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GEOGRAPHIE DU TCHAD

Statut : République
Superficie : 1 284 000 km²
Population : 7 700 000 habitants (est.99)
Densité : 6 hab./km²
Langues officielles : Arabe, Français
Langues parlées : Arabe, Ngambai
Religion : Islam (44 %), Christianisme (33 %), Animisme (23 %)
Monnaie : Franc CFA
P.N.B. : 230 $US / hab. (1997)
Capitale : N’Djamena
Principales villes : Sarh, Moundou, Abéché, Bongor, Doba, Lai, Koumra, Kélo
Pays limitrophes : Niger, Libye, Soudan, Centrafrique, Cameroun, Nigeria
Point culminant : Emi Koussi 3 415 m

- Néolithique : Présence humaine attestée par des peintures rupestres. Au sud, ses habitants vivent de la pêche et de l’agriculture en bordure du lac Tchad, dont la superficie était beaucoup plus étendue, et des pasteurs venus de l’est se sont installés dans les montagnes de l’Ennedi et du Tibesti, au nord. Les vestiges matériels des premiers habitants identifiés sont les statuettes funéraires en terre cuite attribuées aux Sao, des populations noires installées sur des buttes émergeant des terres inondables au sud du lac Tchad, au seuil de notre ère.

L’empire de Kanem-Bornou

- Vers 800 : Un peuple qui serait issu du métissage des populations du Sud et des populations du Nord, chassées par l’assèchement du Sahara, fonde, sur la bordure nord-est du lac Tchad, le royaume du Kanem. Celui-ci se développe, au détriment de la civilisation Sao, grâce au contrôle du commerce saharien vers la Méditerranée et au trafic d’esclaves, capturés dans le Sud et acheminés vers le Fezzan et Tripoli.
- XIème siècle : Ses souverains se convertissent à l’Islam.
- XIIIème siècle : ilsétendent leur domination jusqu’au Bornou (dans l’actuel Nigeria), au Fezzan et au Ouaddaï, en direction du Nil.
- XIVème siècle : L’empire de Kanem-Bornou est affaibli par les raids des nomades boulala venus de l’est, qui contraignent son souverain à se réfugier au Bornou, en 1380.
- XVIème siècle : Le royaume de Bornou reconquiert le Kanem.
- A partir du XVIIème siècle : De nouvelles puissances émergent. Le royaume du Bornou doit céder ses parties périphériques aux Touareg (nord-ouest). Son déclin favorise l’émergence au nord-est de trois sultanats musulmans esclavagistes : le Baguirmi, le Ouaddaï et le Darfour.

La conquête française

- Début du XXème siècle : Le marchand d’esclaves Rabah Zobeir, un Soudanais arabisé, qui a conquis le Borkou et le Baguirmi, se heurte aux troupes françaises du commandant Lamy. Les explorations se sont multipliées dans le bassin du Tchad tout au long du XIXème siècle.
- 1890 : Le lac Tchad est découpé en trois zones - britannique, allemande et française.
- 1900 : Lamy et Rabah trouvent tous deux la mort durant la bataille de Kousséri, qui marque le début de la conquête du territoire par l’armée française et la fin de l’indépendance africaine dans cette partie du Sahel. La population du Ouaddaï résiste jusqu’en 1909 tandis que le Nord (Borkou, Ennedi et Tibesti) reste sous administration militaire française jusqu’en 1965. En revanche, les populations du Sud, pays des esclaves (Dar el-abid) pour les trafiquants islamisés du Nord, accueillent assez favorablement la présence française, qui les protège des rezzous.
- 1910 : Le Tchad est rattaché à l’Afrique-Équatoriale Française avant de devenir, dix ans plus tard, une colonie.
L’administration coloniale française privilégie la mise en valeur du Sud fertile, où se développe la culture du coton.
- 1935 : Le président du Conseil français, Pierre Laval, signe avec le dictateur italien Benito Mussolini un accord prévoyant la cession de la bande d’Aozou à l’Italie, alors présente en Libye. L’accord n’est jamais ratifié en raison de l’alliance entre Mussolini et Hitler, mais il sert de prétexte au colonel Kadhafi, le dirigeant libyen, pour occuper ce territoire. Première colonie française ralliée à la France libre en 1940 par le gouverneur Félix Éboué, le Tchad est utilisé comme base militaire pour la reconquête de l’Afrique du Nord à partir du Fezzan (bataille de Koufra, 1942).

L’indépendance et la guerre

- 1946 : Fondation du Parti progressiste tchadien (PPT), affilié au Rassemblement démocratique africain, fondé par Félix Houphouët-Boigny, et implanté dans le Sud. Il est dirigé par un administrateur d’origine antillaise, Gabriel Lisette, et un instituteur tchadien, François Tombalbaye. Le PPT remporte, en 1956, les premières élections au suffrage universel, organisées dans le cadre de la loi Defferre, renforçant l’autonomie locale.
- 1959 : Un an après que le Tchad soit devenu une république au sein de la Communauté française, Tombalbaye devient Premier ministre. L’année suivante, le Tchad accède à l’indépendance sous la présidence du dirigeant du PPT.
L’indépendance ravive la rivalité séculaire entre le Sud, dominé jusqu’à la colonisation française, et le “Nord” (Borkou, Ennedi, Tibesti, ou BET), ancien dominateur, où l’administration militaire n’a jamais cessé de s’exercer durant toute l’époque coloniale. Tombalbaye mène une politique de marginalisation des populations musulmanes nordistes et, en 1962, supprime les partis politiques, le PPT étant seul autorisé.
- 1966 : Un Front de libération nationale du Tchad (Frolinat) voit le jour au Soudan. Il rassemble des musulmans du nord et du centre-est, mais également des opposants de toutes origines, fortement influencés par le nassérisme. Le Frolinat est soutenu par le Soudan.

- Avril 1969 : L’armée française intervient contre la rébellion et indirectement contre la Libye, dont le nouveau dirigeant, le colonel Kadhafi, apporte son appui logistique au Frolinat et revendique des droits sur la bande d’Aozou. Un temps réduit, le Frolinat éclate en plusieurs mouvements. Les Toubou font sécession et forment une “deuxième armée”, au sein de laquelle les Forces armées populaires (FAP) commandées par Goukouni Oueddeï, un Teda, sont appuyées par la Libye, et les Forces armées du Nord (FAN) dirigées par Hissène Habré, un Gorane, sont soutenues par le Soudan.

- 1973 : La Libye annexe la bande d’Aozou. L’année suivante, les partisans d’Hissène Habré prennent en otage l’archéologue française Françoise Claustre
- 1975 : tandis que la rébellion nordiste poursuit ses actions, un coup d’État à N’Djamena porte au pouvoir le général Félix Malloum, un autre sudiste. Le nouveau dirigeant parvient à rallier Hissène Habré qu’il nomme Premier ministre en 1978.
- 1979 : Rupture de l’alliance.

Des combats opposent l’armée gouvernementale (Forces armées tchadiennes, FAT) aux forces d’Hissène Habré, qui s’emparent de N’Djamena. En mars, la guerre a gagné le Sud. Sous la pression de la France, des accords sont conclus à Kano, au Nigeria. Ils instituent un gouvernement d’union nationale de transition (GUNT) comprenant notamment des représentants des FAP, des FAN et des FAT et dirigé par Goukouni Oueddeï. Mais le lieutenant-colonel Abdelkader Kamougué, chef des FAT installé à Moundou, refuse de le reconnaître. Un second GUNT est alors formé, dans lequel Kamougué est nommé Premier ministre.

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