Le léger remaniement ministériel, la disparition de l’ancien président de la République Félix Malloum, et bien d’autres sujets ont été abordés par la presse tchadienne.
Remaniement ministériel
Selon Le Temps, le 5 juin dernier, le fait majeur du léger réaménagement du gouvernement de Youssouf Saleh Abbas est l’éjection du général Mahamat Abadallah Nassour qui occupait le ministère des Mines et Géologie. Selon plusieurs sources, écrit le journal, il serait pressenti pour assumer d’autres responsabilités.
N’Djaména bi-hebdo relativise en affirmant que le départ de ce général, membre du sérail, ne surprend pas. Très affaibli par la maladie après les combats des 2 et 3 février 2008 de N’Djaména où il était le commandant des opérations à la tête des forces loyalistes, le général Ali Abdallah Nassour était compté parmi les ministres les moins productifs. Même si par fantasme certains N’Djaménois ont attribué son départ du gouvernement à sa probable intelligence avec l’ennemi, la rébellion armée, Mahamat Ali Abdallah Nassour n’appartient pas au clan qui combat le régime de Déby Itno. Les deux nouveaux qui font leur entrée sont respectivement Moctar Moussa et Ahmat Karambal.
« Remaniement, du badigeon », estime de son côté l’éditorialiste de L’Observateur qui affirme qu’au-delà de l’éviction de Mahamat Ali Abdallah, ce qui cloche, c’est la cadence avec laquelle interviennent ces remaniements. Le dernier remaniement ne remonte qu’au 23 mars 2009. A ce rythme d’un remaniement par trimestre, le temps des passations de service et vous voilà sorti par l’autre porte. Derrière toutes ces ballades des ministres d’un poste à un autre, c’est à peine s’ils ont le temps d’ouvrir un dossier, ce qui explique que bien de projets croupissent dans les tiroirs.
A la découverte du bassin pétrolier de Bongor
Tchad et Culture consacre un dossier de huit pages au bassin pétrolier de Bongor. Lorsqu’on parle de pétrole tchadien, l’on a d’abord à l’idée celui du bassin de Doba en exploitation en 2004, écrit le journal. Mais un second bassin, non moins prometteur, celui de Bongor, connaît des travaux déjà très avancés. Notre confrère rapporte que le 13 août 2008, le ministre du pétrole, Mahamat Nasser Hassan, annonçait la découverte en mai 2008 du brut léger, 47° API similaire au brut de Sédigui (Lac Tchad) dans le Bassin de Bongor par la société chinoise CNPC. Toutefois par rapport aux droits des populations, le journal relève que les lamentations commencent avec le lot de déguerpissement, non-emploi des autochtones dans les travaux, manque d’intervention dans les structures communautaires de développement de la localité, etc. Tchad et culture s’est appesanti sur les conditions de travail rendant les travailleurs vulnérables et la difficile question d’accès à l’information auprès de la compagnie chinoise.
L’opposant centrafricain le Colonel Massi cueilli à N’Djaména
L’Observateur nous apprend que le colonel Massi est actuellement écroué à N’Djaména depuis une dizaine de jours où il attend d’être jugé. ‘‘M. Charles Massi sera jugé pour infiltration frauduleuse dans notre pays et pour tentative de déstabilisation d’un pays voisin, propos du ministre tchadien de l’Intérieur, Ahmat Mahamat Bachir, repris par l’hebdo.
Heureux qui comme les députés tchadiens
C’est le titre en pages intérieures de Tchad et Culture qui constate que dans l’histoire politique du Tchad, les députés actuels sont les plus veinards de tous ceux qui se sont succédé à l’hémicycle. Pour une législature de 4 ans, s’étonne-t-il, nos ‘‘représentants’’ s’acheminent vers leur huitième année. Le journal fait observer que ces 155 députés dont le mandat a été déjà prorogé par deux fois, viennent de bénéficier d’une dotation de véhicules 4X4 chacun. Et de se demander tant de bonus et d’avantages pour quel travail de représentation du peuple, surtout que beaucoup d’entre eux font de la figuration à l’hémicycle ?
Mort de Nguémadji Djimasngar, rédacteur en chef de Notre Temps
Notre Temps consacre sa Une pour rendre hommage à son rédacteur en chef, Nguémadji Djimasngar, fauché dans un accident de circulation. Le confrère a été fauché à la fleur de l’âge, à 33 ans, par un véhicule qui a pris fuite.
Télévision tchadienne sur satellite : pour quelle image du Tchad ?
Telle est l’interrogation que se pose Tchad et Culture dans sa rubrique société. Depuis la mise en service de la télévision nationale en 1989 et malgré la mise sur satellite de la télévision et de la radio nationale en décembre 2008, la qualité des produits ne s’est pas améliorée, constate le journal. Quelle image du Tchad veut-on promouvoir à l’extérieur, se demandent certains analystes. « Je ne laisse pas mes enfants suivre la télévision tchadienne. Elle montre parfois des images de guerre », se défend une militante des droits de l’homme. Le mensuel décrie entre autres, un programme jugé rébarbatif, une mauvaise gestion du personnel, un personnel peu qualifié et des projets jamais réalisés.
La mairie rase le quartier Jardin d’Essai
L’Observateur rapporte que le quartier Jardin d’Essai, dans le 1er arrondissement de N’Djaména a été rasé par les bulldozers, ce, en dépit de la décision de la justice intimant au maire de surseoir à cette opération. Zen Bada vient une fois de plus défier les hommes en toge. Ce vendredi, les habitants de ce quartier, réputés pour leur insoumission, ont dû céder.
Dr Grâce Kodindo honorée par un prix au Danemark
‘‘Dr Grâce Kodindo gagne la ‘‘Torche du millénaire’’, jubile N’Djaména bi-hebdo, publiant la photo de la lauréate, recevant la Torche du millénaire, des mains de la ministre danoise du Développement et de la coopération, le 4 mai 2009. Cette distinction est attribuée aux femmes et aux hommes dévoués à la cause, notamment, l’objectif 3 des Objectifs du millénaire pour le développement intitulé ‘‘Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes’’.
Tchad-FMI : un appel au ressaisissement
C’est le titre emprunté à la revue Tchad et Culture, revenant sur les conclusions de la mission de la délégation du FMI au Tchad, le 15 avril 2009. Le confrère souligne qu’au-delà des exigences consignées dans le mémorandum de politiques économiques et financières rendu public, c’est une véritable sonnette d’alarme qui devrait logiquement inciter les autorités tchadiennes à changer fondamentalement leur perception du développement économique et social du pays. Les mesures à court terme sont entre autres, rapporte le mensuel, l’élaboration d’un collectif budgétaire compte tenu de la forte baisse des recettes pétrolières en 2009 et du lent redressement des prix du pétrole qui est prévu en 2010 et au-delà. Le journal cite une autre étude diagnostique de l’intégration commerciale (Diagnostic Trade and Integration Study, janvier 2007), qui constate que le climat des affaires est délétère ; la qualité de la gouvernance pose des problèmes à tous les niveaux de l’Etat. Et Tchad et Culture de chuter que ceci est un extrait d’un tableau bien sombre qui nécessite des mesures courageuses. Le corriger, nécessite un changement profond dans nos manières de faire, ajoute-il.
Mbaïdedji Ndjénodji Frédéric
CEFOD
Semaine du 08 au 14 juin 2009
jeudi, 18 juin 2009 / Mbaïdedji Ndjénodji Frédéric
http://www.cefod.org/spip.php?article2120
