Le contexte géopolitique tchadien reste périlleux : risque persistant d’une escalade avec le Soudan du fait de la guerre au Darfour et fragilité de la République centrafricaine. Malgré diverses tentatives de rapprochement entre N’Djaména et Khartoum, orchestrées par la Libye (accord de Tripoli, sommet de N’Djaména, sommet de Syrte), mais aussi par la France (déclaration de Cannes), et tout récemment par l’Arabie Saoudite (accord de Jenderiyah), la méfiance continue de prévaloir dans les relations tchado-soudanaises.
Particulièrement exposé vis à vis de la situation qui prévaut au Darfour voisin, le Tchad n’a eu de cesse de vouloir faciliter la paix dans cette région occidentale du Soudan. La médiation du président Déby Itno a permis la signature le 8 avril 2004, à N’djaména, d’un accord de cessez-le-feu, l’accès humanitaire, le désarmement des milices arabes Janjawid qui terrorisent les civils et opèrent jusqu’au Tchad, l’ouverture de négociations politiques et la mise en place par l’Union Africaine d’un mécanisme d’observation du cessez-le-feu. Après la signature de cet accord de cessez-le-feu, le relais a été pris sur le volet politique par l’Union africaine et le Nigeria. Le Tchad est resté co-médiateur de cette négociation qui a débouché, le 3 novembre 2004, sur la signature de deux protocoles sur les aspects sécuritaires et humanitaires.
Le Tchad accueille 250.000 réfugiés du Darfour. L’armée tchadienne n’est pas totalement en mesure de sécuriser les camps de réfugiés. Les agences onusiennes et les ONG sont dorénavant directement menacées face aux exactions des Jandjawids soudanais et s’inquiètent de plus en plus des opérations de recrutements forcés opérés par les rebelles darfouriens au sein des camps localisés au Tchad. Le Tchad souhaite le déploiement d’une force de surveillance internationale cantonnée aux abords immédiats ou à l’intérieur des camps de réfugiés. Cela correspond également à une proposition du Secrétariat général des Nations unies et du HCR.
Pour apporter une solution aux conséquences régionales de la crise du Darfour, une présence internationale, à l’Est du Tchad et au Nord-Est de la RCA, est préconisée par le Secrétaire général des Nations unies [dans ses rapports du 22 décembre 2006 (S/2006/1019) et du 23 février 2007 (S/2007/97) au Conseil de sécurité], en complément, mais de façon clairement distincte, du déploiement d’une force hybride UA / ONU au Darfour, l’ensemble de ces actions devant constituer une réponse globale à la crise du Darfour. Dans ce cadre, le ministre français des Affaires étrangères et européennes, M. Bernard Kouchner, a proposé une solution pour la sécurité, la reconstruction et le développement à l’Est du Tchad, qui impliquerait l’Union européenne, les Nations unies, l’Union africaine et les organisations sous-régionales intéressées.
Enfin, soucieux de sécuriser sa zone pétrolifère toute proche, le Tchad est très impliqué dans le redressement de la République centrafricaine, notamment au travers d’un contingent de 120 hommes à la force de la CEMAC (FOMUC) qui vient d’être renforcé de 150 hommes supplémentaires, après les événements qui ont déstabilisé la région de Bira. Soucieux d’une stabilisation durable de la République centrafricaine, les autorités tchadiennes y apprécient l’implication de la France et ont pu assurer le président Bozizé de leur volonté de collaborer au redressement de son pays.
Mis à jour le 12.07.07
