18785837 views


TCHAD : GESTION DE L’ETAT & CRISES POLITIQUES: COMMENT EN EST-ON ARRIVE LA ?

DES PISTES DE SOLUTIONS
Par Caman Bédaou Oumar
(Conférence-débat tenue le 12 juin 2009 au
Centre Culturel Baba Moustapha, N’Djaména)

LEXIQUE
Gestion : action ou manière de gérer, d’animer, de diriger, d’organiser quelque chose.
Gérer : administrer des intérêts, une entreprise etc. pour son propre compte ou pour le compte d’autrui.
Etat : entité politique constituée d’un territoire délimité par des frontières, d’une population et d’un pouvoir institutionnalisée. Il personnifie juridiquement la nation
Crise : phase difficile traversée par un groupe social
Politique : (adj) relatif à l’organisation du pouvoir dans l’Etat, à son exercice.

La cuvette tchadienne durant la Période précoloniale

Frontières définitives en 1935!

L’histoire politique du Tchad était essentiellement marquée par quelques faits :
 la période précoloniale
 la conférence de Berlin du 15 novembre 1884 au 26 février 1885
 l’occupation coloniale à partir de 1900
 la lutte pour l’indépendance de 1946 à 1958
 et la conquête du pouvoir de 1958 à 1960.
 La gestion de l’Etat indépendant.

Durant la période précoloniale, le territoire comportait :
• Le Royaume du Kanem-Bornou
• Le Royaume du Baguirmi
• Le Royaume du Ouaddaï
• Des Micro-Etats

La bataille de Kousserie eut lieu le 22 avril 1900 entre les colonnes Fourreau-Lamy et les troupes de l’envahisseur soudanais Rabah

Portrait de Rabah [Même itinéraire, même combat ? ndlr]

La PERIODE PRECOLONIALE
• La conférence de Berlin, tenue du 15/11/1884 au 26/02/1885 entre les puissances de l'époque, dont l'objet était le partage de l'Afrique, avait dans ses conclusions, décidé que « seul l'exercice de l'autorité était un droit de possession ».
• Ce principe déclencha une course contre la montre des corps expéditionnaires armés. C'est le cas dans le bassin tchadien où Français, Anglais et Allemands avaient délimité des zones d'influence à conquérir.
• Pour la France, la jonction entre l'Algérie et le Congo demeurait une priorité d'où l'importance de disposer d'une passerelle : Le Tchad.

La PERIODE COLONIALE
• La Constitution de 1946 crée l'Union Française, qui modifie le statut des colonies. L'«Empire» devient l'«Union Française», et les «colonies» des «départements et territoires d'outre-mer».

Général De Gaulle Félix Eboué L’Assemblée territoriale

La LUTTE POUR L’INDEPENDANCE
• 1946 : Création du RDA par Houphouet Boigny
• 1947 : Création du PPT par Gabriel Lisette.
L’objectif était commun : vaincre le colonialisme et le mot d’ordre « plus de chef, plus d’impôt ». Aucune coloration régionalisme ou confessionnelle n'était perceptible
• 1947 : Création de l’UDT sous l’instigation du Gouverneur Rogué
• 1948-49 : Création des syndicats, tous affiliés à la CGT
• 1949 : Révocation de Tombalbaye de ses fonctions avec suspension de salaire après incidents de Moundou et Doba.
• 1950 : Annonce de la tenue du Congrès International du RDA au Tchad.
• 1950 : Tenue du Congrès statutaires du PPT et Bureau Politique avec 16 membres dont :
 Zone sud : Tombalbaye
Zone nord Mahamat Bourma Senoussi
 Section femmes : SG : Yeyonne Lisette –
Zone sud : Kaltouma Nguembang –
Zone nord : Hadjé Halimé
• 1950 : le Parti Socialiste des Indépendantistes Tchadiens (PSIT) par Ahmed Koulamallah.
• En 1953, le PSIT devient le Mouvement du Salut Africain (MSA).
Le 23 juin 1956 fut promulguée la loi cadre de Gaston Deferre. Celle-ci modifie le statut des colonies d'Afrique Noire : elle accorde le suffrage universel aux populations
• La Constitution de 1958 transforme l'Union Française en une «Communauté Française» et donne leur autonomie aux colonies.
• Après le référendum de 1958, l’Union Nationale Tchadien (UNT) est créée sous la direction de Ibrahim Abatcha, Mahamat Abba et Aboubakar Djalabo.
• Donc de scission et en scission, l’Association Sociale du Tchad (AST) et le Groupement des Indépendantistes Ruraux du Tchad (GIRT) s’édifieront sur les décombres de l’UDT, deux partis implantés dans le nord du pays et dans le Mayo-Kebbi.
• 28/09/58, OUI pour le référendum sur l’auto-détermination des territoires d’Outre-Mer
• Avec l’application de loi cadre de 1958, le Tchad devient une République le 28/11/58.
• Le 16/11/58, Gabriel Lisette, premier ministre, forme le premier gouvernement provisoire.
• Sahoulba Gontchomé (GIRT) succède à Lisette le 13/02/59
• Koulamallah (MSA) devient chef du gouvernement le 13/03/59
• Tombalbaye (PPT) devient chef du gouvernement le 24/03/59

Gabriel Lisette Sahoulba Gontchomé François N’Garta Tombalbaye

[L’accession aux fonctions de Premier Ministre puis la destitution, tour à tour de Sahoulba et de Koulamallah, seront des coups fomentés par Tombalbaye et le PPT RDA, parti majoritaire, en utilisant les voies du parti allié de circonstance pour avoir le score requis et faire passer la motion de censure. A son tour venu, Tombalbaye se dépêchera de neutraliser ses éventuels adversaires ou concurrents et réussira ainsi à se maintenir au pouvoir jusqu’à la proclamation de l’Indépendance le 11 août 1960, résumé des commentaires de l’auteur, ndlr]

LE TCHAD INDEPENDANT

Objectifs de Tombalbaye :
• conforter le pouvoir
• Lancer l’économie
• amener tout le monde à être citoyen d'un même pays
Pour arriver à ses desseins, Tombalbaye utilisera un instrument, le parti unique tout en écartant au plus vite les adversaires susceptibles de lui ravir le siège présidentiel.
• 24/08/60 : expulsion de Lisette du Tchad
• Il met aux arrêts les députés logonais
• Il déporte Toura Ngaba à Ounianga Kebbir
• Il divise le Logone en 3 préfectures
Le 2 novembre 1960, il annonce dans un discours "un seul appareil est toujours tout indiqué pour présider la vraie union ou la vraie unité du pays. Cet appareil est le parti progressiste.

Le 11 août 1960 Meeting à Mongo au Guéra - La mosquée de Fort-Lamy
[L’expulsion de Gabriel Lisette du Tchad déclenchera des troubles au grand Logone (Les 2 Logones actuels et la Tandjilé) ; les députés Nadjingar et Mougnan André protestent ; Mougnan très malade, meurt et ses sœurs lapideront Tombalbaye avec leurs sandales quand celui-ci viendra leur présenter ses condoléances (incident qui valut la radiation des éléments de sa sécurité en service ce jour-là) ; une haine hystérique s’installera durablement entre les logonais et les gens du Moyen Chari].

TCHAD : ETAT INDEPENDANT

• Avril 1961 : 1er congrès du PPT à Abéché : ralliement des principaux partis politiques d'opposition au PPT/RDA
• 18 janvier 1962, par ordonnance, Tombalbaye dissout les partis politiques autres que le sien, le PPT/RDA et impose le parti unique.
• Cette mesure est dictée par deux mobiles :
• asseoir son pouvoir
• répondre aux exigences du gaullisme afin de barrer la route au communisme en expansion.
• En février 1963 se tient le congrès de Fort-Archambault qui élargit davantage les tentacules du parti unique.
• Le 16 septembre 1963, éclatent des violences à N’djaména sous l'impulsion de Ahmat Koulamallah, Jean-Baptiste, Djibrine Khérallah.
• Ahmat Koulamallah, Abbo Nassour, le Docteur Outel Bono condamnés à mort puis peine commuée en prison à vie suite à une campagne du Parti Communiste Français.
• Jean-Baptiste trouvera la mort en prison dans des conditions restées encore ténébreuses.
• A partir de cette date, les blessures resteront largement ouvertes pendant longtemps.
• La politique mise en place par les Etats africains à l'aube des indépendances se caractérise tout d’abord par un refus inconditionnel à toute critique. La critique envers le pouvoir en place est perçue par ceux qui la subissent comme une menace.
En d’autres termes, transposé dans ce contexte, on ne peut en même temps être acteur de la scène politique et spectateur. De ce fait, ceux qui sont spectateurs de la scène politique n'ont guère leur mot à dire quand l’intérêt supérieur de la nation est en jeu et de surcroît quand qu’ils constatent qu’il y a d’énormes défaillances dans la gestion de la chose publique.
Sur le plan économique :
• les infrastructures de développement inexistantes d’où recherche de financement
• Emprunt National en 1964 perçu comme second impôt à cause du caractère obligatoire dans une population analphabète et pauvre.
• C'est sur un fond de tumulte en gestation qu'éclatent les événements de Mangalmé le 5/01/65.
• En réalité, lesdits événements n'ont eu lieu à Mangalmé mais plutôt à Bitchotchi, un village situé à une vingtaine de kilomètres de Mangalmé et habité par une population d'ethnie Moubi.
[Dès le départ, la soif de pouvoir conduira Tombalbaye dans les voies de la subversion et du complot permanent, justifiant les répressions et les exclusions, ce que ses successeurs Hissène Habré et Idriss Déby reprendront à leurs comptes plus tard]

LES REBELLIONS

• Le 7/09/65 : création au Soudan du « Front de Libération du Tchad » (FLT) par HASSAN AHMAT MOUSSA.
• Le 22 juin 1966 : création à Nyala (Soudan) du Front de Libération Nationale du Tchad (FROLINAT) par IBRAHIM ABATCHA en compagnie de MAHAMAT ALBAGHLANI IMAM et ABAKAR DJALABO).
Face à cette flambée de violence qui commence à faire chanceler son pouvoir, Tombalbaye fait appel à De Gaulle pour l’épauler face à une rébellion de mieux en mieux structurée.
• De Gaulle envoie une expédition militaire dès 1968. En plus de l'assistance militaire, on fait intervenir la "Missions de Réforme Administrative" (MRA) qui initialement, est l'interface de l'assistance militaire, où l'on devait adjoindre aux administrateurs locaux, une assistance française.
• FROLINAT prendra appui dans les pays arabes surtout et au sein des mouvements étudiants de France, de Belgique, de l'ex URSS et dans quelques pays africains. On a beaucoup spéculé sur l’attitude de l’élite intellectuelle tchadienne vis-à-vis du FROLINAT.
• Une organisation dont la lutte armée est le principe de base ne peut pas se passer du soutien des masses qu’elle doit pénétrer, organiser et mobiliser, voire éduquer dans une perspective de libération révolutionnaire. La réalisation de son unité d’action est un préalable. Or, le FROLINAT s’ingénie à spéculer sur les disparités économiques et sociales héritées de la colonisation, au lieu de les dépasser dans la définition d’une action concrète pour l’avenir.
• Le pays s'affaiblit. Les voies de communication menant vers le nord du pays ne sont guère carrossables à cause du manque d'entretien d'une part et de la présence de la rébellion d'autre part. Les fonctionnaires originaires du sud du pays décampent du nord. Les véhicules d'approvisionnement ne se rendent à leurs destinations qu'à des jours précis de la semaine et par des convois escortés par des militaires. Plusieurs personnalités trouveront la mort.
• Les choix économiques de Tombalbaye ont accentué l'antagonisme entre le nord et le sud. En effet, l'implantation des usines a été interprétée en son temps comme des choix régionalistes.
• Devant cet appauvrissement constant, Tombalbaye décide de se tourner vers le sous-sol

L’ECONOMIE

• Il importe de rappeler qu’un accord signé avec la France en 1960 disait en substances ceci : « les matériaux sensibles tels que le pétrole, les minerais….ne pouvaient être mis en valeur qu’avec l’accord des autorités françaises ».
• La même année, c’est-à-dire en 1969, l’Etat octroie un permis de recherches à CONOCO dont les résultats des travaux se sont révélés positifs dans la partie méridionale du pays.
• Et CONOCO de publier une longue liste de minerais précieux.
• Evidemment, Paris ne voyait pas cela d’un bon oeil. Le Général de Gaulle a envoyé une lettre dans laquelle il disait ceci : « de l’avis de tous les services français consultés, étant donné la géographie et la connaissance du sol il n’y avait aucun espoir d’y trouver du pétrole ».
• Les dettes publiques intérieurs et extérieures gonflent chaque année, et il n’existe aucune perspective de les rembourser. C’est dans ces conditions qu’on a été contracté à Tripoli une dette de 26 milliards de francs CFA. (le Monde du mois de décembre 1972), le double du budget de l’année en cours.

La Politique étrangère

• Le 28 novembre 1972, dans une déclaration, Tombalbaye annonce :
• la rupture des relations diplomatiques avec Israël et Formose ;
• la reconnaissance de la République populaire de Chine
• la tentative de réconciliation avec les pays arabes (avec voyages officiels à Tripoli, au Caire, à Beyrouth, dans les Emirats arabes), il reçoit le Roi Fayçal à Fort-Lamy etc.
• la reconnaissance de l’Organisation de libération de la Palestine et le Gouvernement royal du Prince Norodom Sihanouk.

La Grande Sécheresse

• En 1973, une sécheresse de grandeur peu connue des mémoires des hommes vient ébranler toute la zone sahélienne du continent africain. Des mouvements de populations inattendus se déclenchent dans toutes les contrées du pays.
• Cette calamité naturelle a fait grandir les rangs du FROLINAT.

La bande d’Aouzou

• C'est au cours de la même année que la Libye annexe la bande d'Aouzzou, à l'extrême nord du Tchad. Pour l'opposition, le prêt contracté auprès de la Libye constitue la contrepartie de l'annexion. En d'autres termes, Tombalbaye aurait vendu cette portion du territoire à la Libye.

Le Rapt de Bardaï

• Affaire CLAUSTRE
• En Avril 1974 survient un événement qui donnera un autre cours à l'histoire du Tchad. En effet, le 21 avril 1974 à Bardaï, le médecin allemand de la localité le Dr STEAWEN et son épouse, MARC COMBES de la MRA, Mme CLAUSTRE une ethnologue et un autre allemand technicien de son état d'une station scientifique son enlevés par des rebelles toubous.

L’Affaire Claustre

Des questions qui ont laissé perplexe plus d'une personne. Le Commandant GALOPIN adjoint aux émissaires chargés des négociations avec les rebelles toubou des Forces Armées du Nord sera fait prisonnier puis exécuté le 4 avril 1975. M. CLAUSTRE libérée le 30 janvier 1977 grâce à l'intervention de la Libye sera contrainte au silence.

La radicalisation politique du MNRCS

• Dimension politico-culturelle
• Le PPT/RDA s’est essoufflé et Tombalbaye le dissous en créant un autre parti dénommé le Mouvement National pour la Révolution Culturelle et Sociale (MNRCS) le 29 août 1973.
• Mais trois jours auparavant, le Dr OUTEL BONO, adversaire politique de TOMBALBAYE sera assassiné à Paris le 26 août alors qu’il vient à peine de créer un nouveau parti en France, le MDRT.

Les dignitaires du régime MNRCS G. Dinguimbaye § Djidingar D

[Le MNRCS sera l’ancêtre des partis radicalisés que sont l’UNIR de Hissène Habré et le MPS de Idriss Déby ; comme ceux-ci, le MNRCS avait rejeté le principe de l’alternance pacifique et démocratique au pouvoir, après le PPT RDA, pour couronner Tombalbaye ; la logique restera la même à ce jour.]

La Bipolarisation

La bipolarisation culturelle s’accentue dans le sens négatifs : sur le plan linguistique, c’est le français et l’arabe, sur le plan régional, c’est le nord et le sud, sur le plan religieux, c’est l’islam et le christianisme.

LE COUP D’ETAT

• 13 avril 1975 : coup d'Etat militaire et mort de Tombalbaye/
• Le Général Félix MALLOUM prisonnier, sera libéré et promu Chef de l'Etat et Président du Conseil Supérieur Militaire (CSM).

L‘ERE MALLOUM (1975-1979)

• La gestion du pays par les militaires a été sans nul doute la plus difficile. Les militaires ont hérité d'un pays ébranlé par le FROLINAT
• De plus les ingrédients d'un coup d'Etat étaient réunis, ce qui suppose que les militaires n'avaient aucun programme politique préalable
• En effet, le Général MALLOUM promut président par ses libérateurs, affaibli par la prison, ne semble guère avoir de grandes marges de manœuvres et voulait à tout prix la réconciliation. Les dissensions entre GOUKOUNI OUEDEI et HISSEIN HABRE ont donné une autre dimension à la rébellion puisque chaque faction contrôlait plus ou moins des portions du territoire.
• Puis le 7 février 1978 la ville de Faya-Largeau est attaquée par les forces du FROLINAT. Cet événement met mal en point le CSM qui ne peut lutter sur plusieurs fronts à la fois. Intervient alors la en février 1978, la signature d'un accord séparé entre Hissein Habré, chef des FAN (Forces armées du Nord) et Félix Malloum, qui le nomme Premier ministre le 28/08/78.
• La rupture avec le président MALLOUM est consommée le 12 février 1979, date de l'éclatement de la guerre civile.
• Le général Félix Malloum vient de décéder le 12 juin 2009 comme un parfait inconnu pour la plupart des jeunes tchadiens !

Gal Félix Malloum - Gal Doumro - Gal Djimet Mamari

L’ERE LOL MAHAMAT CHOUA

Lol accède à la magistrature suprême. Sa rampe de lancement était le MPLT, un mouvement politico-militaire implanté dans la région du Lac-Tchad. LOL n'a géré que des problèmes pendant son court passage dans les affaires de l'Etat
NB : [Lire le livre de Arnaud Dingammadji : Sur les ruines du Tchad/ Lol Mahamat Choua, 120 jours à la tête d’un Etat néant, mars 2009, N’Djaména, Editions Sao, 111 pages, ndlr]
[Le général Malloum déclarera, dans une célèbre interview : « Je suis sorti d’une prison pour entrer dans une autre prison » ; son attaché de presse n’était autre que Mahamat Saleh Adoum Djérou, actuel Secrétaire général du MPS au pouvoir !]

L’ERE GOUKOUNI OUEDDEI

Grâce à l’intervention des forces coalisées du GUNT et libyennes, Goukouni sort vainqueur du combat qu’il l’a opposé à son ancien allié Hisseine HABRE en décembre 1980. La paix civile revient progressivement puisque le nouveau maître impose la loi martiale pour tout criminel. L’occident conditionne son appui par le départ du Tchad des forces libyennes. [Mais une fois les Libyens retirés vers le Nord, Hissène Habré et son groupe FAN, aidés par les troupes africaines d’interposition, reconquièrent le terrain perdu en direction de N’Djaména la capitale]

L’ERE HISSEIN HABRE
• Le 7 juin 1982, Hisseine HABRE fait son entrée triomphale à N’djaména et le 19 juin 1982 procède à son investiture. Sa légitimité est confortée au Sommet franco-africain de Kinshasa. Le souci primordial de HABRE c’est le pouvoir par tous les moyens. Des intellectuels seront massacrés dans tout le pays et particulièrement pendant la période de septembre 1883, appelé « septembre noir ».
• Mais face au délabrement économique du pays, au démantèlement de l’armée, il fallait reconstruire le pays. Le pouvoir sera alors sans partagent. A la limite, HABRE remet l’administration en marche avec un modèle à lui. La liberté d’expression est inexistante.
• Géopolitique dans l’administration mais pas dans l’armée

L’ERE IDRISS DEBY ITNO

• Arrivé au pouvoir le 1er Décembre 1990.
• Toutes les chances de construire un Etat véritablement démocratique et stable. Les atouts sont nombreux notamment par le fait que tous les Tchadiens sont épuisés par trente années d'une interminable querelle interne.
• Par ailleurs, en Février 1994, Verdict de la Cour Internationale de Justice de la Haye favorable au Tchad à propos du litige frontalier Tchad-Libye concernant la Bande d'Aozou. Cette victoire est due au fait que la Libye sous embargo des Nations Unies, a une très mince marge de manœuvre, une autre chance qui a souri à Deby.
• Le Tchad déterre le dossier « pétrole » et réussit à mener jusqu’au bout, le projet, malgré le départ des compagnies françaises, ce qui constitue une victoire personnelle du Président Déby.
• Le régime a bénéficié des aides, des dons, des prêts pour le développement rural, les infrastructures routières, la santé etc.
• Malgré que Deby ait eu le vent en poupe, le pays va sombrer dans la pauvreté, l’injustice, la violence, la terreur et la peur.
• La gestion de la chose publique reste la grande inconnue de ce régime. L’armée est gérée de manière clanique et demeure toujours pléthorique. Les subdivisions administratives ne tiennent pas compte des soucis de faire mieux mais ressemblent beaucoup plus à une politique de diviser pour régner
• Le pouvoir repose sur la corruption à telle enseigne qu’à deux reprises, le Tchad sera classé par une institution internationale, pays le plus corrompu du monde. Et pourtant, Deby avait, à chaque fois, toutes les chances d’aller de l’avant.

Les Pistes de solution
[Les situations suivantes forment une chaîne logique dans leur réalisation, chacune dépendant de l’effectivité de la suivante selon le conférencier, ndlr] :
 Prospérité
 Développement
 Investissements
 Stabilité et sécurité
 Justice
 Autorité de l’Etat
 Civisme
 L’accession au pouvoir
 Le mandat du Président
 Armée
 Administration
 Education
 Justice

NB : Texte Powerpoint et photos adaptées par la Rédaction de Tchanouveau.com, avec l’accord de l’auteur

Source: Tchadnouveau.com