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Pays de folklore et de …ridicule!

Les derniers événements de N’Djamena et surtout la disparition des trois principaux leaders de l’opposition démocratique montrent un peu le désarroi d’un gouvernement qui, assurement, se cherche. Une véritable cacaphonie dans laquelle les ministres ne se gênent ni de mentir, ni de contredire leurs collègues, et encore moins de se contrdire. Assurément, le sens de la mesure et de la communication qui manque de l’éthique !

D’abord les faits : les opposants ont été arrêtés brutalement chez eux par des soldats de la garde présidentielle, enturbannés, le 3 février 2008. A sa première conférence de presse, le président I. Déby Itno avait considéré cette disparition forcée comme un point de détail !!!!

Un point qui qui devient un boulet car les organisations de défense des droits de l’homme avec à leur tête Amnesty International, la Fédération internationale des droits de l’homme, certains partis politiques africains commencent s’émouvoir. Un tapage qui devient de plus en plus embarrassant pour l’allié du moment, M.Sarkozy qui doit transiter par le Tchad dans quelques jours. Et surtout pour son médiatique ministre des Affaires Etrangères ancien membre du PS, connu surtout pour son passé d’ humanitaire .

En effet, la France n’a pas ménagé ses efforts pour obtenir la couverture juridique des Nations Unies pour voler au secours du régime ébranlé de M. I. Déby Itno puisque la déclaration du Conseil de sécurité, malgré sa formulation ambiguë « demande aux États Membres, conformément à la Charte des Nations Unies, d’apporter leur appui comme le demande le Gouvernement tchadien ».

Seulement, voilà ! Les jours passent et pas de nouvelles des opposants ? Les pressions devraient devenir un peu plus pressantes et l’on entendra un florilèges des déclarations qui auraient fait rire si le mystère ne s’ápaississait pas !

En effet, le gouvernement se perd dans ses contradictions : le Premier ministre disait ne rien savoir puisque les opposants habiteraient dans les quartiers contrôlés par les rebelles et que s’ils étaient pris, ils subiraient le sort des rebelles ! Le Ministre de l’interieur annonça l’ouverture d’une enquête pour tenter de retrouver les trois dirigeants de l'opposition enlevés à Ndjaména, puis vint déclarer que l’un d’eux a été « retrouvé vivant ». Puis M. Ali Abdallah renchérit, sans sourciller, que l’on a pris certains opposants « la main dans le sac », après avoir dit ne rien savoir de leur éventuelle arrestation.

Selon les autorités, « Lol Mahamat Choua a été retrouvé en flagrant délit avec les mercenaires et se trouve entre les mains de la police judiciaire pour le besoin de l'enquête ». Après bien entendu le concert de dénégations, la main sur le cœur !

La palme d’or des contorsions revient certainement au chef de la diplomatie tchadienne, M.Ahmad Allam-Mi Ministre des Affaires Etrangères qui admettait sur les antennes de la BBC l’arrestation des dirigeants de l’opposition démocratique pour « complicité avec les assaillants et susceptibles de poursuite judiciaire pour trahison » . Il affirmera vingt-quatre heures plus tard que que M.Lol M. Choua a été « arrêté sur le terrain des combats donc qu’il est prisonnier de guerre » tout en niant énergiquement « que le gouvernement ait donné l’ordre d’arrêter qui que ce soit ». Il confirme également à Paris le lendemain l’annonce faite depuis N’Djamena par son homologue de l’Intérieur. M. Ngarlejy Yorongar a été «retrouvé vivant en train de se terrer dans son quartier». Selon le Ministre de l’interieur et de la sécurité, l’inénarrable Ahmat Bachir, l'opposant Yorongar Ngarlejy, disparu depuis début février, était réapparu à son domicile. Voici ce que rapporte une dépêche de l’AFP :

"Je vous annonce que Monsieur Yorongar Ngarlejy a fait son apparition jeudi soir à son domicile de Moursal" a indiqué le ministre au cours d'un point de presse, confirmant les propos tenus par le ministre des Affaires étrangères Ahmad Allam-Mi à Paris un peu plus tôt dans la journée.

"Il (Yorongar) a été identifié par les éléments chargés de le rechercher ainsi que par des témoins du quartier", a-t-il poursuivi.

"Toutes les personnalités censées portées disparues réapparaissent curieusement d'eux mêmes comme par hasard", a ironisé le ministre. De N’Djamena, le frère, dément formellement sur TV5.

C’est assurement faire preuve de cynisme car N’Djamena vit dans la peur, sous le pretexte de l’état d’urgence !

Pour Me Mahamat Hassan Abacar, l'avocat des opposants, il ne s’agit que d’un montage grossier, d’une "diversion pour attirer" au Tchad le président français Nicolas Sarkozy.

M. Sarkozy a certainement le pouvoir de faire « re-apparaître » vraiment et en bonne santé tous les disparus retrouvés dont l’on parle sans convaincre. Il a les moyens de pression sur son protégé, notamment cette convention secrète de maintien de l'ordre remontant à l'indépendance.
Une convention secrète de maintien de l'ordre dont le but est de garantir aux potentats locaux la tranquillité. Une sorte d'assurance-vie ou plutôt d'assurance de conserver le pouvoir, pour reprendre les termes de Rue89..

Tchadforum