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Les chasseurs de sexes tchadiens à Oum Chalouba

Le viol de la jeune mariée tchadienne sous les yeux de son époux à Oum Chalouba dans le Nord-est par les intouchables militaires du clan du Général-Président a plongé le Tchad et la ville d'Oum Chalouba dans une thérapie collective.

Les tchadiens qui cautionnent, depuis trop longtemps, par leur silence, les actes déviants d'abuseurs d'enfants sont sortis de l'ombre par la voix des jeunes Kréda pour dire haut: Tuez nous tous!

Deux journalistes tchadiens du Journal Indépendant, L'Observateur ont connu un séjour en prison pour avoir accordé leur Tribune à la lettre ouverte des jeunes Kréda. Ces jeunes veulent par leur lettre se libérer d'un secret trop grand pour la région du Nord ou le pouvoir profite de l'inexistence de la société Civile pour tenir tout le monde en résidence surveillée. Mais pour y arriver, il a fallu qu'à un moment, ces jeunes disent NON. Non à leur peur, Non à leur honte, Non à leur culpabilité; Non au silence.
Tout tchadien éduqué dans la culture tchadienne ne peut s'empêcher de se poser cette question: Pourquoi une telle humiliation hors de la culture tchadienne? Lorsque les hommes de Deby ne saccagent pas les récoltes, ne brûlent pas les villages et ne tuent pas leurs semblables, ils pourchassent les femmes rencontrées sur leur passage, violent des jeunes filles tout juste pubères ou des jeunes femmes.

Les habitants d'Oum Chalouba ont peur, si peur pour leurs femmes et filles et ils sont surpris que ce sont des musulmans comme eux qui violent leurs filles, leurs épouses, leurs sœurs, leurs cousines.

Oublie-t-on que dans le Coran, le « zina » ou le viol est interdit et gravement puni?

L'avenir est désormais sombre pour cette jeune fille dont la photo reste en bonne place sur Alwida.info et les autres filles tchadiennes restées encore dans le silence complice. Aucun jeune homme de leur clan ou d'un autre ne voudra épouser une de ces jeunes filles. Elles le savant et en souffrent déjà. La honte du viol est retombée sur elles, mais aussi sur leur famille. Même si un garçon se déclarait amoureux d'une d'entre elles, la belle-famille s'opposerait au mariage en raison du viol , confirmé la plupart du temps par les parents ou les habitants du village.

Oublie-t-on aussi que dans ces terres d'islam, la virginité d'une jeune fille est sacrée? Les cadres musulmans défendeurs du Code de la famille musulmane ont-ils vu la profanation ?

Si les policiers de Mr Koibla n'avaient pas mis fin à la vie de Faki Saleh, le conservateur fanatique ,ces jeunes femmes auraient été mises en quarantaine au village, voire expulsées, ou peut-être flagellées, selon la loi islamique ?

Au Darfour, toute femme violée, dépend directement du cheikh, le chef de la tribu est tenu de la protéger, comme les organisations humanitaires occidentales l'ont expressément demandé. La plupart du temps, c'est lui, en grand boubou et large turban blancs, qui permet qu'elle se raconte à l'étranger, en toute discrétion, pour éviter l'opprobre du clan.

Le drame de cette fille Kréda est criant au point qu'elle n'a plus aucune nostalgie de voir l'image d'Idriss Deby à la télévision.

Un tel acte appelle un changement certain dans la manière de penser. Il faut donc un redressement des pratiques indignes en vers les femmes tchadiennes. Tchadiens et tchadiennes y gagneront en humanité, authenticité, dignité et liberté si toute la jeunesse suivait la voie entreprise par les jeunes Kréda parce que Dieu ou Allah selon que vous l'attendez n'est ni homme, ni femme, il est Amour et c'est à ce signe qu'il fera route avec nous.

Félix Ngoussou

Lase du Mandoul

- Félix Ngoussou
(TchadForum 02/07/2005)