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A nos plumes Compatriotes !

La longue période de guerre civile qu’a connu notre pays a eu un sérieux impact sur son système éducatif. D’après le dernier rapport de l’UNESCO nous détenons le triste record mondial de la médiocrité.

Le Tchad est l’un des rares pays au monde sinon le seul à avoir délivré des diplômes par anticipation. On se souviendra des compatriotes arrêtés sur le pont de Chagoua avec des attestations de Baccalauréat alors que leurs condisciples étaient dans les salles d’examens. L’on se souviendra encore de ces candidats au baccalauréat qui ont fait une descente musclée dans les rues prétextant que les sujets ont été changés. L’exemple vient d’en haut, un Ministre de l’Enseignement supérieur évoquait la « géopolitique » pour imposer ses « candidats » à la faculté de Médecine. Les faits et gestes qui influent négativement sur notre système scolaire sont légions.

Pour autant, le Tchad n’est pas une République des cancres. Et je suis heureux de relever que notre génération, qualifiée à tort ou à raison de génération sacrifiée, compte plusieurs talents. Journalistes, Médecins, Ingénieurs, Juristes, Avocats, Cadre d’entreprises, Enseignants, Cultivateurs, Eleveurs, Sportifs de Haut niveau, Musiciens…, font partie des hommes et femmes, « de la génération maudite », qui se battent de manière honnête pour gagner leurs pains et faire parler du Tchad autrement.

Sortir le Tchad dans le bourbier auquel il s’enfonce de plus en plus est un combat collectif. Et ceux et celles qui manient la plume ont un grand rôle à jouer. Ils sont tenus aussi à cet effet à une obligation d’objectivité. Très peu d’entre nous respectent cette règle d’or qui sied à toute entreprise intellectuelle. Nombreux sont ceux qui prétendent parler du Tchad sans tenir compte des réalités tchadiennes.
Pour preuve notons, entre autres, que les textes qui nous régissent ne sont Tchadiens que de nom. Grave, le code civil Napoléon de 1804 est applicable au Tchad dans sa version de 1958. Le consensus au tour du code de la famille et des personnes n’est pas pour demain. Dans un tel décor, on comprend aisément le procès intenté contre nous autres professionnels et /ou patriciens du Droit. Reconnaissant ma part de responsabilité, je nous invite à tenir compte de nos réalités. Posons le diagnostic exact en s’intéressant à notre seul malade qui est le Tchad. On pourrait à la limite s’inspirer des autres cas pour illustrer
la situation dans notre pays.

En parcourant les sites Tchadiens ces derniers temps, je me suis aperçu que le mot plagiat revient de manière récurrente. Ingénieurs et Docteurs se sont prêtés au jeu sans scrupule.
Les preuves fournies par Mahamat A. Mahamat sont irréfutables, il est conforté dans sa démarche par l’aveu de Docteur F.Ngoussou. Ce fait ne doit pas nous laisser indifférent.

Tchad Forum est une référence et j’apprécie singulièrement le don littéraire de son premier responsable en occurrence le Dr Félix Ngoussou.
Pour moi, les défenses du genre « mon appartenance politique » ou « origine ethnique » ne tiennent pas la route. Dans le paysage intellectuel tchadien qui se construit, Ngoussou est un acteur important. Il doit mesurer ses actes faits et gestes. Il doit se dire aussi qu’il a des adversaires politiques ce qui est normal. Comme lui d’autres personnes ont accès à l’information. Il ne peut prétendre avoir le monopole de la recherche. Le plagiat est une infraction passible des sanctions pénales.

Et n’oublions pas au passage que les paroles s’envolent et les écrits restent (la plume est serve et la parole libre nous a-t-on appris en pratique des greffes !)

L’argument consistant à dire : « c’est pour l’éducation du peuple…. ce n’est pas un crime de sang.Ou encore mon origine ethnique » est très léger au regard de l’acte posé et surtout de l’auteur. Mais, notre compatriote aurait pu (voire du) mettre les articles qui l’intéresse sur son site avec les noms des auteurs. En procédant de la sorte vous faites aussi mal aux chercheurs qui pourraient vous citer à tort. Le dégât est là, il serait courageux de le reconnaître et demander pardon aux internautes qui vous lisent.

Je conviens avec mon compatriote Ngoussou que nul n’est parfait, mais je nous exhorte à dire nos maux avec nos mots.

A NOS PLUMES DONC CHERS COMPATRIOTES.

Nodjoutengar Djimasdé Evariste
Lyon