la formation. Les Arabophones ont abandonné cette belle langue entre les mains des idéologues qui en ont fait une arme politique. Vous devez prouver par vos qualités professionnelles que vous êtes des cadres, des intellectuels. Et, je sais que vous avez la compétence.

De tout ce constat, je vous invite à promouvoir le bilinguisme. Prenez vos responsabilités, c’est à vous qu’incombe cette charge. Mais cela ne veut pas dire que vous devez rester fermés aux autres langues comme l’anglais. De la même manière, je demande à mes compatriotes Francophones comme Arabophones de s’ouvrir à d’autres civilisations.

M’adressant aux fonctionnaires arabophones, Je les enjoins à regagner leurs postes d’affectation et leurs postes de travail. C’est la seule manière pour vous de rendre service à votre nation.

Je réitère mon appel à l’intégration totale et à l’unité de tous les fils et filles du Tchad, qu’ils soient arabophones ou francophones. La langue ne doit pas être une source de division mais plutôt une richesse pour développer notre pays.

Je vous remercie.

http://www.cefod.org/spip.php?article2295