Cela fait quelques années que vous avez quitté le Faso pour la France. Comment se porte Frédéric Guirma ?
• Je me porte bien.
De la politique au business, il n’y a qu’un pas, que vous avez allègrement franchi, puisque vous évoluez à présent, semble-t-il, dans les affaires ...
• Je n’évolue dans aucune affaire. En fait, ce que vous avez dû entendre est ce qui suit : des Guinéens avaient pensé au moyen de faire baisser le prix du riz en Guinée. Et croyant avoir l’appui du président Lansana Conté, eux, qui ne connaissaient pas exactement les influences parallèles, m’avaient contacté pour leur trouver du riz. C’est un ami coréen qui leur a proposé ce riz, lequel débarqué à Conakry allait coûter le quart du prix sur le marché. Mais voilà, dès qu’il s’est agi de conclure, la Guinée ne pouvait pas y faire face, car n’ayant pas beaucoup de devises. La lettre de crédit a posé un problème. Et c’est à ce moment que les amis guinéens se sont aperçus que le clan des affairistes qui gravitaient autour du président Conté avait bloqué toute facilité d’effectuer une telle opération. Tout a donc capoté alors que, si la transaction avait réussi, il n’y aurait pas eu les émeutes de la faim sous Conté. Cela dit, à Paris, je meuble mon temps en écrivant.
Vous suivez également l’actualité politique du Burkina...
• Oui, et je trouve que le pays va très mal : le Burkina va vers un éclatement, qui sera catastrophique, plus catastrophique que dans certains pays.
De la dernière présidentielle de 2005, vous n’étiez pas. Blaise a été réélu. A votre avis, qu’est-ce qui fait la force de celui qui gouverne le Burkina depuis plus de 20 ans ?
• Je l’ai dit en 1998 et j’avais expliqué que c’est cette raison qui justifiait ma candidature. J’avais dit qu’on croyait avoir démocratisé le BF, alors que nous sommes toujours dans un régime d’exception avec un gant de velours. J’avais dit aussi que la terreur existait encore, mais à l’état de latence. En cas de besoin, cette terreur se manifestera.
Vous ne répondez pas à la question...
• La force de Blaise, c’est la terreur. Son régime est un régime d’exception. La preuve est la suivante : l’armée nationale ouvre les prisons et en fait sortir les malfrats et les assassins, fonce sur le siège de la police nationale, comme l’armée israélienne bombarde les quartiers du Hamas. Est-ce que cela est normal ? Tout cela, pour dire que le Burkina n’est pas une République : prenez la Constitution ; il y a un article qui dit : “Le Faso est la forme républicaine de l’Etat”. Qu’est-ce que c’est que ce charabia, ce volapuk ? Mettez-vous au soleil ou sous la lumière, regardez votre silhouette, c’est bien votre forme, mais est-ce vous ? La forme n’est pas la réalité de la chose. Le Faso, c’est une ambiguïté, qui permet tout. Dans le Burkina actuel, nous sommes dans un non-Etat, il y a un pouvoir qui ne s’occupe de rien.
Blaise a pourtant été réélu...
• C’est une réélection bidon. En 1998, j’ai bien vu comment se sont passées les élections. La première élection en 1991, où personne n’a voulu se présenter contre lui, j’étais là aussi. Tout est bidon. Le CDP a mis en place un système de fraude et de highjaking (kidnapping) qui fait que l’élection ne veut rien dire.
Vous niez le fait que le CDP, qui soutient Blaise, soit électoralement installé partout ?
• C’est ça, le problème. Qui va au CDP va à la soupe. Mais les gens ne savent pas qu’entrer manger au moment des élections et prendre le bulletin de Blaise pour, ensuite, se retrouver dans la mouise et la merde comme aujourd’hui, il faut choisir, et il est temps de le faire.
Et quelle est la faiblesse de ceux qui veulent le déloger de Kosyam ?
• La faiblesse des opposants à Blaise ? C’est que ces gens- là n’existent pas ! Oui, les opposants n’existent pas au Burkina Faso. J’avais déjà dit, en 1998, que le G-14 était un regroupement de politiciens dont certains en voulaient à Blaise de ne les avoir pas embarqués dans son bateau, les sankaristes notamment, et les autres, des opportunistes qui avaient composé avec Blaise et qui ont été largués par la suite. Et la crise qu’ils avaient voulu avoir en 98, en menaçant de boycotter la présidentielle, allait être une crise institutionnelle stupide, sans objet. Moi, je ne suis pas un politicien, mais un homme politique, un homme d’Etat. Quand on ouvre une crise, on doit avoir un but, des valeurs. Mais quelles sont les valeurs de ces gens-là ?
Il y a des opposants à l’Assemblée, et ceux extraparlementaires...
• Il n’y a pas d’opposition justement. Je vois que vous n’avez pas compris le jeu du CDP. En 1999, quand Yéro Boly manipulait les partis, cassait les partis... c’était en vue de préparer les législatives. Et c’était le CDP qui choisissait dans l’opposition qui devaient être élus. Il mettait au placard les autres. Après, vous avez vu ce qui se passait. A l’Assemblée, on distribuait 3 millions à chaque député pour les fêtes, et même Laurent Bado a touché cet argent.
Le 10 novembre 2010, il y aura la présidentielle. Pensez-vous que les opposants peuvent inquiéter Blaise Compaoré, dont la candidature ne souffre d’aucun doute ?
• Mais quels opposants ? Je vous dis qu’il n’y a pas d’opposition au Burkina. C’est cela, le malheur de ce pays. Comme l’a dit Ablassé Ouédroago, dans une interview, le malheur de ce pays se ramène aux 3 M : “médiocrité, méchanceté et mesquinerie”.
Les affidés de Blaise Compaoré sortent peu à peu du bois pour épiloguer sur une éventuelle modification de la Constitution, notamment sur l’article 37, portant sur la limitation des mandats. Que pensez-vous de ce débat, qui fera polémique bientôt ?
• Je pense qu’ils agissent en cancres politiques. Pour la simple raison que ces gens croient que les Burkinabè ne mûrissent pas politiquement. En fait, changer l’article 37, pour que Blaise puisse se représenter indéfiniment, cela signifie une chose : le pouvoir de Blaise l’a piégé, l’a condamné à rester indéfiniment au pouvoir. A force de ne pas vouloir solutionner les problèmes dans le sens de la réconciliation nationale, et dans le sens qui calme le cœur des gens.
Il y a eu, le 30 mars 2001, la Journée nationale de pardon. Vous n’y étiez pas...
• Bidon ! Qui a été le thuriféraire de cette journée ? N’est-ce pas Hermann Yaméogo ? Hermann qui criait que l’affaire Norbert Zongo était l’affaire des gens du Boulkiemdé. Norbert étant originaire de cette région, il fallait que justice se fasse. Et “Pidigempa”, comme disent les gens de Koudougou, Hermann se retrouve le grand ordonnateur de cette prétendue Journée nationale de pardon. Qui a été pardonné ce jour-là ? Je connais par exemple celui qui a mis des preuves dans le plafond de Didier Tiendrébéogo, l’un des 7 conjurés de 84, exécutés par le CNR, pour l’accabler. C’est l’une des raisons qui font que je ne pouvais pas être dans le G-14.
Cette journée a concerné tout ce qui s’est passé de 1960 aux années 2000.
• Moi, je ne suis toujours pas réhabilité, je n’ai toujours pas mes droits. Parce que j’ai refusé d’entrer dans le gouvernement pour étouffer l’affaire Norbert Zongo.
Quelle gouvernement ?
• Celui de large ouverture, pardi ! J’avais donné mes conditions :
premièrement, que justice se fasse sur l’affaire Norbert Zongo, quitte à ce qu’on voie comment trouver le moyen de se pardonner ;
deuxièmement, qu’on me règle mes droits ;
troisièmement, qu’on accepte une partie de mon programme politique.
Concernant votre éventuelle entrée dans le gouvernement d’union, d’autres ont une toute autre lecture : on n’a pas voulu de vous, au contraire, car vous n’avez pas l’esprit collégial et risquiez de vous désolidariser des autres membres du gouvernement...
• Ce sont des imbéciles qui ont raisonné comme cela. Je suis un irresponsable, moi ? Ceux qui ont raisonné comme cela sont des filous politiques.
Dans la même veine, le 8 juillet 2009 dans l’Observateur paalga, Salif Diallo, l’actuel ambassadeur à Vienne et ex-vice-président du CDP chargé de l’orientation politique, a préconisé l’avènement d’un régime parlementaire et des législatives anticipées. Que dites-vous de cette sortie ?
• J’espère que cette affaire n’a pas fini de faire parler d’elle. Parce que, quand j’ai lu l’interview de Salif Diallo, j’y ai vu deux problèmes : 1) L’aspect administratif et déontologique. Si Salif m’avait consulté, moi, le premier ambassadeur du BF, diplomate avant les indépendances, nommé par De Gaulle, je lui aurais déconseillé de faire cette déclaration. S’il voulait la faire, la déontologie et la profession lui faisaient obligation de démissionner avant. Et il fallait un endroit neutre pour la faire. Salif ne l’a pas fait, parce qu’il ignorait tout cela. Il ne suffit pas d’être nommé ambassadeur pour être diplomate. Il faut en connaître le métier.
Ce qu’il a fait, administrativement, est de la forfaiture. Il se dit révolutionnaire ; si c’était à Cuba, il aurait été fusillé pour haute trahison. Car l’ambassadeur est le représentant personnel du chef de l’Etat auprès du chef de l’Etat où il est accrédité. C’est l’homme de confiance du chef de l’Etat. Si, de là où il représente Blaise, il dit que son régime est bidon, non démocrate, monarchique... c’est grave. Et je suis étonné que Salif soit toujours à son poste. Il s’est décrédibilisé à Vienne pour avoir fait cette déclaration en tant qu’ambassadeur. 2) L’aspect politique : sa sortie met du baume dans mon cœur. Parce que les Sénégalais ont un proverbe qui dit : “Laissez mouton pisser, Tabaski viendra”. Tabaski est là. Ils m’ont fait toutes ces misères-là pour qu’en définitive Salif dise ce que je n’ai cessé de dire. Depuis qu’ils ont commencé à mettre en œuvre leur démocratisation, vous verrez que j’ai tout dit. Vous voyez que même Norbert a écrit des choses, il l’a payé de sa vie. Ce que Salif a fait est une révolution. Résumons ce qu’il a dit :
le régime de Blaise est mort ;
le régime du CDP est mort.
Or, comme disent les Mossis, un mort, on l’enterre totalement, sans en laisser les pieds dehors. Mais comme Salif est un politicien du CDP, mais pas un homme politique, il ne s’est pas élevé à la stature d’un homme d’Etat pour proposer des solutions qui puissent régler certains problèmes. Par exemple, il faudra rétablir la police et la gendarmerie dans leur dignité. Je suis aussi content de cette sortie de Salif Diallo, car il met le nez de Jean Gullon (NDLR : lobbyiste du Burkina en France) dans le “C.C”. C’est l’homme de la Françafrique au Burkina. Il intoxique beaucoup les esprits à Paris avec le Fasofax, qui fait le griotisme de Blaise. Il donne l’image d’un Blaise parfait. Les relations avec la France doivent devenir saines.
Parce que ce n’est pas le cas ?
• Non. J’aime trop la France pour que, dans le futur, il y ait un divorce d’avec le BF.
• Régime parlementaire avec 250 partis politiques ? Régime parlementaire dont le chef de l’opposition a rejoint le gouvernement ?
Vous faites erreur, car, actuellement, le chef de file de l’opposition est maître Sankara, qui n’a jamais rejoint le gouvernement...
• Me Sankara a participé à la Révolution. A son sujet, Me Sankara veut faire un procès à Blaise sur l’assassinat de Thomas Sankara. Moi, je souhaite que ce procès ait lieu. Si ce procès a lieu, on va prouver que Thomas Sankara a assassiné des gens lui aussi. Ces derniers et leurs familles demandent justice également. Vous voyez, c’est du “Baniga” du même sac. Un régime parlementaire ne peut pas se faire au Burkina Faso comme Salif le souhaite. Et dissoudre l’Assemblée pour organiser des législatives anticipés ne servirait à rien.
On aurait exactement la même Assemblée nationale avec des gens désignés par le CDP. Cela servirait à quoi ? Assez duré, maintenant, c’est le CDP qu’il faut dissoudre”. Il faut que ce pays-là comprenne que c’est le CDP qu’il faut dissoudre, car c’est le chancre du Burkina. C’est ce parti qui a gâché toutes les valeurs politiques, tout le sens de la politique dans ce pays. Il faut une révolution, qui peut se faire de manière douce, qui ne torde ni le cou ni le bras à personne. Sinon ça va craquer.
Voyons la sous-région, où une sorte de tourmente s’est emparée de plusieurs pays : Mauritanie, Guinée, Niger... le pouvoir kaki est de retour et La Baule est morte et enterrée...
• Ne parlez pas de La Baule, car François Mitterrand n’avait pas su prévoir la chute du mur de Berlin. Avant le discours de La Baule, il y avait d’autres qui tenaient le même langage, qui disaient que le parti unique n’a plus droit de cité. Je me souviens de ce que j’ai écrit à l’époque : “Pour une régénération nationale dans la réconciliation”. Je proposais un processus de démocratisation après la révolution que nous avons connue. Laissez la France de côté dans tout cela. Pourquoi le pouvoir kaki revient ? Parce que les civils n’ont jamais eu de principes. On ne peut pas faire de la politique pour faire de la politique, mais on la fait sur la base d’un certain nombre de valeurs. Ce qui n’a jamais existé en Afrique. Ici on gouverne sans feuille de route.
• Ce président est un regressiste. Il faut qu’il parte. Les Français et la communauté internationale nous ont dit une chose : “Plus de coup d’Etat en Afrique”. Apparemment, cela nous aide, mais c’est perfide. Comment, eux, Français, ont pu évoluer vers la démocratie ? Tout simplement par leur révolution. Prenons l’Amérique : vous savez que Bill Clinton a failli être renversé à cause de l’affaire Monica Levinski. Chez nous, le président fait tout ce qu’il veut et il n’y a aucun pouvoir pour le faire partir. Regardez au Kenya : le président a été battu ; pour ne pas partir, il appelle sa tribu qui a fait des massacres. Au Zimbabwe, il y a Robert Mugabe ; que faire de lui ? L’Europe et la France sont hypocrites à notre égard. Il faut que les Africains réalisent qu’il ne faut pas condamner le coup d’Etat, mais le tripatouillage des Constitutions.
La Côte d’Ivoire est aussi dans la tourmente depuis 10 ans et tente d’en sortir. Comment jugez-vous cette crise, où le Burkina est impliqué dans la médiation ?
• La crise en Côte d’Ivoire s’explique par le comportement des politiciens. Lorsque les militaires ont pris le pouvoir en 1999, au lieu de les condamner, il fallait les accompagner ; les aider à réussir la transition, à aboutir à une Constitution qui ne parle pas d’Ivoirité, il fallait éviter une Constitution d’apartheid. On les a condamnés, on a dit qu’il faut des élections ; or celles-ci ne sont pas la panacée. Elles ne solutionnent pas les problèmes structurels. La solution, pour moi, la voici : je vais vous confier un secret : avant que Chirac parte, il avait décidé déjà de la manière dont la Côte d’Ivoire devait retrouver la paix. Mme Michel Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, a dit ici à Ouagadougou, à l’ambassadeur de France, que le choix de la France est fait : il faudra garder Laurent Gbagbo, qu’on fasse des élections, il va les gagner, qu’on pousse Guillaume Soro, et après ce mandat de Gbagbo, Soro montera. Ce qui mettait Alassane Dramane Ouattara et Bédié dehors.
Vous avez des preuves de ce que vous avancez ?
• Oh ! J’ai de longues oreilles, je ne dis jamais rien sans savoir. Sarkozy est arrivé, il a hérité de la politique de Chirac. Et la situation en Côte d’Ivoire a changé. Il y a des promesses de salaires non tenues. Je connais la classe politique ivoirienne, en particulier ADO. Alassane Dramane Ouattara a fait ses études primaires à Tengrela (Banfora), puis sa première partie du BAC au lycée Ouezzin-Coulibaly, la 2e au Zinda. Arès son BAC, il était sans bourse. Moi, ambassadeur aux USA, j’ai réussi à obtenir 250 bourses pour la Haute-Volta. Mais le gouvernement voltaïque a refusé. Finalement, les Américains sont venus sur place. ADO et Arba Diallo ont bénéficié de ces bourses plus deux autres Voltaïques dont j’ai oublié les noms. Je me souviens que lorsqu’ils sont arrivés à New-York, ils logeaient à l’hôtel Aldruin. Je leur ai fait même avancer à chacun 400 dollars, car ils n’avaient pas touché leurs bourses. Bédié, qui y était comme ambassadeur, a remarqué ADO et lui a proposé une bourse, qu’il a refusée... Alassane est ensuite allé à la BCEAO comme cadre, ensuite au FMI, puis est retourné à la BCEAO au nom de la Haute-Volta. Sur ce poste à la BCEAO, je voudrais dire qu’en fait, la Haute Volta n’avait pas un cadre de ce profil. On a donc appelé Lamizana pour lui dire qu’on avait besoin du fils du chef de Tengrela. “C’est un Ouattara”, Lamizana a alors répondu : “An ka dé lo !”. La Révolution est venue déloger Ouattara de la BCEAO, et le FMI l’a récupéré comme Directeur-Afrique. A la mort du gouverneur Abdoulaye Fadiga de la BCEAO, il lui succédera, et après, Houphouët, qui avait des problèmes avec son café-cacao, l’a appelé comme Premier ministre pour redresser la situation.
Il y a une présidentielle qui s’annonce dans ce pays...
• L’élection n’est pas la solution en Côte d’Ivoire. On élit pour faire quoi ? Pour satisfaire les populations. Or à ce niveau, il y a des problèmes.
En Guinée aussi, des militaires se sont installés à la tête du pays, et comptent y rester un bout de temps. Ça commence à bien faire...
• En Guinée, si le capitaine Dadis n’avait pas pris le pouvoir et si on avait voulu suivre la légalité constitutionnelle, on allait rester dans la m... Les civils allaient perpétuer le régime Conté. Le pays devrait se mettre d’accord avec Dadis, ne pas parler élection, et parler principes, valeurs... ensuite, demander l’aide à la communauté internationale pour les encadrer, afin de camper la démocratie et de sortir la Guinée de la culture de la violence, qui date de Sékou Touré.
Les Forces vives guinéennes disent qu’on ne peut pas travailler avec Dadis parce qu’il ne tient pas parole....
• C’est parce qu’il a été harcelé. Après son coup, la communauté internationale a brandi la légalité...
Mais il y a eu la tragédie du 28 septembre 2009...
• C’est vrai, car à force de jeter l’huile sur le feu, on arrive à des actes incontrôlés. Ce n’est pas la première fois que des massacres surviennent en Guinée. Actuellement, les opposants disent que Blaise a pris parti pour Dadis. Mais si ce n’est pas Dadis, qui va présider cette transition ? Alpha Condé ? ou qui ? Peuvent-ils contrôler une armée qui n’en est pas une ? Une bande de gens habillés en soldats mais qui n’ont pas le cœur de militaires. Lansana Conté avait laissé pourrir les choses. Moi, je ne donne pas tort à Dadis. Il faut l’encadrer et aider à camper la Guinée dans la démocratie.
Comment appréciez vous les médiations de Blaise, qui est en passe de devenir docteur ès crises ?
• D’abord, Blaise ne deviendra jamais docteur ès crises. Il n’aura même pas le certificat d’études primaires élémentaires ès crises. Pourquoi ? Parce que toutes ses médiations ne mènent nulle part. Ça se termine toujours en dialogue de sourds. Eyadéma a essayé en Côte d’Ivoire et n’a rien obtenu parce que si cela devait se résoudre, cela allait porter préjudice à son pouvoir. Thabo M’beki a essayé, d’ailleurs je n’ai jamais vu un chef d’Etat aussi nul que lui, et a échoué. Blaise, s’il veut régler le problème guinéen, doit tâcher de convaincre les opposants que l’élection n’en sera pas la solution.
Envisagez-vous de redescendre dans l’arène lors de la présidentielle de 2010 ?
• Je n’en sais rien encore
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
Par : lobservateur
jeudi 3 décembre 2009
http://www.lobservateur.bf/spip.php?page=article_archive&id_article=1294...
